Ce que les chiffres confirment (en partie)
Les statistiques de long terme ne sont pas sans fondement. Depuis 1950, le S&P 500 affiche en moyenne +7 % entre novembre et avril, contre seulement +1,8 % entre mai et octobre. Sur le marché européen, une stratégie "sell in May" appliquée au STOXX Europe 600 depuis 1987 aurait généré 9 % de rendement annualisé, contre 7,4 % pour un simple "buy and hold" (acheter et conserver).
Le mécanisme ? Plusieurs facteurs se conjuguent : les investisseurs reçoivent leurs bonus en début d'année et injectent leurs liquidités à la rentrée, tandis que les volumes s'effondrent en août avec les départs en vacances. Cette faible liquidité amplifie la moindre turbulence. Et les grandes crises ont souvent frappé l'été : 1998, 2001, 2002, 2008...


Ce que les chiffres nuancent (beaucoup)
Attention toutefois à ne pas confondre "moins bon" et "mauvais". Entre mai et octobre, le S&P500 termine dans le vert pour 65 % des années et même dans 82 % des cas sur les 12 dernières années ! La période estivale est loin d’être un gouffre : elle est simplement statistiquement moins généreuse.
Et la stratégie consistant à sortir du marché de mai à octobre montre sérieusement ses limites sur la dernière décennie : elle a sous-performé le "buy and hold" 8 années sur 10. En 2025, les actions américaines (S&P 500) ont progressé de plus de 23 % en USD entre mai et octobre, et le STOXX Europe 600 de plus de 10 % en EUR sur la même période. Suivre l'adage aurait donc fait manquer cette double hausse. Selon Deutsche Bank, la stratégie “n'offre pas plus de certitude qu'un lancer de pièces" - sur 39 années testées depuis 1987, elle a sous-performé dans 25 cas.

Le piège fiscal et pratique pour l'investisseur français
Pour un particulier français, l'équation est encore plus défavorable. Vendre en mai, c'est rater les dividendes versés pour la plupart entre mai et juillet, soit 2 à 3 % de performance sur les marchés européens. C'est aussi déclencher une imposition sur les plus-values à la flat tax de 31,4 % en compte-titres ordinaire. Et les frais de courtage aller-retour viennent rogner encore davantage le résultat.
Et en 2026 ?
Le contexte 2026 invite à la prudence : liquidité estivale réduite, tensions géopolitiques autour du détroit d'Ormuz... Mais les marchés restent bien orientés : tout en affichant des progressions raisonnables depuis le début de l’année - respectivement +8,5 % et +5 ,1 % - le S&P 500 et le Stoxx Europe 600 affichent de nouveaux records ou s’en approchent. Et les introductions en Bourse attendues de SpaceX et Anthropic pourraient animer l'été.
Le verdict des experts est unanime : personne ne vend vraiment tout en mai. Rééquilibrer tactiquement ses positions peut avoir du sens, mais la vraie règle qui a fait ses preuves reste d'acheter au son du canon, vendre au son du clairon.
Source : Les Echos, “Bourse : faut-il suivre le célèbre adage « sell inMay » et alléger son portefeuille d'actions avant l'été ?”.
Données : Deutsche Bank, XTB, Neuflize OBC, Cite Gestion, Bloomberg.





