Énergies vertes : la Chine, grande gagnante du choc pétrolier
La crise autour du détroit d'Ormuz rebat les cartes du marché mondial de l'énergie, et c’est la Chine qui en sort renforcée. Pendant que les consommateurs encaissent la flambée des cours du pétrole et du gaz, les industries chinoises des "nouvelles énergies" (voitures électriques, panneaux solaires et batteries) voient la demande exploser. Une dynamique qui confirme un pari industriel de long terme : celui d'une avance technologique et tarifaire désormais difficile à rattraper sur le terrain de la transition énergétique.
En mars, la Chine a exporté 371 000 voitures électriques ou hybrides, soit une hausse de 130 % sur un an et de 31,6 % par rapport à février. Une bouffée d'oxygène pour des constructeurs sous pression sur leur marché intérieur, plombé par les surcapacités et la fin d'une exonération fiscale. Même tendance pour le solaire : les exportations de panneaux et cellules photovoltaïques ont atteint 68 gigawatts sur le seul mois de mars, soit le double du mois précédent et 49 % de plus que le précédent record d'août 2025. L'équivalent de l'intégralité de la capacité installée en Espagne, expédiée en trente jours. Côté batteries, la demande grimpe également pour les systèmes de stockage destinés aux foyers européens et aux réseaux électriques de pays asiatiques aux approvisionnements fragiles. Et même lorsqu'un automobiliste occidental achète une voiture locale, l'industrie chinoise touche les dividendes : la majorité des batteries proviennent de ses fournisseurs.
Au-delà du contexte géopolitique, c'est une bascule plus profonde qui se dessine. Le photovoltaïque n'est plus seulement perçu comme un outil de décarbonation : il devient un gage de résilience énergétique, avec une trajectoire de prix prévisible et peu sensible aux chocs extérieurs. Un argument de poids qui place les pays occidentaux face à un dilemme inconfortable : accélérer la transition reviendrait à accentuer leur dépendance à la Chine, seule à proposer ces technologies à un prix abordable. Et pour Pékin, si la crise conforte sa stratégie renouvelable, elle rappelle aussi l'utilité d'un vieil allié controversé, le charbon, dont plusieurs projets sont à l'étude pour renforcer la sécurité énergétique du pays.
Source : Le Monde : Énergies vertes : la Chine, grande gagnante du choc pétrolier
Suisse : le franc fort bat un nouveau record face à l'euro
Depuis mars 2023, la monnaie suisse est restée sans interruption au-dessus de l'euro, soit plus de 1 160 jours d'affilée, un record absolu pour la devise helvète. À 1,09 euro, le franc évolue désormais 35 % au-dessus de sa moyenne de long terme (0,8 euro depuis le lancement de la monnaie unique en 1999), ce qui en fait la neuvième devise la plus surévaluée au monde. Un exceptionnalisme qui reflète autant la stabilité du pays que la nervosité ambiante des marchés.
Cette flambée s'explique par un phénomène connu : lors de secousses géopolitiques ou commerciales, des capitaux étrangers affluent vers la Suisse pendant que les investisseurs suisses rapatrient leurs fonds placés à l'étranger. Guerre commerciale sino-américaine, tensions au Moyen-Orient, épisode groenlandais : le franc a tout capté. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, la dépendance énergétique du pays ne pèse guère sur la balance, l'excédent commercial global atteignant 11 % du PIB en 2025. Sur les marchés, l'optimisme reste de mise : la quasi-totalité des grandes banques prévoit que le franc restera supérieur à l'euro au moins jusqu'en 2029.
Quant à la banque centrale suisse, elle a déjà laissé entendre qu'elle n'accepterait pas de voir l'euro descendre sous 0,90 franc, mais ses outils sont limités. Un pacte de non-agression monétaire signé avec les États-Unis l'oblige à intervenir uniquement en vendant des francs contre des euros, jamais contre des dollars. Quant au retour du cours plancher instauré entre 2011 et 2015, son abandon brutal avait provoqué un bond de 29 % du franc en une seule journée, de quoi refroidir toute envie de rejouer la même partition.
Source : Les Echos : Suisse : le franc fort bat un nouveau record face à l'euro
Banques : 7,74 milliards d'euros pour sécuriser l'épargne des Français
Avec 7,74 milliards d'euros en réserve fin 2025, le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) consolide sa mission de filet de sécurité du système bancaire français. Pour donner un ordre de grandeur, cette enveloppe permettrait, en théorie, d'indemniser intégralement environ 100 000 déposants moyens sur des comptes non rémunérés. Un chiffre rassurant en apparence, mais à mettre en regard des 85 millions de comptes à vue détenus dans l'Hexagone.
Le mécanisme repose sur une garantie individuelle pouvant atteindre 100 000 euros par déposant et par établissement, couvrant non seulement les comptes courants, mais aussi les comptes à terme, livrets jeunes, comptes épargne logement, plans d'épargne logement et comptes espèces liés à un compte-titres ou à un PEA. Les réserves ont légèrement progressé en un an, passant de 7,732 à 7,745 milliards d'euros, alimentées par de nouvelles contributions liées à la garantie des services de gestion ainsi que par le produit d'amendes émises par l'Autorité des marchés financiers. Mais cette protection reste largement théorique à l'échelle du système bancaire : le fonds ne détient qu'environ 0,5 % des encours couverts, évalués à près de 1 500 milliards d'euros.
Ce ratio modeste s'explique aussi par la forte concentration du secteur bancaire français, dominé par six grands groupes dont la solidité est étroitement surveillée. Surtout, le FGDR n'est qu'un maillon d'un dispositif plus large : contrôle prudentiel strict en amont, exigences élevées en matière de fonds propres, mécanisme de résolution bancaire, et fonds européen de près de 80 milliards d'euros en renfort.
Source : La Tribune : Banques : 7,74 milliards d'euros pour sécuriser l'épargne des Français





