Après une année 2025 marquée par des vents contraires politiques et une concentration extrême des marchés, l'investissement socialement responsable (ISR) amorce une mutation stratégique. Loin d'être enterrée, la thématique verte revient au premier plan pour une raison pragmatique : sans elle, la révolution technologique est impossible. Analyse d'un changement de paradigme pour 2026.
L'année qui vient de s'écouler a eu l'effet d'une douche froide pour les gérants de fonds ISR. Pris en étau entre le retour de Donald Trump — et son administration hostile aux énergies renouvelables ou à l'éducation — et la concentration des capitaux sur la défense et la "Big Tech", le secteur a souffert de manière anormale. Pourtant, les fondamentaux climatiques et sociaux n'ont pas disparu, rappelés cruellement par l'actualité des catastrophes naturelles.
Mais à l'aube de 2026, une nouvelle dynamique se met en place. Elle ne repose plus uniquement sur la "conscience" des marchés, mais sur une nécessité industrielle impérieuse liée à l'Intelligence Artificielle.
Le paradoxe énergétique de l'IA
C'est l'ironie de ce cycle économique : la technologie qui a d'abord détourné les investisseurs du durable est celle-là même qui va le sauver. L'essor fulgurant de l'intelligence artificielle a révélé des besoins spectaculaires en énergie et en eau.
Les géants américains comprennent désormais qu'il sera impossible de soutenir ce cycle long d'investissement technologique sans une infrastructure énergétique robuste. Cette réalité remet en selle les acteurs de l'électrification, de la rénovation des réseaux et de la production d'énergie renouvelable. Ce mouvement est déjà visible : l'indice S&P Clean Energy, qui mesure la performance boursière des 100 plus importantes entreprises mondiales opérant dans le secteur des énergies renouvelables et des technologies liées à la transition énergétique, s'est imposé comme l'un des plus performants dès 2025, signalant que la thématique climat est redevenue un actif stratégique.
Infrastructures et immobilier : le retour de la "Value" verte
En Europe, le moteur de la reprise ISR pour 2026 s'allume également du côté de l'économie réelle. L'Allemagne, notamment, a lancé un plan massif d'investissement dans les infrastructures durables, ciblant les transports et la construction.
Ce contexte offre une fenêtre d'opportunité sur un secteur longtemps délaissé : l'immobilier coté. Après avoir subi une véritable débâcle post-Covid, avec des valorisations chutant de 30 à 40 % sous leurs niveaux historiques, ce compartiment redevient attractif.
L'argument n'est pas seulement financier, il est structurel. Le bâtiment représente 40 % de la consommation d'énergie et plus de 30 % des émissions de CO2 en Europe. Les plans de rénovation thermique massifs qui se déploient vont mécaniquement soutenir ce secteur, transformant une classe d'actifs décotée en un levier de performance pour les portefeuilles durables en 2026.
Les analyses et les opinions mentionnées représentent le point de vue de l'auteur. Elles ont été émises en janvier 2026 et sont susceptibles d'évoluer. Elles ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. Les références à des valeurs mobilières, des secteurs ou des marchés spécifiques dans le présent document ne constituent en aucun cas un conseil en investissement, une recommandation ou une sollicitation d'achat ou de vente de valeurs mobilières, ou une offre de services. Tout investissement comporte des risques, y compris le risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.





