Pétrole : le baril sous les 100 dollars après le cessez-le-feu
À peine l'annonce d'un cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis, l'Iran et Israël rendue publique, accompagnée d'une réouverture du détroit d'Ormuz (par lequel transite un cinquième du brut mondial), les prix du pétrole ont décroché. Le baril de WTI a plongé de plus de 15 % pour repasser sous les 100 dollars, à environ 95,55 dollars. Même trajectoire pour le Brent, en recul de près de 14,5 %, autour de 93 dollars. Un soulagement immédiat pour les investisseurs, qui se traduit aussi par une envolée des valeurs de raffinage sur les marchés asiatiques, notamment en Inde, avec des hausses comprises entre 5 et 7 %.
Mais derrière l'euphorie de court terme, la prudence domine. Plusieurs analystes rappellent que les marchés auront besoin de bien plus que des déclarations diplomatiques pour réévaluer durablement les prix : tant que la réouverture effective du détroit d'Ormuz n'est pas constatée, les mouvements actuels relèvent davantage du dénouement de positions que d'un véritable retournement. D'autant que ce cessez-le-feu n'est pas le premier, et que les divergences entre Washington, Téhéran et Tel-Aviv restent profondes. Autrement dit, le chemin vers un accord pérenne est encore long.
Et même en cas de trêve durable, les marchés devront composer avec une nouvelle réalité : les prix du pétrole ne retrouveront probablement pas leur niveau d'avant-guerre. L'inflation persistante restera un enjeu majeur pour les investisseurs, les banques centrales et, in fine, pour le pouvoir d'achat.
Source : Les Echos : Pétrole : le baril sous les 100 dollars après le cessez-le-feu
Obligations : la trêve en Iran permet aux taux de souffler
L'annonce du cessez-le-feu en Iran a aussi provoqué une onde de choc positive sur les marchés obligataires mondiaux. En une seule séance, les rendements des obligations d'État ont chuté de manière spectaculaire des deux côtés de l'Atlantique, les investisseurs révisant brutalement à la baisse leurs anticipations de hausses de taux. Un soulagement palpable, après des semaines de tensions inflationnistes alimentées par le conflit au Moyen-Orient.
En Allemagne, le rendement du Bund à dix ans a reculé de 16,2 points de base pour s'établir à 2,92 %, tandis que le deux ans a enregistré sa plus forte baisse journalière depuis mars 2023 (-24,4 points de base). Même dynamique au Royaume-Uni, où le Gilt à dix ans a lâché 19 points de base, et aux États-Unis, où les Treasuries à dix ans ont cédé plus de 10 points de base. Côté politique monétaire, le recalibrage est tout aussi net : la probabilité d'une hausse des taux de la BCE en avril est passée de 60 % à seulement 20 % en l'espace d'une journée, et le taux de dépôt est désormais attendu à 2,50 % d'ici fin 2026, contre 2,75 % la veille. Aux États-Unis, les marchés estiment désormais à 50 % la probabilité d'une baisse des taux de la Fed d'ici la fin de l'année, là où le statu quo faisait consensus quelques heures plus tôt.
Reste à savoir si cette détente sera durable : l'espoir d'un retour à la normale dans le détroit d'Ormuz et d'une baisse prolongée des prix de l'énergie pourrait transformer cette accalmie en véritable tournant, mais une trêve de deux semaines n'est pas un accord de paix. Si les négociations échouent, les tensions inflationnistes pourraient revenir aussi vite qu'elles se sont dissipées.
Source : La Tribune : Obligations : la trêve en Iran permet aux taux de souffler
Croissance : 12 des 20 champions mondiaux sont africains
Selon les grandes institutions internationales et continentales, douze des vingt économies les plus dynamiques au monde se trouvent sur le continent africain, avec des taux de croissance estimés entre 6 % et 9,8 % du PIB. De l'Afrique de l'Est, portée par une forte demande intérieure et des investissements publics soutenus, aux économies ouest-africaines en pleine expansion, le continent affiche une croissance globale de 4,5 % en 2025 et devrait poursuivre sur cette lancée.
Cette dynamique est malgré tout menacée par un environnement mondial hostile. Le conflit au Moyen-Orient, en particulier, pèse lourdement : flambée des prix du pétrole et des denrées alimentaires, dépréciation de 29 monnaies africaines, perturbation des chaînes d'approvisionnement avec le blocage du détroit d'Ormuz. Et ce choc n'est pas isolé. Après le Covid-19, la guerre en Ukraine et les coupes dans le financement américain du développement, les économies africaines encaissent un énième choc externe dont elles ne sont pas responsables. Pour y répondre, une banque panafricaine a annoncé un programme d'urgence de 10 milliards de dollars, destiné à fournir devises et liquidités aux États les plus vulnérables afin d'assurer la continuité des importations essentielles : hydrocarbures, engrais, produits pharmaceutiques et alimentation.
Le message des institutions est clair : il ne s'agit plus simplement de gérer les crises, mais de bâtir une résilience structurelle. Sécurité énergétique, souveraineté alimentaire, autonomie financière : autant de chantiers jugés prioritaires pour que le continent cesse de subir. Les experts estiment qu'une croissance annuelle d'au moins 7 % maintenue pendant dix ans serait nécessaire pour enclencher une véritable transformation structurelle.
Source : La Tribune : Croissance : 12 des 20 champions mondiaux sont africains





