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Comprendre l’économie et les marchés financiers pour mieux gérer votre épargne.
13.05.26

Les trois actualités de la semaine au 13.05.2026

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Bourses mondiales : des records d’entreprises défiant la géopolitique

Alors que les chocs géopolitiques s'enchaînent, les Bourses mondiales n'en finissent plus de battre des records. Le S&P 500, le Nasdaq et le Nikkei ont tous touché de nouveaux sommets début mai, tandis que le CAC40 et les indices européens évoluent à des niveaux historiquement élevés. Paradoxal ? Pas tant que ça. Si les marchés sont en forme, c'est avant tout parce que les bénéfices des entreprises cotées explosent, déconnectés d'une économie réelle bien plus poussive.

Au premier trimestre, les profits des entreprises cotées ont bondi de 27 % aux États-Unis, la plus forte hausse depuis fin 2021, et de 7 % en Europe. Le secteur pétrolier affiche des résultats spectaculaires, avec des bénéfices nets multipliés par cinq pour certains acteurs européens. Mais ce sont les géants de la tech qui s'envolent : profits en hausse de 60 à 80 % chez les principaux acteurs du secteur. Cette dynamique alimente une redistribution record aux actionnaires : en 2025, les entreprises du CAC40 ont reversé 107,5 milliards d'euros en dividendes et rachats d'actions, en hausse de 9,5 % sur un an. À l'échelle européenne, les rachats d'actions atteignent même leur plus haut niveau depuis dix ans. Trois moteurs expliquent cette envolée : la flambée des prix de l'énergie (notamment due au blocage du Détroit d’Ormuz), la ruée mondiale vers l'intelligence artificielle (725 milliards de dollars d'investissements attendus cette année), et le retour en grâce des banques européennes, dopées par la hausse des taux et l'allègement réglementaire post-2008.

Même si l'énergie, l'IA et la banque tirent les marchés vers le haut, d'autres secteurs comme le luxe ou la grande consommation sont à la traîne. Et du côté des ménages, l’écart entre profits records et pouvoir d'achat stagnant se fait toujours plus grand : dans 19 des 37 pays de l'OCDE, dont la France, les salaires réels restent inférieurs à leur niveau de 2021.

Source : Le Monde : Bourses mondiales : des records d’entreprises défiant la géopolitique

Royaume-Uni : la crise politique porte les taux au plus haut depuis 1998

Les marchés obligataires britanniques traversent une zone de turbulences. Les taux d'emprunt (les “gilts”) à 30 ans ont atteint 5,81 %, leur plus haut niveau depuis 1998, tandis que ceux à 10 ans culminent à 5,13 %, un sommet inédit depuis 2008. En cause, une crise politique qui ébranle le gouvernement en place et nourrit un mouvement de défiance des investisseurs vis-à-vis de la signature britannique.

D'où exactement sont venues les raisons de ces ventes massives et consécutives de gilts cette semaine ? Premièrement, par des pressions internes à un gouvernement gangréné par une série de démissions au sein de l'exécutif britannique. Deuxièmement, à cette incertitude politique s'ajoute un contexte économique tendu pour cause de guerre en Iran qui a poussé les prix du pétrole à la hausse.

Ces facteurs ont ravivé l'inflation et ont conduit les marchés à anticiper trois hausses de taux d'un quart de point de la Banque d'Angleterre d'ici la fin de l'année. Les investisseurs, qui anticipent une période d'instabilité politique prolongée peu propice à l'achat de dette souveraine, font baisser la demande du gilt, les taux longs tout particulièrement. La livre sterling en fait également les frais, reculant de 0,7 % face au dollar et de 0,2 % face à l'euro.

Le virus du défaut de l’emprunt se propage déjà au reste de l'Europe, les taux à 30 ans français et italiens ayant eux aussi pris en pourcentage (0.06 et 0.07 points respectivement). Des voix se sont élevées au sein de la majorité britannique pour assouplir les règles budgétaires et allonger l'horizon de désendettement à dix ans, ne faisant qu’ajouter de l’incertitude à un contexte déjà flou. Et cela pourrait durer, étant donné que le profil du futur dirigeant britannique sera scruté de près : un processus de succession court rassurerait davantage les marchés qu'une bataille politique prolongée.

Source : The Financial Times : Royaume-Uni : la crise politique porte les taux au plus haut depuis 1998 

Crédit privé : retour sur terre pour les rendements américains

Après plusieurs années fastes, le vent tourne pour le crédit privé. Les rendements bruts, qui flirtaient avec les deux chiffres il y a peu, retombent désormais à des niveaux beaucoup plus modestes. Sur le dernier trimestre, les principaux fonds Outre-Atlantique ont revu à la baisse la valeur de leurs actifs nets, notamment ceux exposés au secteur du logiciel, tandis que d'autres ont rogné leurs dividendes. Un coup de froid qui marque la fin d'un cycle exceptionnel, porté par la pandémie, la frénésie des fusions-acquisitions et la crise bancaire régionale de 2023, causée par l’effondrement de trois grandes banques américaines fortement exposées au secteur de la technologie et à la crypto-monnaie.

Chez l'un des poids lourds du secteur, les rendements bruts des fonds de prêts directs sont tombés à 0,5 %, contre 2,6 % un an plus tôt. Deux raisons justifient ce ralentissement : d’abord, une baisse des taux directeurs de la Fed qui érode les revenus d'intérêts, et ensuite, la normalisation des défauts de paiement après une période anormalement calme. À cela s'ajoute une inquiétude plus structurelle, à savoir la montée en puissance de l'intelligence artificielle pourrait fragiliser une partie des entreprises de logiciels financées massivement ces dernières années. Résultat : les investisseurs particuliers se ruent vers la sortie, parfois bloqués par les plafonds trimestriels de rachats, ce qui alimente la nervosité ambiante.

Malgré ces turbulences, l'industrie continue d'attirer des capitaux, notamment institutionnels, avec des encours en hausse de 18 % à 30 % sur un an chez les principaux gérants. Les rendements du crédit privé restent supérieurs à ceux des marchés de prêts cotés, et surpassent également les indices publics sur 15 des 21 dernières années.

Source : The Wall Street Journal : Crédit privé : retour sur terre pour les rendements américains