Fed : inflation non maîtrisée, taux directeurs gelés
Réunie ce mercredi, la banque centrale américaine (Federal Reserve ou Fed) a choisi de maintenir ses taux directeurs dans une fourchette de 3,75 % à 4 %, refusant de se précipiter après la hausse déjà actée en septembre. Un statu quo validé à dix voix contre deux par le conseil des gouverneurs, les deux dissidents plaidant pour un tour de vis supplémentaire de 0,25 point. Pourquoi ce verdict ? L’économie tient la route, mais l’inflation reste trop vive pour desserrer l’étau.
Et pour cause : les prix ont accéléré à 3,7 % sur un an en septembre, leur plus haut niveau en cinq mois, portés par une flambée du pétrole qui ne faiblit pas. Le plein coûte désormais plus cher aux Américains qu’au précédent record de 2022. Le marché du travail, de son côté, ralentit sans décrocher : le chômage recule, mais les créations d’emplois peinent à suivre. Dans ce grand écart entre croissance solide et pressions inflationnistes, la Fed assume vouloir « empêcher » toute propagation durable de la hausse des prix de l’énergie, quitte à repousser une éventuelle détente. Le calendrier électoral américain, avec les midterms début novembre, n’est sans doute pas totalement étranger à la prudence du moment, même si l’institution s’en défend.
Rendez-vous est donc pris pour décembre, où les marchés anticipent cette fois un véritable relèvement des taux. Cependant, entre tensions géopolitiques susceptibles de relancer les prix de l’énergie et nervosité grandissante autour des investissements massifs dans l’intelligence artificielle, la situation est loin d’être résolue.
Source : Les Echos : Fed : inflation non maîtrisée, taux directeurs gelés
Or : repli vers les 4 000 dollars, la valeur refuge vacille
Après avoir frôlé les 5 600 dollars l’once fin janvier, le métal jaune est redescendu autour de 4 000 dollars, soit une chute de près de 30 % en quelques mois, alors que les tensions géopolitiques et l’inflation auraient logiquement dû jouer en sa faveur.
Le recul des valeurs technologiques a d’abord déclenché des appels de marge, poussant les investisseurs à vendre leurs actifs les plus liquides, l’or en tête, pour lever des liquidités. Mais c’est surtout le resserrement monétaire mené par la Réserve fédérale américaine, durci en septembre et probablement renforcé en décembre, qui pèse sur le métal : sans rendement propre, l’or devient moins attractif quand les taux grimpent ailleurs. À cela s’ajoute l’effondrement de la demande indienne, plombée par la hausse des droits de douane sur les importations : à peine 20 tonnes importées en septembre, contre une moyenne de 60 tonnes habituellement. Enfin, certaines banques centrales de pays émergents, acheteuses nettes depuis 2022, pourraient être contraintes de puiser dans leurs réserves pour faire face aux retombées économiques des tensions au Moyen-Orient, à l’image de la banque centrale turque, qui a déjà vendu une partie de son stock pour défendre sa devise.
Faut-il pour autant douter du potentiel de refuge de l’or ? Bien sûr que non. Les fondamentaux qui ont porté sa hausse restent intacts : inquiétudes persistantes sur l’endettement des États et tendance de fond à la dédollarisation, qui continue de pousser les banques centrales à acheter. D’ailleurs, les fonds indexés sur l’or ont enregistré en août leur plus forte collecte depuis 2020.
Source : Les Echos : Or : repli vers les 4 000 dollars, la valeur refuge vacille
Bourse de Paris : jamais autant de capitaux levés depuis 10 ans
Alors que la dette et les actions françaises traversent une zone de turbulences, les grandes entreprises hexagonales, elles, n’ont aucun mal à lever des fonds sur les marchés. Paradoxe ou preuve de résilience ? Octobre 2026 s’impose déjà comme le mois le plus actif en levées de capitaux à la Bourse de Paris depuis plus de dix ans.
Sur le mois écoulé, les entreprises françaises ont récolté près de 6,1 milliards d’euros via trois opérations de placements accélérés (ou ABB pour Accelerated Bookbuilding, une technique financière permettant à une entreprise ou à un actionnaire de vendre rapidement un bloc d'actions auprès d'investisseurs institutionnels en quelques heures), du jamais vu depuis mars 2015 (près de 8 milliards d’euros). Le secteur industriel a particulièrement marqué les esprits avec une émission d’actions de 6 milliards d’euros destinée à financer une acquisition américaine dans le logiciel, soit le plus gros ABB jamais réalisé à Paris. Il faut remonter à 2015, et une opération bancaire espagnole de 7,5 milliards, pour trouver plus imposant à l’échelle européenne. Le secteur de la distribution électrique a également réussi une levée de fonds fin septembre pour financer un rachat américain, avec une décote minime d’à peine 1 %, signe que les investisseurs ne boudent pas le risque français quand le projet est solide. Certaines opérations, en revanche, comme des cessions de blocs d’actions par des actionnaires existants, ont dû consentir des décotes plus corsées, supérieures à 10 %.
La fenêtre de financement reste donc grande ouverte, même sous tension politique et budgétaire. Les opérations adossées à des rachats ou fusions restent les chouchous des investisseurs, car bien anticipées. Le mouvement ne devrait pas s’essouffler au quatrième trimestre, avec une augmentation de capital de 500 millions d’euros attendue dans le secteur minier pour redresser ses finances. De quoi viser un total proche de 13 milliards d’euros de capitaux levés sur la place parisienne, un niveau plus revu depuis 2015.
Source : Les Echos : Bourse de Paris : jamais autant de capitaux levés depuis 10 ans





