France : faillites d’entreprises toujours plus nombreuses en 2026
Sur les six premiers mois de 2026, 37 700 sociétés ont demandé l'ouverture d'une procédure devant le tribunal de commerce, soit 1 500 de plus qu'au premier semestre 2025, année qui s'était pourtant déjà achevée sur un record historique de 69 957 défaillances. Selon la Banque de France, ceci est un niveau que ni la crise financière de 2008 ni celle des dettes souveraines n'avaient encore atteint.
Les liquidations judiciaires, synonymes d'arrêt immédiat de l'activité, représentent plus des deux tiers des procédures, contre 31,7 % pour les redressements jugés réversibles. Les petites structures de moins de trois salariés concentrent 75 % des défaillances, mais ce sont désormais les entreprises de plus de 16 ans qui voient leurs procédures grimper de 5,6 %, signe que la fragilité ne se limite plus aux jeunes pousses. Côté secteurs, la construction reste en tête en volume, mais c'est le service aux entreprises qui inquiète le plus, avec une hausse moyenne de 13,9 %, jusqu'à +22 % pour la sécurité et +20 % pour le conseil en communication et gestion. Géographiquement, l'Auvergne-Rhône-Alpes affiche la plus forte progression (+22,9 %), loin devant l'Ile-de-France (+4,8 %), pourtant première région en nombre absolu. Sur le front social, l'Association de garantie des salaires a mobilisé 1,31 milliard d'euros au 30 juin, en hausse de 19,4 % sur un an, pour accompagner près de 158 000 salariés.
Les entreprises françaises n’ont plus de gilet de sauvetage : toujours selon la Banque de France, le rattrapage des défaillances évitées pendant la pandémie est totalement résorbé depuis 2023-2024. Ce sont désormais les chocs à répétition, tels que les guerres ou la crise de l’énergie et les tensions commerciales dans les matières premières qui fragilisent des entreprises globalement plus endettées qu'en 2019 (31 % contre 25 %).
Source : Le Monde : France : faillites d’entreprises toujours plus nombreuses en 2026
États-Unis : Wall Street tourne son attention sur les small caps
Après des années à jouer les seconds rôles, les petites capitalisations américaines (small caps) reviennent sur le devant de la scène. L'indice Russell 2000, baromètre des small caps outre-Atlantique, affiche une progression de 20 % depuis le début de l'année, en passe de signer sa meilleure performance depuis 2003. De quoi largement distancer le S&P 500* (+10 %) et surtout les 7 magnifiques, ces mastodontes technologiques qui ne progressent eux que de moins de 3 %. Un renversement de tendance inattendu, alors que les investisseurs commencent à s'interroger sur la capacité des géants de l'IA à transformer leurs dépenses massives en profits tangibles.
Ce regain d'intérêt pour les petites capitalisations s'explique par un double moteur. D'un côté, les hyperscalers** américains prévoient d'investir environ 725 milliards de dollars dans les infrastructures liées à l'intelligence artificielle cette année, soit un bond de 77 % par rapport à l'an dernier. C’est une manne qui profite directement aux entreprises technologiques et industrielles de plus petite taille positionnées sur cette chaîne de valeur. Certains fournisseurs de composants pour semi-conducteurs ont ainsi vu leur action plus que quadrupler en quelques mois, tandis que les entreprises de cloud ont de plus en plus la cote, l’une d’entre elles spécialisée dans l’IA bondissant de 450 %. De l'autre côté, la réforme fiscale américaine signée par Donald Trump l’été dernier, le “One Big Beautiful BillAct” (Grande et belle loi) a fait acte de carburant : remboursements d'impôts aux ménages, baisses d'impôts pour les petites entreprises et assouplissement du traitement de l'amortissement ont permis à l'économie américaine d'encaisser sans trop broncher la flambée des prix de l'énergie liée aux tensions au Moyen-Orient. Résultat : les valorisations restent également un argument de poids. Le S&P 600***, indice small-cap qui compte moins d'entreprises déficitaires, se traite à 16 fois les bénéfices attendus, contre 20 fois pour le S&P 500.
Toutefois, ce succès record a aussi sa part d’ombre. Une partie significative des gains du Russell 2000, et plus encore de son cousin le Russell Microcap (indice de référence qui suit la performance des plus petites sociétés cotées aux États-Unis) (+25 %), provient d'entreprises structurellement déficitaires, portées par l'espoir de profits futurs plutôt que par des résultats concrets. Un signe, selon certains analystes, que l'exubérance spéculative qui a longtemps profité aux géants de la tech s'est simplement déplacée vers un nouveau segment du marché. La vraie question étant : cette rotation marque-t-elle un véritable élargissement de la reprise économique, ou n'est-elle que le prolongement du même pari sur l'IA, version miniature ?
* Indice boursier mesurant les performances des 500 plus grandes sociétés cotées aux États-Unis.
** Les hyperscalers fournissent aux grandes entreprises l'infrastructure et la puissance de calcul nécessaires pour traiter et analyser des données à grande échelle.
***Le S&P 600 regroupe six cents entreprises américaines qui sont inclus dans la catégorie des petites capitalisations (petites entreprises).
Source : The Financial Times : États-Unis : Wall Street tourne son attention sur les small caps
Brésil : prochain pays visé par les droits de douane américains
Le Brésil est le prochain pays sur la liste des cibles touchées par les nouvelles vagues de droits de douane américains. Ce mercredi, Washington a annoncé une taxe de 25 % sur une partie des produits brésiliens, à la suite d'une enquête commerciale ouverte en 2025. La mesure entre en vigueur le 22 juillet, et Brasilia n'a pas tardé à réagir, qualifiant ces droits d'« illégaux » et promettant une réponse à la hauteur.
Les motifs avancés sont multiples : lutte anticorruption, propriété intellectuelle, déforestation illégale, mais aussi certaines décisions de justice brésilienne que Washington juge contraires au libre commerce, notamment sur la modération de contenus politiques en ligne. Quelques produits échappent à la taxe, faute d'alternative aux États-Unis, comme les oranges, certains produits énergétiques ou des pièces aéronautiques. Ce nouvel épisode s'inscrit dans une relation commerciale déjà tendue entre les deux pays. Washington avait précédemment visé le Brésil avec des droits allant jusqu'à 50 %, en représailles à la condamnation de l'ex-président Jair Bolsonaro pour tentative de coup d'État. Une partie de ces surtaxes avait toutefois été annulée fin février par la Cour suprême américaine, jugeant leur base légale trop fragile, d'où le choix d'un nouveau fondement juridique cette fois-ci.
Le sujet est d'autant plus sensible qu'il s'invite désormais dans la campagne présidentielle brésilienne, à quelques mois d'un scrutin serré. Reste à voir si Brasilia activera sa loi de réciprocité votée en 2025, et si d'autres pays rejoindront bientôt le Brésil sur la liste des cibles américaines.
Source : Le Monde : Brésil : prochain pays visé par les droits de douane américains





