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Comprendre l’économie et les marchés financiers pour mieux gérer votre épargne.
20.08.26

Les trois actualités de la semaine au 20.08.2026

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Dette française : les taux au plus haut depuis dix-huit ans

Mardi 18 août, le rendement de l'obligation de référence à 10 ans a franchi la barre des 4,10 %, un sommet inédit depuis novembre 2008. Plus révélateur encore, l'écart de taux avec l'Allemagne (le « spread ») a dépassé les 85 points de base, un niveau habituellement associé aux chutes de gouvernement des derniers mois. Mais cette fois, l'exécutif n'est pas directement menacé : la défiance vient d'ailleurs.

Deux forces se conjuguent pour propulser les taux vers les sommets. La première dépasse les frontières : partout dans le monde, la dette souveraine est sous tension, une remontée accélérée par la flambée du pétrole au-dessus de 90 dollars le baril, qui ravive les craintes d'inflation. À cela s'ajoute une prime de risque spécifiquement française, signe que les investisseurs réclament davantage pour prêter à Paris. La preuve par l'exemple : l'Italie, pourtant plus endettée, emprunte désormais moins cher que la France, car Rome a ramené son déficit autour de 2,9 % du PIB, contre plus de 5 % dans l'Hexagone. Les marchés ne jugent plus seulement le stock de dette, mais bien sa trajectoire, et sur ce terrain, la France inquiète.

Malheureusement, l'horizon ne s'éclaircit pas. Le débat budgétaire promet d'être électrique, et une éventuelle chute du gouvernement pourrait ajouter 10 à 15 points de base au spread. Mais le vrai juge de paix se joue plus loin : la présidentielle. Les marchés scrutent déjà 2027, redoutant de ne pas voir émerger de candidat crédible pour réduire les déficits. Avec des pics de spread possibles au-delà de 90 points de base durant la campagne, l'addition menace de grimper : un seul point de taux en plus, c'est 3 milliards d'euros de charge supplémentaire dès la première année.

Source : Les Echos : Dette française : les taux au plus haut depuis dix-huit ans

Dette américaine : les 40 000 milliards de dollars franchis, un record

La dette publique des États-Unis vient de franchir un seuil record : 40 000 milliards de dollars. Un chiffre colossal qui ravive l'inquiétude des investisseurs sur la santé des finances publiques américaines, alors même que le pays s'était engagé à reprendre le contrôle de ses dépenses. Plus frappant encore que le montant, c'est la vitesse de progression : la dette a gonflé de 3 000 milliards de dollars en un an, son rythme le plus rapide jamais observé hors période de pandémie.

En vingt ans, l'endettement américain a explosé, passant de moins de 6 000 milliards de dollars au tournant du siècle à son niveau actuel, gonflé par les dépenses massives de la crise financière puis du Covid-19. Sur la seule dernière décennie, le fardeau a tout simplement doublé. La dette détenue par les marchés dépasse désormais 32 000 milliards de dollars, soit l'équivalent de la taille de l'économie américaine, et pourrait atteindre 120 % du PIB d'ici dix ans. C’est le serpent qui se mord la queue : plus la dette enfle, plus les investisseurs exigent une prime élevée pour détenir des obligations américaines, ce qui renchérit les taux. Résultat, le coût du service de la dette dépasse désormais les dépenses de défense nationale. Un cercle vicieux où chaque hausse de taux nourrit la charge d'intérêts, qui alimente à son tour l'endettement. Les dernières émissions obligataires l'illustrent : les emprunts à 30 ans se sont vendus au coût le plus élevé depuis 2001, et ceux à 10 ans au rendement le plus fort depuis 2007. Pour contenir la vague de ventes, le Trésor a même annoncé qu'il doublerait ses rachats de dette de long terme.

Cet emballement survient en période de relative solidité économique, avec des déficits annuels encore proches de 2 000 milliards de dollars. Les efforts d'économies dans certains secteurs ont été balayés par de vastes baisses d'impôts, tandis qu'une hausse historique du budget de la défense se profile. Concrètement, la dette progresse d'environ 91 000 dollars par seconde. Reste une question ouverte : ce cap symbolique servira-t-il d'électrochoc pour ramener les finances sur une trajectoire soutenable, ou le pays fonce-t-il vers un jour où les investisseurs exigeront des taux plus élevés, voire iront placer leur argent ailleurs ?

Source : The Financial Times : Dette américaine : les 40 000 milliards de dollars franchis, un record

Or : quand le dollar faiblit, le métal jaune reluit

Après un rallye spectaculaire de près de 50 % en euros sur 2025, qui l'avait propulsé jusqu'à 5 500 dollars l'once, le métal jaune a levé le pied durant tout le premier semestre 2026, se repliant puis se stabilisant autour de 4 000 dollars (3 465 euros) à partir de juin. Une léthargie estivale qui vient de prendre fin brutalement : entre le 31 juillet et le 11 août, le cours a bondi de 10 %, passant de 4 000 à 4 400 dollars l'once en quelques jours.

Une raison derrière ce réveil : le recul du dollar. Avec la guerre au Moyen-Orient déclenchée en février et la flambée du pétrole, de nombreux investisseurs s'étaient réfugiés sur le billet vert, valeur refuge par excellence, quitte à vendre leur or. Mais la donne a changé. Face à la perspective d'une paix durable dans la région, les capitaux ressortent vers des actifs plus volatils et des devises alternatives : après être passé sous 1,14 dollar pour 1 euro en juin, le dollar a reflué jusqu'à 1,15. Autre facteur clé, les anticipations de taux. Le rebond du pétrole, au-dessus de 100 dollars le baril pendant plusieurs mois, avait fait craindre un retour de l'inflation et un tour de vis monétaire côté américain. Mais après l'annonce de lourdes destructions d'emplois aux États-Unis en juillet, les marchés parient désormais sur une banque centrale plus prudente : la probabilité d'un relèvement des taux en septembre est retombée de 70 % à 50 %, et seules deux hausses sont anticipées d'ici mars 2027. Or ce paramètre est décisif pour l'or : des taux élevés dopent le rendement des obligations et détournent les capitaux des actifs sans coupon, comme le métal jaune.

La demande, elle, s'élargit à nouveau. Banques centrales et investisseurs asiatiques assurent un soutien structurel, tandis que les Occidentaux reviennent sur les ETF aurifères. Cependant, la demande pourrait ne pas suivre. Une nouvelle poussée inflationniste, un pétrole qui repart de plus belle ou des données américaines plus solides pourraient raviver les attentes de hausse des taux, et renvoyer l'or en hibernation.

Source : Les Echos: Or : quand le dollar faiblit, le métal jaune reluit