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Comprendre l’économie et les marchés financiers pour mieux gérer votre épargne.
29.05.26

Les trois actualités de la semaine au 28.05.2026

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Bourse : la prime de risque actions est en voie de disparition

Les investisseurs se ruent sur les actions à un rythme effréné, mais un indicateur clé envoie un signal d'alerte : la prime de risque action, soit l'écart entre le rendement bénéficiaire du S&P 500 et celui des bons du Trésor américain à 10 ans, a quasiment disparu. Elle évolue désormais à ses plus bas niveaux depuis l'éclatement de la bulle internet au début des années 2000. Autrement dit, le surplus de rémunération censé compenser le risque pris en détenant des actions plutôt que des obligations ne joue plus son rôle.

Le principal coupable se trouve du côté obligataire. Une vague de tensions inflationnistes a poussé les rendements des bons du Trésor américain à la hausse, le 10 ans s'établissant à 4,57 %, contre 3,96 % avant les frappes contre l'Iran fin février. Le conflit au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d'Ormuz ont fait bondir le prix du pétrole d'environ 60 % depuis le début de l'année, ruinant les espoirs de baisses de taux pourtant considérées comme acquises pour 2026. En parallèle, le rendement bénéficiaire du S&P 500 s'est tassé, porté par une envolée des cours et des valorisations qui restent tendues au regard de la moyenne historique. Résultat : un grand écart inédit entre un marché obligataire qui s'inquiète de l'inflation et un marché actions en pleine euphorie. La prime était déjà passée sous zéro début 2025, du jamais vu depuis l'après-bulle internet.

L'indicateur n'est pas infaillible, et certains investisseurs préfèrent le relativiser, arguant qu'on ne compare pas le rendement fixe d'une obligation à la croissance potentiellement illimitée des bénéfices d'une entreprise. Mais sur le long terme, la corrélation avec les performances futures du marché actions reste solide. Le débat se résume désormais à une équation simple : sans baisse des taux ni accélération franche des bénéfices, notamment portée par l'intelligence artificielle, le rallye actuel pourrait rapidement perdre de sa superbe. Le prix du baril, surnommé par certains stratégistes le « graphique de la vérité » (“the chart oftruth ” en anglais), sera à surveiller de très près.

Source : The Wall Street Journal : Bourse : la prime de risque actions est en voie de disparition

Pouvoir d’achat : les salaires réels plongent dans les pays développés

Mauvaise nouvelle pour les portefeuilles des salariés des pays développés : les salaires réels reculent à nouveau. En cause, le choc énergétique provoqué par la fermeture du détroit d'Ormuz dans le sillage de la guerre en Iran, qui fait flamber les prix du carburant et du transport aérien. Ainsi, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Europe, la hausse des prix repasse devant celle des rémunérations, mettant un coup d'arrêt à la reprise du pouvoir d'achat amorcée ces derniers mois.

Outre-Atlantique, l'inflation a bondi à 3,8 % sur un an en avril, tandis que le salaire horaire moyen progresse de 3,6 %, soit un écart défavorable aux salariés pour la première fois depuis deux ans. Par-delà la Manche, la situation est encore plus tendue : les salaires réels ne progressent plus que de 0,1 % sur les trois mois jusqu'à mars, et devraient basculer dans le rouge avec un marché de l'emploi atone, marqué par un nombre de postes vacants au plus bas depuis cinq ans. En zone euro, alors que les rémunérations avaient à peine rattrapé le terrain perdu lors du choc inflationniste de 2022, la croissance réelle des salaires pourrait revenir à zéro en 2026, voire devenir nettement négative dans les pays sans marge budgétaire comme la France. Les économistes pointent un double risque : un coup de frein à la consommation, qui amplifierait le ralentissement, ou au contraire une boucle prix-salaires si les travailleurs parviennent à renégocier à la hausse, nourrissant une inflation persistante.

Les négociations à Doha laissent entrevoir une réouverture progressive du détroit, ce qui pourrait permettre aux salaires réels de repartir à la hausse, mais l'amortisseur ne sera pas le même partout. Indexation des salaires, épargne accumulée ou soutien budgétaire offrent à certains pays une meilleure protection que d'autres. En attendant, le scénario d'une légère récession en zone euro gagne du terrain, et la règle reste implacable : plus le choc sera profond, plus la remontée du pouvoir d'achat sera lente.

Source : The Financial Times : Pouvoir d’achat : les salaires réels plongent dans les pays développés

États-Unis : la guerre en Iran relance les forages de pétrole

La fameuse promesse « Drill, baby, drill » prononcée par Donald Trump lors de sa campagne en 2024 prend forme, mais pas tout à fait pour les raisons espérées par la Maison Blanche. Depuis quelques semaines, les États-Unis augmentent leur production de pétrole grâce à l'ouverture de nouveaux puits. Cependant, ce revirement est bien plus lié à la guerre en Iran, à la fermeture du détroit d'Ormuz et à l'envolée du prix du baril, qu'aux incitations politiques américaines des dix-huit derniers mois.

Le nombre total de puits actifs est passé de 410 à 425 en mai, l'essentiel des nouveaux forages se concentrant dans le bassin permien, au Texas, plus grand gisement de pétrole de schiste du pays. La production totale américaine est remontée à 13,7 millions de barils par jour, soit 300 000 de plus qu'un an plus tôt, à rebours des anticipations de début d'année qui tablaient sur une lente décrue. Les conditions sont réunies pour les majors : une trésorerie gonflée par la hausse de 50 % du baril, qui pourrait générer 63 milliards de dollars de bénéfices supplémentaires si le prix se maintient autour de 100 dollars, et une visibilité sur les prix qui devraient rester au-dessus de 75 dollars au moins jusqu'en 2027. Avec un seuil de rentabilité estimé à 43 dollars pour un puits existant et 66 dollars pour un nouveau forage, l'équation est largement favorable. Les investissements prévus dans le pétrole de schiste coté ont déjà progressé de 490 millions depuis janvier.

Mais le vrai basculement se joue sur les exportations. Avec une partie du brut du Golfe retenue derrière le goulet iranien, les raffineries américaines ont puisé dans leurs stocks et poussé leurs taux d'utilisation, portant les exportations à un niveau record de 13,1 millions de barils par jour, en hausse de 30 % sur un an. Loin de compenser la perte mondiale estimée entre 10 et 12 millions de barils quotidiens, ces volumes confirment cependant le rôle dominant des États-Unis sur le marché mondial. Reste une question d'équilibre : si le baril venait à reculer brutalement, les investissements engagés pourraient se retourner contre les producteurs. Et pour les ménages américains, la note est déjà salée : 48 milliards de dollars de surcoût à la pompe depuis le début du conflit.

Source : Le Monde : États-Unis : la guerre en Iran relance les forages de pétrole