Pétrole : le Brent redescend, mais la baisse ne coule pas encore jusqu'à la pompe
Le Brent a perdu plus de 7 % en une semaine, retombant jeudi à moins de 87 dollars le baril. Un repli porté par l'espoir d'une avancée diplomatique autour du détroit d'Ormuz, mais qui reste pour l'instant purement financier.
Le Brent a touché 86,91 dollars jeudi, en recul de 1,05 %, tandis que le WTI américain cédait 1,11 % à 81,32 dollars. Le marché parie sur un accord permettant de mieux encadrer la navigation dans ce passage stratégique entre le Golfe et l'océan Indien : l'Iran et Oman chercheraient à en finaliser les modalités, avec une médiation qatarie relancée cette semaine à Téhéran. L'accalmie reste toutefois fragile. Une agence britannique de sécurité maritime a signalé jeudi qu'un projectile avait touché un pétrolier dans le détroit, provoquant un incendie rapidement maîtrisé. De quoi rappeler qu'armateurs, assureurs et raffineurs continuent de payer des couvertures plus chères et d'ajuster leurs routes tant que la sécurité de navigation n'est pas pleinement rétablie.
Cet écart entre marché à terme et marché physique explique pourquoi la détente du brut ne se répercute pas immédiatement sur le prix du diesel ou de l'essence en Europe : stocks, raffinage, assurance maritime et fiscalité amortissent le mouvement avant qu'il n'atteigne la pompe. Reste à savoir si la diplomatie autour d'Ormuz débouchera sur un accord suffisamment solide pour transformer cette accalmie boursière en soulagement durable pour les automobilistes.
Source : La Tribune : Pétrole : le Brent rechute vers 87 dollars, mais l'Europe ne voit pas encore la baisse
Or : la ruée vers le métal jaune s'accélère, l'once frôle les 4 650 dollars
L'or poursuit son ascension et vient de franchir les 4 650 dollars l'once, contre 4 000 dollars fin juin, soit une hausse de plus de 16 % en deux mois. En cause : des craintes croissantes sur la solidité du dollar, ravivées par les propres interventions du Trésor américain sur sa dette.
Le Trésor a annoncé la semaine dernière son intention de racheter davantage de titres de dette à long terme, entre 10 et 30 ans, pour faire refluer les rendements obligataires. Le mécanisme joue doublement en faveur de l'or : des taux plus bas réduisent l'attrait des obligations, et l'affaiblissement du dollar qui en découle pousse les investisseurs vers des actifs tangibles, qui eux ne rapportent ni intérêt ni dividende. Signe que la confiance dans la monnaie américaine reste questionnée, l'or a continué de grimper alors même que les rendements obligataires étaient depuis revenus à leur niveau initial. Les fonds cotés adossés au métal précieux ont ainsi enregistré plus de 28 tonnes d'entrées la semaine dernière, leur plus fort afflux depuis janvier, quand un mouvement comparable avait porté l'once à un record historique frôlant les 5 600 dollars. Ce phénomène, que les marchés surnomment le « debasement trade », avait déjà nourri une flambée de 65 % des cours en 2025.
La tendance ne fait toutefois pas l'unanimité. Certains analystes tablent sur une poursuite de la hausse, autour de 4 900 dollars d'ici la fin de l'année, voire un retour vers 5 000 dollars en 2027, un scénario qui suppose un statu quo prolongé sur les taux directeurs et un appétit toujours soutenu des banques centrales pour l'or. De quoi rappeler que même une valeur refuge suit des cycles, suspendue à la confiance que les marchés accordent, ou non, à la politique monétaire américaine.
Source : Les Echos : L'intervention du Trésor sur la dette américaine relance l'or vers de nouveaux sommets
France : l'industrie recase ses salariés, mais continue de fermer ses portes
Paradoxe pour l'industrie française au premier semestre 2026 : l'emploi industriel signe son meilleur bilan depuis début 2024, tandis que le solde des usines reste l'un des plus mauvais depuis 2013. Deux dynamiques qui racontent une réindustrialisation à deux vitesses.
Sur les six premiers mois de l'année, le secteur affiche un solde net de 5 538 emplois créés, porté notamment par l'aéronautique, le spatial et la défense (+5 892), ainsi que par le nucléaire (+1 098) et le naval (+1 140). À l'inverse, l'automobile reste le principal moteur des suppressions (-1 897), devant l'agroalimentaire (-697), et la R&D bascule elle aussi en solde négatif, les postes qualifiés étant les premiers touchés par des fermetures de sites parfois délocalisés vers l'Inde ou la Chine. Côté usines, le tableau est plus sombre : seulement 51 ouvertures ont été recensées contre 91 fermetures, soit un solde net de -40, le pire premier semestre depuis 2013. Un coup de mou qui ne vient pas d'une accélération des fermetures, stables par rapport à la moyenne historique, mais bien d'un ralentissement marqué des nouveaux projets industriels. Sur la même période, le taux de chômage a atteint 8,3 %, en hausse de 0,2 point.
Le paradoxe se prolonge du côté des investissements : 209,6 milliards d'euros de dépenses ont été annoncés au premier semestre, un record représentant près de quatre fois la moyenne historique. Mais seuls 14,9 milliards, soit 7 % du total, sont réellement fléchés vers la production industrielle, l'essentiel des annonces concernant des projets de centres de données ou liés à l'énergie. Autrement dit, l'argent afflue, mais pas encore vers les usines elles-mêmes, une nuance qui pourrait peser sur la physionomie de la réindustrialisation dans les mois à venir.





