Diesel : la menace d'un embargo américain fait grimper les prix en Europe
La simple évocation d'une possible suspension des exportations américaines de gazole par le président américain Donald Trump a suffi à faire bondir les prix du carburant sur le Vieux Continent, rappelant à quel point l'Europe reste dépendante des barils venus d'outre-Atlantique. Les contrats à terme européens sur le diesel ont grimpé jusqu'à 7 % dans la matinée de mardi, atteignant 1 528 dollars la tonne (l'équivalent de plus de 200 dollars le baril), avant de retomber à 1 494 dollars après que les autorités américaines ont tempéré leurs propos.
La pression politique croissante outre-Atlantique face à des prix domestiques records (6,54 dollars le gallon) serait la raison qui pousserait Washington à réduire, voire suspendre, ses exportations. Ce scénario est jugé comme étant catastrophique par les experts du secteur, qui évoquent un possible envol jusqu'à 350 dollars le baril à l'échelle mondiale. L'Europe a importé 506 000 barils par jour de diesel américain en août (une opération qui couvrirait environ 20 % de ses besoins). Si les stations-service ne risquent pas la pénurie immédiate, la facture, elle, grimperait sérieusement. L'Europe et l'Amérique latine se disputeraient alors les mêmes barils devenus rares.
Malgré tout, cette interdiction totale semble peu probable aux yeux des analystes. Une telle mesure se heurterait à trois obstacles majeurs : Un impact économique trop violent et trop disruptive, un potentiel chaos juridique pour les contrats déjà signés, et un effet boomerang sur l'inflation américaine elle-même. Une autre option, plus mesurée, celle d'un simple ajustement des quotas d'exportation, serait à l'étude aux États-Unis pour concilier soutien aux prix domestiques et stabilité des marchés mondiaux.
Source : The Financial Times : Diesel : la menace d'un embargo américain fait grimper les prix en Europe
Chine : des obligations « panda » pour séduire les investisseurs étrangers
Saviez-vous que le panda était l’arme secrète de la Chine pour remplir les cœurs de joie et les portefeuilles de dotations sur les marchés financiers ? Les obligations dites « panda » (ces emprunts en yuan émis en Chine par des acteurs étrangers), connaissent en ce moment un essor sans précédent. Les émissions ont bondi de plus de 65 % sur un an à la mi-août, pour atteindre un montant record équivalant à 180 milliards de dollars. À Hong Kong, leurs cousines offshores (les obligations « dim sum »), progressent-elles aussi de 30 % depuis le début de l'année.
Concrètement, entreprises comme États étrangers viennent chercher deux choses en Chine : des liquidités pour financer leurs échanges avec le pays, et des taux particulièrement attractifs, parfois inférieurs à 2 %. Banques, énergéticiens ou industriels européens font partie des emprunteurs récents, séduits par ce coût de financement compétitif. Mais le phénomène dépasse largement les entreprises. Plusieurs États diversifient désormais leurs sources de financement via ce marché, à l'image de l'Indonésie (7 milliards de yuans), du Kazakhstan (6,6 milliards), de la Slovénie (4 milliards), et bientôt peut-être du Brésil (5 milliards). Cette tendance est activement encouragée par le gouvernement chinois, qui y voit un moyen de renforcer le poids international de sa devise. En outre, la part des échanges chinois réglés en yuan est ainsi passée de moins de 20 % en 2021 à environ 35 % aujourd'hui, faisant du yuan la monnaie la plus utilisée pour les paiements transfrontaliers liés à la Chine depuis 2023, et ce, devant le dollar.
Le chemin reste encore long pour la monnaie de l’Empire du Milieu : le yuan ne représente aujourd'hui qu'environ 1 % du marché mondial des obligations internationales (à peine plus que le yen japonais). Pékin devrait donc continuer de pousser ses pions, notamment via les obligations panda « vertes », dédiées au financement de la transition énergétique.
Source : Les Echos : Chine : des obligations « panda » pour séduire les investisseurs étrangers
Dette publique : rendements records, l'OCDE tire la sonnette d’alarme
L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) considère désormais la hausse des rendements obligataires des États comme une « préoccupation majeure ».
Les raisons de ce verdict par l’institution ? La guerre entre les États-Unis et l'Iran a fait flamber les prix de l'énergie, a rendu la menace inflationniste plus tangible, et ravivé les inquiétudes des marchés sur la soutenabilité des finances publiques.
Résultat : Le rendement moyen des obligations à 10 ans du G7 a franchi la barre des 4 % cette année, du jamais-vu depuis 2008. La dette mondiale (ménages, entreprises et États confondus) a atteint un record de 365 000 milliards de dollars mi-2026, contre 347 000 milliards un an plus tôt, dont plus de 110 000 milliards rien que pour les États. Sur les douze derniers mois, les économies avancées ont déboursé plus de 3 500 milliards de dollars en intérêts sur leurs obligations, davantage que les dépenses mondiales estimées en intelligence artificielle (IA) (2 600 milliards), en défense (3 100 milliards) ou en énergie (3 400 milliards). Pour limiter la casse, les États se tournent de plus en plus vers de la dette à court terme, moins coûteuse : les États-Unis pourraient ainsi émettre jusqu'à 1 000 milliards de dollars de bons du Trésor à moins d'un an, au risque de rendre leur facture d'intérêts encore plus sensible aux mouvements de taux.
Selon l’OCDE, une croissance soutenable pourrait peut-être contrecarrer les plans des rendements obligataires. L'OCDE table sur une expansion de 3,1 % pour le G20 cette année, portée notamment par le boom des investissements liés à l'IA aux États-Unis et les exportations technologiques en Asie. Reste à savoir si cette croissance sera suffisante pour pallier les effets de l’inflation, sachant que cette dernière repart à la hausse (4,1 % attendus en 2026 pour le G20, contre 3,4 % en 2025), avec plus de la moitié des pays du G20 déjà au-dessus de l'objectif de leur banque centrale.
Source : The Financial Times : Dette publique : rendements records, l'OCDE tire la sonnette d’alarme





