BCE : après la surprise de juin, l'heure de la pause a sonné
La Banque centrale européenne (BCE) a rendu son verdict ce jeudi : après avoir créé la surprise en relevant ses taux le 11 juin, sa première hausse depuis près de trois ans, l'institution de Francfort a levé le pied.
Le taux de dépôt, qui rémunère les liquidités des banques, est aujourd'hui fixé à 2,25 %, et le taux de refinancement à 2,40 %. Les marchés n'attribuent plus qu'environ 10 % de probabilité à une nouvelle hausse d'un quart de point. Le mécanisme est connu : en durcissant le loyer de l'argent, la banque centrale cherche à freiner l'inflation, quitte à renchérir le crédit immobilier et à peser sur la croissance. L'équation s'est toutefois compliquée. La flambée du pétrole, repassé autour de 94 dollars le baril sur fond de tensions au Moyen-Orient, ravive les craintes d'une inflation importée, alors même que la hausse des prix en zone euro était retombée à 1,8 % en juin. La réunion se tient sans nouvelles projections économiques, privant les investisseurs d'une partie de leur boussole habituelle.
L'essentiel se jouera moins dans la décision, largement anticipée, que dans le ton de la conférence de presse. Chaque mot sur la trajectoire à venir, sur l'énergie et sur la fameuse approche « réunion par réunion » sera scruté.
Source : Moyen-Orient: la BCE temporise face à "l'incertitude", vers une hausse des taux en septembre
Pétrole : barre des 100 dollars bientôt atteinte pour le baril
Le Brent de mer du Nord, référence mondiale, a bondi de plus de 3 % mercredi pour s'approcher des 94 dollars, franchissant même brièvement la barre des 95 dollars. Du jamais-vu depuis près de six semaines.
Cette poussée est alimentée par l'escalade militaire entre Washington et Téhéran, faite de frappes américaines répétées et d'attaques de drones iraniens. Le marché redoute avant tout une paralysie du détroit d'Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial. À ce premier point chaud s'ajoute le détroit de Bab el-Mandeb, à l'autre extrémité de la péninsule arabique : des rebelles yéménites ont menacé les navires transportant du brut saoudien, poussant trois pétroliers à destination de l'Asie à faire demi-tour. Quand deux des principales artères du transport maritime d'énergie sont sous tension en même temps, les opérateurs intègrent une prime de risque et les cours s'envolent.
Si les perturbations se prolongent, plusieurs analystes voient le Brent se maintenir au-dessus de 90 dollars et se rapprocher du seuil symbolique des 100 dollars. De quoi entretenir les craintes d'inflation importée et compliquer la tâche des banques centrales. Les efforts de médiation, portés notamment par le Qatar, et l'évocation d'une trêve de dix jours pourraient toutefois inverser rapidement la tendance.
Wall Street : les valorisations des géants de l’IA en pause
Les grands indices américains ont marqué une pause mercredi, les investisseurs préférant attendre la salve de résultats des géants de la technologie avant de se positionner.
L'indice élargi S&P 500* a cédé 0,14 % pour terminer à 7 498,96 points, tandis que l'indice technologique Nasdaq** reculait de 0,57 %, à 25 690,90 points. Derrière cet attentisme, une question devenue centrale : les dépenses colossales engagées par les « 7 magnifiques » et les hyperscalers (les géants du cloudcomputing qui conçoivent et exploitent des centres de données à une échelle mondiale massive) dans l'intelligence artificielle vont-elles enfin se transformer en profits tangibles ? Les investisseurs réévaluent des valorisations jugées élevées, à l'heure où la facture des infrastructures d'IA ne cesse de grossir. La hausse simultanée du pétrole, en ravivant les craintes inflationnistes, ajoute à la nervosité ambiante.
La réponse à cette interrogation dépasse largement les frontières américaines. Les géants de la tech pèsent désormais un poids déterminant dans les grands indices mondiaux, et donc dans l'épargne de millions de particuliers exposés via les fonds indiciels.
* Indice boursier mesurant les performances des 500 plus grandes sociétés cotées aux États-Unis.
** Deuxième plus important indice boursier des États-Unis en volume ayant la particularité d’être 100 % électronique et d’accueillir de nombreuses entreprises du secteur de la technologie.





