This website requires JavaScript.

Accueil

Dossiers

Articles

Vidéos

Lexique

Comprendre l’économie et les marchés financiers pour mieux gérer votre épargne.
19.12.24

Les trois actualités de la semaine au 19.12.2024

Retour aux articles

Fed : la baisse des taux bouscule Wall Street

Après avoir assoupli sa politique monétaire mercredi en annonçant une nouvelle baisse de ses taux directeurs d’un quart de point de base, les portant entre 4,25 et 4,50 %, la Fed (Federal Reserve, Banque centrale américaine) a sous-entendu que cette diminution pourrait bien être la dernière. Pour les places boursières à Wall Street, habituées aux vents de relâchement, la nouvelle a été accueillie durement : le S&P 500 a perdu pied, chutant sous les 6 000 points, tandis que le Nasdaq s’est enfoncé de 3,6 %. 

La Fed balance le pour et le contre : d’un côté, elle envisage une éventuelle prochaine hausse des taux pour continuer à contenir une inflation capricieuse, remontée à 2,7 % en novembre ; de l’autre, elle refuse de sacrifier la croissance, et ne veut pas se précipiter vers un processus d’ascension trop hâtif. Le premier scénario placerait Donald Trump en conflit direct avec Jerome Powell, actuel président de la Fed, étant donné que les priorités du futur président sont celles de marchés dérégulés, et de taux abaissés jusqu’au plancher. Mais ses ambitions protectionnistes, comme taxer les importations chinoises, risquent d’attiser les braises de l’inflation, et pousser la Fed à maintenir ses taux à des niveaux élevés. Néanmoins, la probabilité du second scénario sont des chiffres rassurants pour l’année 2025 : le PIB (Produit Intérieur Brut) devrait croître de 2,1 % et le chômage grimper légèrement à 4,3 %. 

La bataille économique s’annonce déjà rude, mais la rivalité politique risque de l’être encore plus : Powell, critiqué pour ses décisions par le milliardaire américain et fréquemment interrogé sur un éventuel départ avant la fin de son mandat en 2026, reste ferme, prêt à garder le cap malgré les pressions. Une chose est sûre : entre la Fed et la Maison-Blanche, la tension risque de grimper plus haut que les taux eux-mêmes. 

France : prévisions de croissance amères pour 2025 

Le moteur de croissance tricolore tourne au ralenti, et la donne ne changera hélas pas pour la nouvelle année. Après un léger coup de pouce des Jeux olympiques et paralympiques en 2024, l’activité dans l’Hexagone s’apprête à entrer dans une phase bien plus morose. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), la croissance devrait plafonner à 1,1 % en 2024, un chiffre semblable à 2023, avant de ralentir à 0,5 % en 2025 (0,2 % par trimestre). La Banque de France, elle, faisant ses prévisions sur l’année complète à l'inverse de l’Insee, anticipe 0,9 % de croissance en 2025. Ce chiffre, plus encourageant, à malgré tout été revu à la baisse de 0,3 % par rapport aux prévisions d’automne. 

Pourquoi cette stagnation ? Tout simplement parce que les soutiens de 2024 s’épuisent. Les dépenses publiques, généreusement ouvertes, vont se resserrer, et l’embellie inattendue du commerce extérieur ne devrait pas franchir la nouvelle année. Les entreprises chinoises cassent les prix à l’export et grignotent les parts de marché françaises, tandis que les menaces de guerre commerciale promises par Donald Trump, nouveau président américain, risquent de peser lourd sur les échanges internationaux. Quant au marché de l’emploi, là aussi, les nuages s’amoncellent. Avec une demande qui s’essouffle, le secteur privé pourrait commencer à détruire des postes dès mi-2025. Une hausse du taux de chômage, attendu à 7,6 % l’an prochain, pourrait freiner l’élan des consommateurs, pourtant essentiels pour relancer la machine économique. La lueur est néanmoins perceptible à l’horizon : une baisse de l’inflation (2 % en 2024, projetée à 1 % en 2025) qui redonnera du souffle au pouvoir d’achat, qui progresserait respectivement de 0,1 et 0,3 % au premier et au deuxième trimestres. 

La performance s’apparente ainsi plus à un pari qu’une certitude : celui stipulant que les Français profite de l’éloignement de l’inflation et d’un taux d’épargne plus élevé et retrouvent goût à la consommation et l’investissement dans l’immobilier ou l’automobile. Attention, prévient l’Insee : même si les ménages retrouvent de l’appétit, cela risque de ne pas suffire à compenser les faiblesses structurelles. Résultat : une année 2025 en demi-teinte en France. 

Automobile : recul des ventes de l’électrique en Europe 

L’Europe semble caler sur la route de l’électrique. En novembre, les ventes de voitures électriques, dites « zéro émission », ont plongé de 9,5 % par rapport à l’an dernier, avec seulement 130 757 immatriculations. Une performance qui refroidit les espoirs des mois précédents, où les ventes avaient légèrement accéléré.  

Cette baisse est largement attribuable aux marchés français (-24,4 %) et allemand (-21,8 %), qui ont entraîné l’ensemble de l’Union européenne dans leur sillage. Malgré les belles performances des Pays-Bas (+41,8 %) et du Danemark (+21,3 %), la part de marché des voitures électriques a fondu à 15 %, loin des objectifs ambitieux de 21-22 % prévus pour 2025. Si les constructeurs ne redressent pas la barre, ils risquent de voir planer l’ombre des lourdes amendes prévues pour non-respect des normes de CO₂. 

Dans ce contexte de ralentissement de l'intérêt pour l’électrique, les véhicules hybrides non rechargeables brillent. À titre d’illustration, ils ont atteint une part de marché record de 33,2 % et ont dépassé les voitures à essence pour le troisième mois consécutif. Pendant ce temps, les diesels continuent de reculer, ne séduisant plus qu’un acheteur sur dix. Au global, toutes motorisations confondues, les ventes de voitures sur le vieux continent ont reculé de -1,9% par rapport à novembre dernier. 

Les analyses et les opinions mentionnées dans le présent document représentent le point de vue de (des) l’auteur (s) référencé(s). Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. 

Sources :