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Comprendre l’économie et les marchés financiers pour mieux gérer votre épargne.
18.06.26

Les trois actualités de la semaine au 18.06.2026

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Fed : taux figés pour l’instant, potentielle hausse en vue

À la suite de sa dernière réunion de politique monétaire, la Fed (Federal Reserve, Banque centrale américaine) a unanimement décidé de maintenir son taux inchangé dans une fourchette de 3,5 % à 3,75 %, mais pour la première fois depuis longtemps, davantage de responsables monétaires anticipent une hausse des taux directeurs plutôt qu'une baisse d’ici la fin de l’année. Un pronostic allant à l’encontre des désirs du président américain, avec en toile de fond une inflation repartie de plus belle.

Neuf des dix-neuf gouverneurs de la Fed tablent désormais sur au moins une hausse d'ici la fin de l'année, alors qu’en mars, aucun ne faisait cette prédiction. À l'inverse, un seul d’entre eux anticipe encore une baisse, contre douze il y a quelques mois. Les marchés à terme estiment même à une chance sur trois la probabilité d'une hausse dès le mois prochain. En cause : des projections trimestrielles pessimiste sur le tarissement de l’inflation, avec une économie Outre-Atlantique alimentée par le choc énergétique lié à la guerre en Iran et par la frénésie des investissements dans l'intelligence artificielle. Le marché du travail, que beaucoup voyaient faiblir, tient bon, les rendements obligataires ont bondi et les indices boursiers ont reculé d'environ 1 %. Traduction pour les ménages : la détente sur le coût du crédit n'est pas pour tout de suite. Cartes bancaires, crédits auto et surtout taux immobiliers, indexés sur les rendements des obligations longues, restent orientés à la hausse.

Selon les experts, même si une fin négociée de la guerre en Iran pourrait faire refluer les prix de l'énergie et éclaircir l’horizon du plafond de l’inflation, le mal est plus profond. En effet, cet enchaînement de chocs a érodé la confiance de la banque centrale dans un retour de l'inflation vers sa cible de 2 %. De surcroît, le boom de l’IA, longtemps perçu comme un facteur de baisse des prix, ressemble de plus en plus à une source d'inflation à court terme. Le débat reste ouvert entre ceux qui parient sur une hausse dès la fin de l'année et ceux qui n'y voient qu'une pause prolongée avant une éventuelle baisse, mais la certitude pour l’instant, est que l'arrivée de Kevin Warsh à la place de Jerome Powell à tête de la Fed, prévue comme étant un court-circuit, est plus semblable à un courant continu. Seul l’avenir pourra nous révéler si ce choix changera durablement les cycles monétaires de l’institution.

Source : The Wall Street Journal : Fed : taux figés pour l’instant, potentielle hausse en vue

Japon : la banque centrale relève ses taux pour la première fois en 31 ans

La banque centrale nippone vient de tourner une page vieille de trois décennies. Pour la première fois en trente et un ans, elle a relevé son principal taux directeur d'un quart de point, à 1 %. Une décision largement anticipée, au point de n'avoir provoqué aucune réaction sur les marchés : investisseurs et experts l'attendaient, habitués à la prudence chronique de l'institution.

Si l'activité économique reste stable, portée par les plans de relance financés par l'État, c'est bien la trajectoire de l’inflation qui inquiète, elle-même provoquée par la hausse du prix du baril de pétrole causée par le blocage du détroit d’Ormuz. Les pressions inflationnistes se diffusent déjà dans l'économie, d'abord entre entreprises, avant de gagner les prix à la consommation sur un large éventail de produits. Même un accord de paix entre les États-Unis et l'Iran ne rassure pas : la remise en route de l'approvisionnement en brut et en gaz prendra du temps, notamment à cause des installations endommagées. Pour mesurer la réalité de cette hausse, la banque a bâti son propre indice, débarrassé des effets des subventions publiques massives déployées pour amortir le choc (pleins d'essence, factures de gaz et d'électricité). Ainsi, quand l'inflation officielle plafonne à 1,4 %, l'indice corrigé grimpe à 2,8 %, bien au-dessus de l'objectif des 2 %. Verdict : il faut monter les taux.

En promettant de surveiller de près l'évolution des prix, la banque laisse entendre que d'autres tours de vis pourraient suivre. La plupart des économistes tablent sur un taux directeur à 1,5 % à l'été 2027, après deux nouvelles hausses. En attendant, le yen poursuit sa glissade face au dollar : il faut désormais 160,3 yens pour un billet vert, contre moins de 110 il y a cinq ans.

Source : Les Echos : Japon : la banque centrale relève ses taux pour la première fois en 31 ans

Capitaux : le monde s’arrache l’Europe, la France en particulier

Le constat du dernier rapport EY sur l'attractivité financière est porteur de bonnes nouvelles pour l’Europe. En 2025, les investissements étrangers dans les services financiers du Vieux Continent ont bondi de 21 %, retrouvant leur plus haut niveau depuis 2019. Pendant que l'industrie traverse une zone de turbulences, banques et fonds internationaux injectent des capitaux massifs sur les marchés européens, portés par une pluie de nouveaux projets. Et dans cette course à l'attractivité, la France capte la lumière de tous les projecteurs.

Avec 45 projets financiers d'envergure, soit 50 % de plus en un an, Paris réalise une percée spectaculaire, captant désormais 13 % du marché européen. Pénalisée par une chute de 22 % des investissements captés, l’Allemagne recule à la troisième place avec seulement 25 projets, et voit les emplois liés aux capitaux étrangers s'effondrer de 45 %. La France, elle, affiche une santé sans égale avec une hausse de 136 % des postes créés (1 349 emplois). Au sommet, le Royaume-Uni reste pourtant indétrônable : 85 projets recensés (+16 %), soit près d'un quart de l'activité du continent. Une hégémonie dopée par la confiance américaine, Wall Street ayant augmenté ses projets européens de 40 % en un an, fléchés en priorité vers Londres (29 projets), loin devant Paris (12).

Néanmoins, le paysage mondial demeure ultra concurrentiel. Si les marchés saluent la solidité réglementaire européenne, les investisseurs internationaux voient déjà en Hong Kong et Singapour de redoutables rivaux pour les années à venir.

Source : La Tribune : Capitaux : le monde s’arrache l’Europe, la France en particulier