This website requires JavaScript.

Accueil

Dossiers

Articles

Vidéos

Lexique

Comprendre l’économie et les marchés financiers pour mieux gérer votre épargne.
17.09.26

Les trois actualités de la semaine au 17.09.2026

Retour aux articles

Fed : première hausse de taux depuis 2023, et ce n'est qu’un début

Trois ans après sa dernière hausse, la banque centrale américaine (Federal Reserve, ou Fed) rouvre le bal du resserrement monétaire. Elle a relevé ses taux directeurs d'un quart de point, une décision en apparence mesurée, mais au message limpide : le cycle de baisses est bel et bien enterré. Loin d'un ajustement isolé, ce geste pourrait n'être que le premier pas d’un durcissement bien plus long. D’ailleurs, la majorité des responsables anticipant déjà au moins une nouvelle hausse d'ici la fin de l'année.

Pour justifier ce tournant, la Fed avance un diagnostic clair : même après ce relèvement, les taux ne freineraient pas encore l'économie. La raison ? Un choc énergétique venu du Moyen-Orient, où le conflit a fait remonter le baril autour de 100 dollars, entraînant dans son sillage la hausse de diesel et des carburants raffinés. L'institution a revu ses prévisions d'inflation à la hausse, et le relèvement a été voté à l'unanimité : 16 des 18 responsables tablent désormais sur au moins une hausse supplémentaire cette année, bien loin des divisions internes qui régnaient quelques mois plus tôt. Les marchés ont réagi aussitôt, faisant grimper à son plus haut niveau depuis plus de deux ans, le rendement des bons du Trésor à 2 ans (thermomètre des anticipations de taux). Un problème demeure : ce durcissement ne frappera pas tout le monde de la même façon. Le boom des investissements dans l'intelligence artificielle, insensible au coût du crédit, poursuivra sa route, laissant les ménages et les entreprises fragiles absorber le choc. En revanche, immobilier, automobile et dépenses non essentielles ralentissent déjà, avec un taux à 10 ans proche de 5 % et des crédits immobiliers autour de 7%.

Malgré tout, des taux plus élevés ne feront pas baisser le prix du pétrole. Si le resserrement devient le seul remède, il pourrait finir par se répercuter sur les marchés, en faisant plier d'abord les prix des actifs financiers, puis ceux de la consommation. Après plus de cinq ans au-dessus de la cible de la Fed, l'inflation américaine menace de s'installer durablement. Cela, sans doute jusqu’au prochain choc majeur qui fera changer d’avis l’institution.

Source : The Wall Street Journal: Fed : première hausse de taux depuis 2023, et ce n'est qu’un début

Dette française : les taux à 10 ans au plus haut depuis 2008

Le taux d'emprunt à 10 ans de l'État français a franchi lundi la barre symbolique des 4,5 % : un niveau non atteint depuis juillet 2008, en pleine crise financière. La hausse n'est pas nouvelle. Elle s'observe depuis plusieurs années, mais s'est nettement accélérée cet été, ravivant les inquiétudes sur la trajectoire budgétaire de l’hexagone.

L’évolution est impressionnante : 3,6 % en juin, plus de 4 % en août et 4,5 % aujourd'hui. Une trajectoire bien lointaine de celle de 2019, où la France empruntait encore à taux négatifs. Deux raisons justifient cette montée, qui est davantage mondiale que française :

  • D'un côté, l’inflation généralisée portée par la flambée du pétrole (le baril proche de 110 dollars) pousse les banques centrales à durcir le ton. La BCE (Banque centrale européenne) a relevé ses taux deux fois, coup sur coup, alors que la Fed vient tout juste d’opérer sa première hausse en 3 ans. Par ailleurs, les taux à 10 ans aux États-Unis dépassent déjà 5 %, un phénomène inédit depuis 2007.
  • De l'autre, l’explosion des besoins de financement augmentent les dépenses publiques. La dette américaine a franchi les 40 000 milliards de dollars, les budgets militaires et d'infrastructures s'envolent partout, et les États doivent désormais batailler avec le secteur technologique, lui aussi vorace en obligations, pour financer la course à l'intelligence artificielle. Dans ce grand concours de dettes, la France s'impose comme le mauvais élève du surendettement mondial. Sa dette publique culmine désormais à plus de 3 500 milliards d'euros, soit 117 % du PIB. Le coût de ses intérêts, qui devrait grimper à 65 milliards d'ici fin 2026, menace d'atteindre 100 milliards en 2029, ce qui en ferait le tout premier poste de dépense de l'État.

Résultat : la France emprunte aujourd'hui plus cher que l'Italie, la Grèce ou le Portugal, des pays longtemps considérés comme plus fragiles. L'écart de taux avec l'Allemagne (baromètre de la confiance des marchés), frôle désormais 1 %, du jamais-vu depuis quinze ans. Avec un budget 2027 à négocier dans un climat électoral tendu, certains analystes n'excluent pas de voir ce spread grimper jusqu'à 1,5 % dans les prochains mois.

Source : Le Figaro : Dette française : les taux à 10 ans au plus haut depuis 2008

Chine : le baril du pétrole n’a jamais coûté aussi cher

Le cours de pétrole de Shanghai s'est envolé à 129 dollars, dépassant le précédent record de 121,80 dollars atteint au début du conflit iranien. Une flambée de 14 % en quelques jours seulement, qui a fait grandir le sentiment d'inquiétude sur la sécurité des exportations en provenance du Moyen-Orient, résultant en la perturbation des marchés mondiaux du brut.

Le diesel à très basse teneur en soufre a atteint un record de 221 dollars le baril à New York, tandis que le Brent, référence internationale, grimpait à 108 dollars et jusqu'à 146 dollars sur le marché au comptant, soit un bond de 25 dollars en quelques jours à peine. En cause : le détroit d'Ormuz, largement fermé depuis le début du conflit, avait poussé l'Arabie saoudite à rediriger ses flux via un oléoduc terrestre reliant le Golfe à la mer Rouge. Mais cet itinéraire de secours vient à son tour d'être attaqué, tandis que des rebelles progressent vers le détroit de Bab-el-Mandeb, verrou stratégique entre la mer Rouge et l’océan Indien. Certaines cargaisons destinées à des raffineurs européens ont d’ailleurs déjà été annulées ou retardées. Le royaume pourrait, de ce fait, manquer de pétrole à exporter d'ici quelques jours seulement, provoquant un déficit d'environ 5 millions de barils par jour sur le marché mondial.

Depuis le début du conflit, la Chine avait tenté de faire tampon en réduisant ses importations et en puisant dans ses stocks, protégeant au passage le reste du monde d'une flambée encore plus sévère. Mais après être tombées à 7,1 millions de barils par jour en juin, ses importations remontent progressivement (autour de 9 millions attendus en septembre). Ainsi, la Chine sort de son régime forcé, et la demande mondiale en pâtit immédiatement.

Source : The Financial Times : Chine : le baril du pétrole n’a jamais coûté aussi cher