Europe : versement de dividendes record en 2024
Après une année 2023 déjà au sommet, l’Europe fait encore mieux en 2024 et décroche la palme du dividende, ces sommes versées à titre de revenus par une entreprise à ses actionnaires. Avec 440 milliards d’euros transférés par ses entreprises cotées, le Vieux Continent pulvérise les records et ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin.
Mais concrètement, en quoi payer ses actionnaires davantage sur l’année représente une bonne nouvelle économique ? Les dividendes ne se contentent pas de les récompenser : ils stabilisent les portefeuilles, en atténuant les effets de la volatilité boursière. En effet, près de 70 % des entreprises du STOXX 600* augmentent régulièrement leurs dividendes, signe de leur solidité, et rares sont celles qui les réduisent – sauf en période de crise. Cette somme n’est pas qu’un simple bonus : en Europe, les dividendes représentent près de 40 % de la performance totale des actions sur 40 ans. À titre de comparaison, aux États-Unis, ils ne comptent que pour 20 %, les entreprises préférant racheter leurs actions plutôt que de distribuer leur trésor de guerre.
Le secteur financier (banques et assurances) reste le champion des paiements, malgré une année marquée par des vents contraires pour les valeurs industrielles et automobiles. Des domaines comme la santé ou la technologie promettent aussi des hausses conséquentes en 2025, tandis que l’énergie pourrait décélérer par rapport à 2023. Le marché mondial des dividendes représente 1 730 milliards de dollars pour 2024 (+4,2 % que 2023). En France, 75 milliards ont été distribués cette année, et respectivement 81 et 88 milliards sont prévus pour 2025 et 2026.
* Le STOXX Europe 600 ou STOXX 600 est un indice boursier composé de 600 des principales capitalisations boursières européennes, conçu par STOXX.
États-Unis : le recul de l’inflation dope les marchés
Un vent d’optimisme souffle sur les marchés financiers, car en décembre, les pressions inflationnistes américaines ont ralenti plus que prévu. L’inflation sous-jacente (excluant les prix de l'alimentation et de l'énergie) est tombée à 3,2 %, légèrement en dessous des attentes (3,3 %). Si la différence semble minime, elle a suffi à relancer l’activité et à entretenir l’espoir d’une poursuite des baisses de taux par la Fed (Réserve fédérale).
Les marchés obligataires ont répondu avec enthousiasme : les rendements des dettes à 10 ans aux États-Unis et en France ont chuté de 13 points de base, tandis que le plongeon de 19 points fut encore plus spectaculaire pour le Royaume-Uni. Cette détente inattendue fait oublier les tensions de la semaine dernière, où le taux américain atteignait un inquiétant 4,8 %. Côté actions, c’est aussi la fête : les indices américains majeurs, le Dow Jones*, le S&P 500** et le NASDAQ*** ont bondi de respectivement 1,65 %, 1,83 % et 2,45 % à la clôture de Wall Street vendredi, boostés par des entreprises, du secteur bancaire notamment, affichant des bénéfices nets en forte progression.
Avec ce coup de pouce de l’inflation, la Fed pourrait hâter son assouplissement monétaire. Attendue juste avant le début du deuxième trimestre, certains économistes espèrent que la baisse des taux arrivera dès le mois de mars. Un cap optimiste certes, mais qui pourrait être conforté par de nouveaux signes de ralentissement de la hausse des prix fin janvier.
* Créé en 1897, le Dow Jones est l'indice de référence de la Bourse de New York, le premier marché financier mondial. Il se calcule à partir des 30 valeurs boursières les plus importantes des Etats-Unis, essentiellement industrielles.
** L'indice S&P 500, pour Standard & Poor's 500 est un indice boursier construit à partir de 500 grandes entreprises cotées sur les bourses américaines.
*** Le NASDAQ est une bourse d’échange électronique américaine qui se concentre principalement sur les actions technologiques. Elle permet aux investisseurs d’acheter et de vendre des actions de sociétés cotées en bourse. L’acronyme signifie National Association of Securities Dealers Automated Quotations.
Chine : les exportations atteignent un niveau inégalé
Les exportations chinoises atteignent une nouvelle apogée en 2024. Avec un niveau inédit de 3 400 milliards de dollars, une hausse de 7 % en valeur et des volumes 40 % supérieurs à ceux de fin 2019, le pays est plus que jamais « l’usine du monde », expérimentant cette année un choc qu’elle n’a connu qu’en 2000 lors de son arrivée dans l’OMC (Organisation mondiale du Commerce). Les importations, elles, n'ont grimpé que de 2 %, offrant à l’Empire du Milieu un excédent commercial des biens de 992 milliards de dollars sur l'année.
Ces performances font briller les compteurs de Pékin et assombrissent les perspectives de ses partenaires commerciaux, qui accusent parfois le pays d’exporter sa déflation. L’Union européenne affiche désormais un déficit commercial de 250 milliards de dollars avec la Chine, plus du double de celui d’il y a dix ans, tandis que les exportations chinoises vers les États-Unis ont augmenté de 16 % rien qu’en décembre. Cela est un signe que les entreprises américaines anticipent la future guerre douanière entre les deux plus puissantes économies mondiales promise par Donald Trump en achetant et stockant les produits chinois.
Cependant, bien que l’administration républicaine menace de hausser les droits de douane pour torpiller les exportations chinoises, Pékin dispose de plusieurs leviers pour se défendre. Une dévaluation du yuan (déjà abaissé de 4 % depuis novembre par le gouvernement), peut être déployée pour garantir des coûts de production et prix de vente compétitifs afin d’augmenter leurs exportations à d’autres pays que les États-Unis, ou de contourner les sanctions imposées à leurs produits en les faisant transiter par d’autres pays comme le Mexique ou le Vietnam. Seul revers dans cette nuée de records : la Chine dépend plus que jamais sur le monde pour son bon fonctionnement économique, et elle doit hausser sa demande intérieure pour y pallier. Néanmoins, il faudra pour ça que le pays apporte des solutions à la crise immobilière et aux tensions géopolitiques qui ont plombé la confiance des ménages locaux.
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