France : l'épargne salariale atteint des sommets
Nouveau record pour l'épargne salariale. Selon l'Association Française de la Gestion d’Actifs (AFG), les encours des plans d'épargne salariale et retraite (PES/ PER) ont dépassé, au premier semestre 2026, la barre des 250 milliards d'euros pour atteindre 250,8 milliards d'euros. Cela représente une hausse de 13,6 % en un an.
Ce record repose sur deux moteurs. Le premier, et le principal, sont les nouveaux versements : 17,2 milliards d'euros ont rejoint les plans d'épargne entreprise (PEE) et les plans d'épargne retraite (PER) sur le semestre, soit 5,6 % de plus que l’année passée. Dans le détail des sources, l'intéressement bondit de 10,4 %, l'abondement des employeurs progresse de 6,3 % et la participation reste quasi stable (+0,5 %). Les produits dédiés à la retraite ont collecté à eux seuls 3 milliards d'euros (+7,2 %). Le second moteur est un effet de marché favorable : la valeur des actifs placés a grimpé, ce qui gonfle mécaniquement les encours. Environ 13 millions de salariés sont concernés, avec un montant moyen placé de 17 100 euros. La tendance ne date pas d'hier. En 2025, l'épargne salariale affichait déjà un record à 230 milliards d'euros (+14,7 %), portée par la loi Pacte de 2019 (loi sur le partage de la valeur de 2023) et l'obligation faite depuis 2025 aux entreprises de 11 à 49 salariés de proposer au moins un dispositif. Les sorties augmentent aussi, avec 12 milliards d'euros de rachats contre 11,1 milliards un an plus tôt.
Ce record tombe en plein débat budgétaire. Concernant le budget 2027, le gouvernement voulait intégrer ces compléments de salaire dans le calcul des allègements de charges, ce qui revenait à les soumettre indirectement à cotisations. Cette mesure aurait pu rapporter 3,7 milliards d'euros à la Sécurité sociale, mais la commission des Affaires sociales de l'Assemblée l'a rejetée ce mercredi. Reste aussi en suspens une proposition de loi adoptée au Sénat en avril, qui prévoit un déblocage exceptionnel des PEE jusqu'à 5 000 euros. Aujourd'hui, seule la moitié de cette épargne peut être utilisée librement à tout moment.
Source : Les Echos : France : l'épargne salariale atteint des sommets
France : les économistes douchent les espoirs de croissance pour 2027
À peine dévoilé, l'objectif de croissance du gouvernement prend déjà l'eau. Bercy table sur 1 % en 2027, mais l'Institut français de l'économie (IFE) n'anticipe que 0,5 % de croissance après les 0,4 % de cette année. Le FMI n'est guère plus optimiste : il vient d'abaisser sa prévision pour la France de 0,9 % à 0,7 %.
Pour l'IFE, l'économie française subit une accumulation de chocs. Sans ces difficultés, la croissance atteindrait 1,4 %. Le premier choc est énergétique. Depuis le 28 février, la guerre au Moyen-Orient bloque le détroit d'Ormuz et fait flamber les hydrocarbures. Même avec un baril à 95 dollars en moyenne au second semestre puis un reflux progressif, ce choc retirerait 0,3 point de croissance en 2027, après 0,2 point en 2026. L'instabilité politique coûterait 0,1 point. L'effort budgétaire prévu pour redresser les comptes publics amputerait la croissance de 0,4 point, pour la troisième année consécutive. La politique monétaire, jusqu'ici l'un des rares soutiens à l'activité, devient à son tour un frein. Le mécanisme est simple : quand les taux d'intérêt remontent, le crédit coûte plus cher, et ménages comme entreprises repoussent leurs projets d'investissement. Ce frein coûterait encore 0,1 point. L'institut prend ainsi le contre-pied de Bercy, qui mise sur un rebond de l'investissement. La consommation ne progresserait que faiblement et le pouvoir d'achat par unité de consommation pourrait même reculer en 2027 (et ce, pour la troisième année d'affilé). Seul le commerce extérieur apporterait une contribution positive. Le chômage continuerait de grimper, à 8,8 % fin 2027 contre 8,4 % fin 2026.
Ce coup de frein compliquerait sérieusement le redressement des finances publiques. Selon ce scénario, le déficit atteindrait 5,5 % du PIB en 2026 et 5,4 % en 2027, loin des 5 % visés par le Premier ministre. Et si le budget n'était pas adopté, le recours à une loi spéciale soutiendrait un peu l'activité, mais porterait le déficit à 6 % du PIB. L'IFE envisage aussi un scénario plus sombre. Un enlisement du conflit propulserait le pétrole au-dessus de 100 dollars en 2027, avec un impact pouvant atteindre 0,6 point de PIB. Avec le resserrement monétaire qui suivrait probablement, la France pourrait alors basculer en légère récession.
Source : Les Echos : France : les économistes douchent les espoirs de croissance pour 2027
États-Unis : les prix à la production s'emballent
Aux États-Unis, l'inflation ne se limite plus aux prix à la pompe. En septembre, les prix à la production ont enregistré leur plus forte hausse depuis quatre ans et demi, progressant de 1,3 % en un mois, soit plus du double des 0,5 % attendus par les économistes.
Sur un an, cette hausse atteint 6,3 % (contre 5,6 % en août), surpassant largement le consensus de 5,3 %. Les biens mènent la danse avec un bond de 2,6 %, leur plus forte progression depuis le lancement de cette série statistique en décembre 2009. L'énergie en est le principal carburant : ses prix grimpent de 10,8 %, dont +20,3 % pour l'essence, qui explique à elle seule plus de 80 % de la hausse des biens. Le diesel, le kérosène et l'électricité résidentielle suivent le même chemin.
La contagion gagne surtout le reste de l'économie. Les prix des services accélèrent à +0,8 % (contre +0,2 % en août), tirés par le transport routier de marchandises, l'hôtellerie et les billets d'avion. Parallèlement, les prix de gros alimentaires rebondissent de 1,2 % après trois mois de baisse. Seules exceptions notables : les marges des distributeurs de carburants plongent de 30,3 % et les frais de courtage reculent. Le mécanisme est simple : les prix à la production mesurent ce que les entreprises facturent pour leurs biens et services. Lorsqu'ils grimpent, ces surcoûts finissent souvent par être répercutés sur les prix payés par les consommateurs.
Ce chiffre tombe au plus mal pour la Réserve fédérale (Fed). La veille déjà, les prix à la consommation avaient affiché une hausse généralisée en septembre. Cela relance l'hypothèse d'un relèvement des taux directeurs dès ce mois-ci, une perspective qui pèserait sur le coût du crédit et sur les marchés financiers. Reste à savoir si cette poussée n'est qu'un contrecoup temporaire du choc énergétique ou le signe d'une inflation qui s'installe durablement dans l'économie américaine.
Source : Investir : États-Unis : les prix à la production s'emballent





