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Comprendre l’économie et les marchés financiers pour mieux gérer votre épargne.
09.10.26

Les trois actualités de la semaine au 08.10.2026

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Dette française : les fidèles japonais prennent le large

Longtemps parmi les plus fidèles acheteurs de dette française, les investisseurs japonais commencent à réduire la voilure. C'est un signal de plus de la défiance qui entoure les obligations françaises, en pleine secousse obligataire d'une ampleur inédite depuis la crise de la zone euro.

Partout dans le monde, les rendements des emprunts d'État s'envolent à des niveaux plus vus depuis des décennies, aux États-Unis, en Allemagne comme au Japon. En France, le taux de l'OAT à 10 ans a touché 4,98 % en séance la semaine dernière, son plus haut depuis 2002. S'y ajoute une prime propre à la France, nourrie par le déficit, l'impasse politique et les dégradations de notation. L'écart de taux avec l'Allemagne, thermomètre du « risque France », est passé de 80 à 90 points de base il y a quelques mois à plus de 150 début octobre, soit 1,5 point de pourcentage. Les gérants nippons étaient pourtant surexposés : 6,6 % de leurs avoirs obligataires étrangers sont placés en titres français, soit près de 23 000 milliards de yens (environ 145 milliards de dollars) en juillet. Paris leur offrait un compromis idéal, plus de rendement que Berlin sans le risque associé à Rome ou Athènes. Mais la donne a changé, car le taux japonais à 10 ans dépasse désormais 3 %. Le mécanisme est simple : un investisseur japonais qui achète de la dette en euros doit se couvrir contre les variations de change. Une fois ce coût déduit, l'avantage d'une OAT proche de 5 % sur une obligation japonaise à plus de 3 % fond comme neige au soleil. Certains gérants ont même soldé l'intégralité de leurs obligations françaises début octobre.

Pas de fuite massive pour l'instant : les avoirs japonais en dette française n'ont reculé que de 2,5 % depuis fin 2025. Le calendrier tombe pourtant mal, car la France risque de perdre une demande régulière au moment même où elle doit lever un montant record de 340 milliards d'euros en 2027, à des taux bien plus élevés. Certains gestionnaires japonais parient déjà sur une poursuite de la hausse, jusqu'à évoquer un taux français à 10 ans de 7 % si la BCE n'intervient pas. Même un rééquilibrage modeste des portefeuilles pourrait suffire à accentuer la pression sur un marché déjà nerveux.

Source : Les Echos : Dette française : les fidèles japonais prennent le large

Pétrole : les réserves stratégiques appelées à la rescousse

Plus de 300 millions de barils de pétrole ont déjà été puisés dans les stocks d'urgence depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, et ce n'est peut-être pas fini. Réunis mercredi, les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) se disent prêts à libérer davantage de réserves si nécessaire, gazole compris.

Environ 325 millions de barils ont été libérés sur les 400 millions promis en mars par les 32 pays de l'AIE, certains États allant même au-delà de leurs engagements. Le solde encore attendu pourrait ajouter environ 100 millions de barils. Vendredi, le G7 avait déjà annoncé une libération coordonnée de 100 millions de barils, effective immédiatement, alors que les prix des carburants restent très élevés en raison du conflit dans le Golfe et du blocage du détroit d'Ormuz. Les États membres disposent encore d'environ 1,1 milliard de barils, dont plus de 200 millions de barils de gazole, désormais prioritaire. Ce choix s'explique : le brut se porte mieux que les produits raffinés. Les exportations de brut des pays du Moyen-Orient, hors Iran, ont dépassé la semaine dernière leur niveau d'avant-guerre, tandis que les carburants restent sous tension. En injectant des stocks sur le marché, les États augmentent l'offre disponible pour freiner la hausse des prix à la pompe.

Une nouvelle réunion des États membres est prévue la semaine prochaine pour faire le point. Les réserves stratégiques ne restent cependant qu'un amortisseur de court terme : chaque baril libéré réduit d'autant le coussin de sécurité en cas de nouveau choc. Tant que le détroit d'Ormuz ne retrouvera pas un trafic normal, le prix des carburants, et avec lui l'inflation, devrait rester sous pression.

Source : BFM Business : Pétrole : les réserves stratégiques appelées à la rescousse

UE/Chine : Bruxelles montre les dents, sans fermer la porte

Face à un déficit commercial abyssal avec la Chine, l'Union européenne durcit le ton. Le commissaire européen au Commerce est à Pékin pour deux jours afin de tenter de rééquilibrer les échanges, tout en évitant l'escalade.

L'an passé, le déficit commercial européen vis-à-vis de la Chine atteignait environ 360 milliards d'euros. Ce n'est plus seulement un problème comptable mais un problème industriel. Des produits chinois toujours plus compétitifs arrivent sur le marché européen : batteries, équipements électriques, automobiles, produits chimiques ou panneaux solaires. Bruxelles accuse Pékin de soutenir massivement ses industriels, ce qui leur permet de produire à très grande échelle et à très bas coût. L'Europe n'est pas démunie : son principal atout reste son marché unique, des centaines de millions de consommateurs au fort pouvoir d'achat, précieux pour une Chine dont la demande intérieure reste fragile. Elle dispose déjà de droits de douane et d'outils de défense commerciale, notamment sur les voitures électriques chinoises. La France et l'Allemagne veulent aller plus loin, avec un mécanisme permettant de restreindre plus rapidement l'accès au marché européen en cas de concurrence jugée déloyale ou de subventions massives. Pékin a toutefois ses propres leviers. La Chine contrôle une large part des chaînes de valeur mondiales, à commencer par les terres rares dont l'industrie européenne dépend largement. Elle peut aussi riposter en ciblant des produits européens, comme elle l'a déjà fait avec le cognac.

Le rapport de force est paradoxal : la Chine domine en amont des chaînes de production, l'Europe en aval grâce à son marché. Les deux camps ont donc intérêt à négocier. Pékin a besoin de débouchés, d'autant que ses exportations vers les États-Unis sont déjà compliquées, et pourrait préférer exporter un peu moins plutôt que plus du tout. Si la Chine accepte de limiter certains envois, Bruxelles pourrait lâcher du lest. Tout l'art consistera à hausser le ton sans brusquer son interlocuteur, au risque de provoquer l'escalade que chacun cherche à éviter.

Source : RFI : UE/Chine : Bruxelles montre les dents, sans fermer la porte