Élections américaines : la victoire démocrate a fait des vagues en bourse
À la suite des élections américaines de mi-mandat, le camp démocrate a obtenu la majorité des sièges à la Chambre des représentants comme au Sénat, en faisant une vague bleue bien plus large qu’anticipé. Cette légère surprise électorale a provoqué un sursaut de nervosité sur les places financières de courte durée.
Dans la nuit de mardi à mercredi, les contrats à terme ont plongé, le Nasdaq perdant jusqu’à 2 % sur fond de craintes d’un tour de vis réglementaire sur l’intelligence artificielle. Mais dès l’ouverture, la tendance s’est totalement inversée : le Dow Jones a rebondi de 2,25 %, le S&P 500 de 1,2 % et le Nasdaq voit ses pertes effacées pour grimper de plus de 2 %.
La raison de ce revirement des marchés : un Congrès désormais aux mains des démocrates complique la marge de manœuvre budgétaire de Donald Trump, sans pour autant lui retirer son droit de veto. Ainsi, un scénario de blocage institutionnel qui se profilerait a été jugé comme préférable par les investisseurs par rapport à l’incertitude. L’enthousiasme a ensuite traversé l’Atlantique, le CAC 40 progressant de 2,18 %, le Dax allemand de 2,13 %, et l’Ibex espagnol de 3,18 %. Sur les obligations, le taux américain à 10 ans recule de 4 points de base à 4,92 %, son plus bas niveau depuis début septembre, les marchés anticipant moins de nouveaux stimulus financés par la dette, donc moins d’émissions de Treasuries à venir. Dans son sillage, le taux français à 10 ans cède 11 points de base pour revenir à 4,84 %, et l’écart de taux entre Paris et Berlin se resserre à 153 points de base contre 164 lundi. Le dollar, lui, recule de 0,29 % face à un panier de devises.
Un Congrès divisé rassure donc plus qu’il n’inquiète, signe que les marchés valorisent la prévisibilité institutionnelle autant que les résultats économiques. Reste à voir comment l’exécutif composera avec ce nouveau rapport de force, et si cette accalmie obligataire se confirmera dans le long terme.
Source : Les Echos : Élections américaines : la victoire démocrate a fait des vagues en bourse
Cadres : baisse de salaire inédite depuis la crise de 2008
Selon le baromètre annuel de l’APEC (Association Pour l’Emploi des Cadres), la rémunération brute médiane des cadres a reculé de 1,8 %, pour s’établir à 54 000 euros, soit près de 1 000 euros de moins qu’en 2025. Pour retrouver un tel repli, il faut remonter à 2010, en pleine onde de choc de la crise des subprimes, une première en plus de quinze ans.
Ce coup de mou salarial a plusieurs causes. D’abord, moins de cadres ont été augmentés cette année : à peine un sur deux, soit 7 points de moins qu’en 2025 et 14 de moins qu’en 2024. Les trentenaires et quadragénaires, habituellement en pleine ascension salariale, trinquent le plus, avec des taux d’augmentation en recul de 7 à 8 points sur un an. Autre levier grippé : les parts variables, qui pèsent pourtant plus de 10 % de la rémunération totale, ont été largement rabotées par des entreprises soucieuses de limiter leur masse salariale face aux incertitudes géopolitiques et budgétaires. Même changer d’employeur ne paie plus comme avant : la mobilité professionnelle, autrefois un accélérateur d’augmentation, perd de son effet de levier, signe que le rapport de force penche désormais du côté des entreprises.
Au-delà des chiffres, c’est le pouvoir d’achat des cadres qui est impacté. Sur les vingt dernières années, il a reculé de 11,6 %, et pouvant pèse potentiellement sur la motivation comme sur le sens donné au travail. Pour l’avenir, la question est : cette baisse n’est-elle qu’une parenthèse ou signe d’une crise plus profonde de l’emploi.
Source : Le Figaro : Cadres : baisse de salaire inédite depuis la crise de 2008
France : croissance 2026 à 0,5 % du PIB jugée hors de portée
Le gouvernement table sur une croissance de 0,5 % du PIB en 2026, mais le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) vient semer le trouble dans l’enthousiasme. Selon l’institution, cet objectif serait « difficilement atteignable », une prévision de 0,3 % semblant plus réaliste. Un avis qui tombe mal, à peine quelques jours après que l’Insee a confirmé un nouveau recul du PIB de 0,1 % au troisième trimestre.
Après 0,2 % de baisse au premier trimestre et une stagnation au deuxième, le PIB recule encore sur la période suivante, aggravant une prévision de croissance déjà jugée trop haute par la plupart des instituts, qui visaient plutôt 0,4 % dès la mi-octobre. Le constat est le même du côté de l’inflation : l’hypothèse gouvernementale de 2,1 % pour 2026 serait sous-évaluée d’un à deux dixièmes selon le HCFP. L’exécutif, cependant, maintient le cap : le ministre de l’Économie Roland Lescure assure que les prévisions de finances publiques reposent à ce stade surtout sur des remontées comptables, et qu’aucun ajustement du déficit, visé à 5,4 % du PIB (Produit Intérieur Brut), n’est à l’ordre du jour. Même la Banque de France n’échappe pas aux doutes. Emmanuel Moulin, son gouverneur, a lui-même qualifié sa propre prévision de croissance de 0,4 % comme étant un peu trop optimiste.
Pour les prochains mois, un grand rendez-vous est à surveiller : la révision des chiffres de la banque centrale, attendue mi-décembre. Entre un budget 2026 bâti sur des bases contestées et un PIB en petite forme, l’équation des finances publiques françaises est loin d’être résolue.
Source : Le Monde : France : croissance 2026 à 0,5 % du PIB jugée hors de portée





