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Comprendre l’économie et les marchés financiers pour mieux gérer votre épargne.
04.06.26

Les trois actualités de la semaine au 04.06.2026

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IA : les puces mémoire valent désormais plus que le pétrole

Les puces de mémoire vive ont détrôné le pétrole. Les trois plus grands fabricants mondiaux pèsent désormais chacun plus de 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, soit environ 22 % de plus que les trois plus grandes compagnies pétrolières réunies. Une bascule symbolique, portée par la déferlante de l'intelligence artificielle, qui rebat les cartes de la hiérarchie économique mondiale. Reste une question de taille : ce nouveau statut tiendra-t-il dans la durée, dans un secteur réputé pour ses montagnes russes de prix ?

Longtemps, la mémoire a été perçue comme une matière première classique, sujette à des cycles violents de hausses et de baisses. Mais l'IA a tout changé : la demande dépasse aujourd'hui largement les capacités de production, propulsant les prix à des niveaux jamais vus. Forts de ce rapport de force inédit, les fabricants poussent leurs clients à signer des contrats d'approvisionnement de longue durée (jusqu'à cinq ans) qui sécurisent les revenus futurs et lissent la volatilité. Les géants du cloud, premiers investisseurs de l'IA, jouent le jeu : selon un analyste, ces contrats pluriannuels pourraient couvrir jusqu'à 30 % des livraisons mondiales de DRAM (“Dynamic Random Access Memory”, un type de mémoire vive) l'an prochain, et les hyperscalers (datacenters à grande échelle) auraient déjà verrouillé près des deux tiers de la production destinée aux serveurs. Ainsi, sur un trimestre, le bénéfice par action de l'un des fabricants a bondi de 1,56 à 12,20 dollars, et Wall Street anticipe plus de 60 dollars sur l'exercice en cours, puis environ 106 dollars l'an suivant.

Malgré ces valorisations à douze zéros, les titres restent étonnamment bon marché. Rapportés aux bénéfices attendus, les acteurs concernés s'échangent entre six et dix fois leurs profits futurs, quand l'indice de référence des semi-conducteurs (PHLX Semiconductor) tourne autour de 26 fois. Autrement dit, le marché parie déjà sur des résultats solides sans pour autant les payer au prix fort.

Source : The Wall Street Journal : IA : les puces mémoire valent désormais plus que le pétrole

Or : le métal devient le 1er actif de réserve, devançant le Trésor américain

Symbole d'une défiance croissante envers le dollar, l'or vient de passer devant les bons du Trésor américain au rang d'actif de réserve numéro un des banques centrales. À la fin de l'année 2025, le métal jaune représentait 27 % de l'ensemble des réserves mondiales, contre 20 % un an plus tôt, selon un rapport de la Banque centrale européenne. Dans le même temps, la part des bons du Trésor américain reculait de 25 % à 22 %. Un basculement historique, nourri à la fois par des achats massifs et par une flambée des cours.

Cette ruée vers l'or traduit une volonté assumée de nombreux pays de diversifier leurs réserves, jusqu'ici largement adossées au billet vert. Le mouvement s'est accéléré depuis 2022, lorsque Washington a gelé par sanctions les réserves russes en dollars à la suite de l'invasion de l'Ukraine. En conséquence, les banques centrales du globe accumulent désormais plus de 36 000 tonnes d'or, un niveau proche des sommets de l'ère Bretton Woods, quand le dollar restait arrimé au métal précieux. La hausse spectaculaire des prix a fait le reste : l'once a culminé au-delà de 5 500 dollars en janvier, gonflant mécaniquement le poids de l'or dans les bilans. Les plus gros acheteurs depuis 2022 restent la Chine, la Pologne, la Turquie et l'Inde, même si le rythme global a légèrement ralenti, à 850 tonnes en 2025 après trois années au-dessus des 1 000 tonnes. Fait notable, le principal acquéreur de l'année fut un acteur des cryptomonnaies, avec plus de 100 tonnes raflées.

Le dollar n'a toutefois pas dit son dernier mot : tous actifs confondus, il pèse encore 42 % des réserves mondiales. Mais l'euro tire son épingle du jeu, sa place progressant depuis dix ans, portée par une émission record de dette libellée en euros, proche des 1 000 milliards l'an dernier.

Source : The Financial Times : Or : le métal devient le 1er actif de réserve, devançant le Trésor américain

Blocage d’Ormuz : les trésoreries des entreprises françaises impactées

Plus de 70 % des grandes entreprises et des entreprises de taille intermédiaire (ETI) ressentent désormais les effets négatifs du conflit sur leurs liquidités, une proportion qui grimpe à 92 % pour celles exposées aux matières premières. Si l'ampleur du choc varie selon le degré d'exposition aux importations, aux coûts énergétiques ou logistiques, le signal est clair : la guerre s'invite directement dans les comptes des entreprises françaises.

Le conflit pèse d'abord sur les coûts, et les principaux produits et services affectés sont ceux directement liés au prix du pétrole et de l'énergie. On peut notamment penser au plastique ou aux transports. À cela s'ajoute un ralentissement de la demande, nourri par l'incertitude ambiante : sur le premier trimestre, le PIB français a reculé de 0,1 %. Résultat, un quart des trésoriers jugent leur trésorerie d'exploitation difficile. Pour tenir, ils dégainent en priorité la réduction des coûts opérationnels (41 %), souvent synonyme d'économies sur le personnel, devant la hausse des prix de vente (28 %) et le report des investissements (17 %). Côté financement, pas de panique pour l'instant : l'accès au crédit reste fluide et le marché obligataire demeure ouvert, y compris aux entreprises moins bien notées. Mais cette liquidité coûte de plus en plus cher. Les taux bancaires grimpent doucement (de 3,67 % à 3,72 % sur les petits crédits), tandis que le financement de marché accélère nettement, passant de 3,55 % à 3,91 % sous l'effet des tensions obligataires.

Prudence, donc, sur le paysage corporatif français. Avec le cash disponible, les trésoriers ne prennent aucun risque et renforcent leurs placements sur des comptes rémunérés, désormais privilégiés par 41 % d'entre eux, au détriment des placements collectifs jugés trop exposés au contexte géopolitique. Tant que le brouillard géopolitique ne se dissipe pas, les entreprises préféreront rester sur leurs réserves plutôt que de partir à l'offensive.

Source : Les Echos : Blocage d’Ormuz : les trésoreries des entreprises françaises impactées