Dédollarisation : les banques centrales troquent le billet vert pour de l’or
Longtemps valeur refuge numéro un pour les gestionnaires de réserves mondiales, le billet vert enregistre en 2025 un net recul d'attractivité selon l'enquête annuelle menée auprès de 75 banques centrales par l’OMFIF (OfficialMonetary and Financial Institutions Forum ), un groupe de réflexion indépendant spécialisé dans la politique monétaire. En cause : le climat politique américain, les incertitudes budgétaires et une instabilité géopolitique qui pousse les banques centrales à revoir leur copie.
Seuls 5 % des gestionnaires de réserves envisagent d'augmenter leurs avoirs en dollars, contre 18 % un an plus tôt. Une chute nette, mais pas encore une rupture : plus de 80 % des banques centrales continuent de considérer le dollar comme sûr et liquide, et la majorité s'attend à ce qu'il pèse encore plus de 50 % des réserves mondiales dans dix ans. Reste que l'appétit se déplace ailleurs. L'euro séduit de plus en plus (16 % d'intentions d'achat contre 7 % en 2024), tout comme le renminbi chinois (14 % contre 2 %). Mais c'est bien l'or qui rafle la mise : 32 % des banques centrales prévoient d'en acheter à court terme, un record depuis le lancement de l'enquête il y a cinq ans, et plus de 40 % à horizon cinq à dix ans. Acheteuses nettes depuis la crise de 2008, les banques centrales pourraient même faire passer leurs réserves d'or au-delà du pic historique de 1965, fixé à 38 300 tonnes.
Pas de dédollarisation à vitesse grand V, mais une diversification qui s'installe durablement, entre défiance politique et quête de valeurs refuges. L'or, lui, confirme son statut d'assurance-vie des réserves mondiales face aux tensions commerciales et aux doutes sur l'avenir du système monétaire international.
Source : La Tribune : Dédollarisation : les banques centrales troquent le billet vert pour de l’or
États-Unis : le marché du travail en berne fait vaciller les bons du Trésor
Aux États-Unis, la création d'emplois ralentit bien plus que prévu, et l'effet domino ne s'est pas fait attendre : taux obligataires et dollar changent de trajectoire en quelques heures à peine.
L'économie américaine n'a créé que 57 000 emplois en juin, très loin des 115 000 attendus par les économistes. Résultat immédiat : les anticipations d'une hausse des taux de la banque centrale américaine s'effacent, et les taux des bons du Trésor à 10 ans, qui évoluaient encore en hausse avant la publication (autour de 4,49 %), rebasculent à la baisse. Le dollar, déjà fragilisé par l'apaisement des tensions géopolitiques autour de l'Iran, chute de 0,3 % face à un panier de devises et touche un plus bas en neuf jours. Par la suite, l'onde de choc a traversé l'Atlantique, faisant refluer les taux britanniques à 10 ans de 4,816 % à 4,791 %, tandis que les taux allemands, eux, avaient grimpé en amont de la publication américaine, portés par l'attente du chiffre.
Reste une question en suspens : la courbe des taux américaine, déjà aplatie ces dernières semaines, pourrait-elle s'inverser à nouveau ? Un scénario que certains analystes n'excluent pas, sans y voir pour autant le signe d'une récession imminente. De quoi surveiller de près les prochaines statistiques économiques, qui s'annoncent décisives pour la trajectoire des marchés obligataires cet été.
Arabie saoudite : le fonds souverain peu impacté par le conflit dans la région
Coincée entre le blocage du détroit d'Ormuz et un cessez-le-feu qui a fait retomber les cours du pétrole, l'Arabie saoudite encaisse les secousses sans dévier de sa trajectoire. Le fonds souverain du royaume, cinquième plus important au monde, affiche une confiance de façade, et les chiffres le confirment en coulisses.
L'ambition du pays : plus que doubler ses actifs sous gestion d'ici 2030, pour passer de 900 à 2 000 milliards de dollars. Entre 75 et 80 % de cette manne continuera d'irriguer l'économie locale, dans des secteurs prioritaires comme le tourisme, les énergies vertes ou la logistique. Côté international, environ 20 % des capitaux voguent à l'étranger, avec une nette préférence pour le dollar et les États-Unis, où le fonds a toutefois pris ses bénéfices sur les marchés actions ces dernières années (13 milliards de dollars de portefeuille aujourd'hui, contre 57 milliards à son pic fin 2021). De quoi dégager des liquidités à réinvestir ailleurs, notamment dans la tech et le spatial. En France, le pays a déjà posé environ 9 milliards d'euros sur la table depuis l'ouverture de son bureau parisien il y a un an.
Reste une question à horizon 2027 : les élections françaises confirmeront-elles l'attractivité du pays aux yeux des investisseurs du Golfe ? Le précédent britannique, où le Brexit n'avait pas fait fuir les capitaux saoudiens bien longtemps, incite à l'optimisme.
Source : Les Echos: Arabie saoudite : le fonds souverain peu impacté par le conflit dans la région





