This website requires JavaScript.

Accueil

Dossiers

Articles

Vidéos

Lexique

Comprendre l’économie et les marchés financiers pour mieux gérer votre épargne.
01.10.26

Les trois actualités de la semaine au 01.10.2026

Retour aux articles

Pouvoir d'achat : la France traverse une crise historique

Le pouvoir d’achat en France a rarement été autant sous pression. Il a en effet connu une baisse de 0,7 % en 2025, et un nouveau recul de 0,7 % est attendu sur l'année 2026. Deux années consécutives de diminution représentent un scénario que la France n'a connu que deux fois depuis le début des statistiques en 1960 ; la première étant le tournant de la rigueur de 1983-1984, la seconde prenant place juste après de la crise financière entre 2010 et 2013. Pour une famille avec deux enfants, la perte réelle depuis 2024 atteint en moyenne 1 200 euros et pour une personne seule, 600 euros.

Pourquoi un tel choc ? La réponse remonte à l'inflation post-2021 : depuis 2019, les prix ont grimpé de 21,3 %, quand les salaires n'ont progressé que de 18,7 %, un écart inédit depuis les années 1980. La hausse des salaires réels, pourtant devenue la norme génération après génération (+1,5 % par an dans les années 1980, +2,2 % dans les années 1990, +1,6 % dans les années 2000, +1,2 % dans les années 2010), s'est brutalement arrêtée. Et la France n’est pas seule dans ce tourbillon. Depuis 2021, les salaires réels ont reculé de 2 % en zone euro, et 1,5 % aux États-Unis.

Jusqu’à présent, dans l’hexagone, ce recul salarial a été masqué par deux amortisseurs. D'une part, la masse salariale totale a progressé de 4 % depuis 2019, portée par davantage d'actifs en poste, même moins bien payés. D'autre part, les transferts sociaux (retraites indexées, suppression de la taxe d'habitation et de la redevance audiovisuelle) et les revenus du patrimoine, qui sont dopés par un marché boursier en pleine forme et de généreux dividendes en 2024. Toutefois, ces deux supports étaient extrêmement fragiles, et ont été sapés par une remontée du chômage (de 7,2 % début 2023 à 8,3 % aujourd'hui), et un reflux des dividendes depuis l'entrée en vigueur d'une nouvelle contribution sur les hauts revenus.

Ainsi, face à cette situation inédite, la population française ajuste ses comportements : épargne de précaution à des niveaux records, recours accru aux marques de distributeur (jusqu'à 45 % des achats dans certaines catégories), arbitrages entre dépenses du quotidien et petits plaisirs exceptionnels. Du côté de l'État, la marge de manœuvre est tout aussi étroite : la dette limite les capacités de compensation, et le budget 2027 pourrait même désindexer les retraites les plus élevées et la prime d'activité.

Source : Le Monde : Pouvoir d'achat : la France traverse une crise historique

États-Unis : taux obligataires au plus haut depuis 24 ans

Le taux des bons du Trésor à 10 ans américain a franchi la barre des 5,3 %, son plus haut niveau depuis 24 ans, un sommet non atteint depuis l'éclatement de la bulle internet dans les années 2000.

Plusieurs forces endogènes ont été l’engrenage de cette hausse inédite. D’abord, une dette publique Outre-Atlantique toujours plus lourde, ensuite, des investissements colossaux dans l'intelligence artificielle qui dopent la croissance mais aussi les besoins de financement, et enfin, des barrières commerciales grandissantes qui alimentent l'inflation. S'ajoutent à cela des facteurs exogènes qui font grimper le prix de l’énergie : les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, fruit de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, ont fait monter le baril de référence international proche des 100 dollars, et ont hissé le prix du diesel à des niveaux records. En conséquence, le coût des crédits immobiliers et des emprunts obligataires des grandes entreprises américaines augmentent à une vitesse folle. La Fed (Federal Reserve, banque centrale américaine), elle, a déjà relevé ses taux à l'unanimité ce mois-ci, et plusieurs nouvelles hausses sont désormais attendues sur les douze prochains mois.

Les marchés actions tiennent bon, portés par des résultats d'entreprises solides, mais l'équilibre reste fragile. Si la banque centrale doit durcir davantage sa politique pour ramener l'inflation vers son objectif de 2 %, la Bourse pourrait en pâtir à son tour.

Source : The Wall Street Journal : États-Unis : taux obligataires au plus haut depuis 24 ans

Lithium : les cours chinois de nouveau en baisse

Après un répit en 2025, les cours de lithium ont de nouveau plongé en Chine, perdant 25 % sur le seul mois de septembre. À la Bourse de Guangzhou, la tonne de carbonate de lithium est tombée sous les 120 000 yuans (17 900 dollars), contre 160 000 yuans (23 860 dollars) en tout début de mois. Cela fait suite à un effondrement du métal blanc de 80 000 à 10 000 dollars en 3 ans (de 2022 à 2025). La demande avait rebondi l’année dernière, mais cette nouvelle chute prouve qu’elle est déjà en train de s’essouffler.

Les perspectives d’une hausse des cours du lithium s'étaient améliorées grâce à l'essor des voitures électriques et aux besoins de stockage liés à l'intelligence artificielle. Cependant, aujourd’hui, le doute s'installe sur la capacité du marché à absorber l'actuelle production, à cause d’une surcapacité massive de l'industrie chinoise des batteries, que Pékin tente de freiner en suspendant des projets d'usines et en taxant la consommation de lithium. À cela s’ajoutent un contexte macroéconomique morose, la hausse mondiale des taux et le durcissement des barrières commerciales, aux États-Unis comme dans l'Union européenne. Une étude a même révélé des stocks industriels de lithium chinois bien plus élevés qu'anticipé, de quoi semer un peu plus le doute sur l'état réel de la demande, participant à la baisse de la valorisation de ses cours.

Pourtant, tous les observateurs ne partagent pas ce pessimisme : certains analystes jugent la baisse davantage liée au sentiment des investisseurs, et continuent de tabler sur un déficit du marché en 2026 qui aurait un effet positif sur la demande et tirerait ainsi les cours vers le haut. Le secteur du stockage d'énergie à grande échelle (des batteries géantes à côté d'une centrale de panneaux photovoltaïques) carbure également à plein régime, avec des livraisons de cellules presque doublées depuis janvier, consistant en un autre signal d’un potentiel retour de la demande.

Source : Les Echos: Lithium : les cours chinois de nouveau en baisse