Baisse de la pression sur la rentabilité du crédit pour les banques
Dans un contexte économique en tension, soumis à l’inflation, à la hausse des taux d’intérêts de la Banque centrale européenne et à la baisse du pouvoir d’achat, la production de crédit immobilier s’est effondrée de près de 40 % sur un an. La baisse des prix n’a pas compensé la baisse de la capacité d’emprunt des ménages notamment, conduisant les banques à vendre à pertes. D’après La Tribune “La plupart des réseaux bancaires ont connu des baisses de plus de 20 % de leur marge nette d’intermédiation au premier semestre.”
Sans assouplissement sur les règles d’octroi de crédit immobilier, la demande n’a pas suivi et le niveau de production s’est effondré, provoquant par ailleurs un coup de frein sur le marché de l’immobilier. Si la Banque de France n’a pas assoupli les conditions d’octroi, c’est, comme elle l’indique, pour ne pas faire exploser le taux d’endettement des ménages et augmenter le risque de défaut. Toutefois, la récente hausse des barèmes devrait permettre aux banques d’éviter la situation de vente à perte et devrait permettre de stabiliser la production du crédit. C’est en tout cas ce qu’anticipe le Haut Conseil de Stabilité Financière.
Si les conditions s’améliorent pour les banques, la profitabilité ne se reflète pas encore dans la production de crédits. En effet, depuis l’été 2022, les banques ont sacrifié la rentabilité face à un taux de refinancement élevé pour maintenir le volume de production de crédits. Aujourd’hui, le taux moyen des crédits immobiliers, toutes durées confondues et hors assurances, s’établit à 3,8% en août dernier (contre 1,22% deux ans auparavant), soit une hausse deux fois plus forte depuis janvier que sur l’ensemble de l’année 2022.
Le moral des ménages en berne à la rentrée
Après une phase de stabilisation en août, le moral des ménages français a légèrement baissé au mois de septembre. En cause : une préoccupation croissante quant à leur stabilité financière et leur niveau de vie. L’indicateur de confiance des ménages a chuté à 83 points, soit une baisse de deux points par rapport aux mois précédents, restant bien en dessous de la moyenne à long terme de 100.
Les perspectives financières futures et passées ont été perçues de manière plus négative, mais malgré tout, les ménages sont légèrement plus optimistes quant à leur capacité à épargner.
Concernant la situation économique en France, les ménages sont de moins en moins convaincus que les choses s’amélioreront dans les douze prochains mois. Ils estiment également que leur niveau de vie s’est dégradé au cours de l’année précédente.
De plus, les inquiétudes concernant le chômage continuent de croître pour le troisième mois consécutif, même si elles restent en dessous de la moyenne à long terme. Enfin, face à l’inflation, de plus en plus de ménages anticipent une accélération des prix au cours des prochains mois.
Emprunt record de la France sur les marchés en 2024
En 2023, l’État français levait 270 milliards d’euros de dette sur les marchés financiers. L’Agence France Trésor a annoncé ce mercredi que ce montant s’établira à 285 milliards d’euros en 2024, un record alors que les besoins en financement sont moins élevés que l’an dernier. En 2024, l’Etat devra trouver un total de 299,7 milliards d’euros pour financer son budget de 2024.
Si l’emprunt est record, l’Etat réalise toutefois une économie de plus de 10 milliards d’euros en comparaison de 2023, sous l’effet de la baisse de son déficit qui passe de 172,1 milliards d’euros à 144,5 milliards. Si l’emprunt reste important, c’est avant tout car l’excédent du trésor accumulé en 2020 a été consommé. Il n’est donc plus possible de faire appel à cette ligne budgétaire.
En parallèle, l’État devra amortir un montant de dette arrivant à échéance plus élevé en 2024, portant la charge budgétaire de la dette en augmentation à 52,2 milliards d’euros en 2024. Une situation qui suscite des questionnements en pleine période de montée des taux d’intérêt sur les marchés financiers.
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