Choc pétrolier : inflation à 2 % et croissance sous pression
Les tensions au Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz, par lequel transitent 20 % de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié, ont provoqué une flambée des cours des hydrocarbures qui se répercute sur l'ensemble de l'économie mondiale. Le gazole a ainsi bondi de 45 centimes en moins d'un mois.
Les effets se font déjà sentir sur les prix à la consommation : l'inflation, tombée à 0,9 % en 2025, devrait repasser au-dessus des 2 % au printemps selon l'Insee, principalement sous l'effet de la hausse des carburants et du gaz de chauffage. La propagation aux autres secteurs reste pour l'instant limitée, à l'exception du transport aérien, pénalisé par le kérosène. Mais les entreprises ne pourront pas indéfiniment absorber la hausse des coûts sans la répercuter sur leurs prix. Côté croissance, chaque hausse durable de 10 dollars du baril équivaut à environ 0,1 point de PIB en moins. Si les cours se maintiennent autour de 100 dollars jusqu'en juin, l'impact sera bien plus fort au second semestre, voire en 2027. Quant au scénario le plus pessimiste de la BCE, il table sur une inflation à 4,8 % dans la zone euro en 2027. C’est certes loin du pic de 7,3 % de 2022-2023, mais suffisant pour envisager une remontée des taux uniquement à partir de juin.
La France dispose de quelques atouts : ses contrats énergétiques de long terme lui permettent de retarder l'impact, et ses industries les plus consommatrices d'énergie pèsent moins dans son tissu économique que chez son voisin allemand. Des secteurs comme l'armement, l'aéronautique ou l'énergie pourraient même tirer leur épingle du jeu. Mais tant que le conflit au Moyen-Orient n'est pas résolu, l'incertitude demeure entière.
Source : Libération : Choc pétrolier : inflation à 2 % et croissance sous pression
Droits de douane US : un an après, la France résiste, l’Europe patauge
Il y a tout juste un an, le 2 avril 2025, les États-Unis relevaient leurs droits de douane contre leurs partenaires commerciaux. Selon une note de conjoncture de l'Insee publiée fin mars, le déficit de la balance des biens et services américaine est retombé à -2,3 % du PIB au second semestre 2025, contre -3,1 % en 2024, un niveau qu'on n'avait plus vu depuis avant le Covid. Ce redressement repose principalement sur un fort recul des importations américaines (+2,5 % en 2025 contre +5,2 % l'année précédente), tandis que les exportations, elles, sont restées quasi stables. En particulier, le solde commercial américain vis-à-vis de l'UE s'est amélioré de 27 milliards de dollars sur un an.
Dans ce tableau difficile, la France tire son épingle du jeu. L'amélioration du solde américain à son égard ne s'est limitée qu'à 1,7 milliard de dollars, une fraction du choc subi par ses voisins. Les secteurs aéronautique (+21 % sur un an) et pharmaceutique (+7 %) ont servi de bouclier, compensant les pertes enregistrées sur les boissons (-20 %), les parfums et cosmétiques (-19 %), ou encore les produits chimiques (-6 %).
L'automobile allemande, elle, a lourdement souffert : les exportations outre-Atlantique ont plongé de 9,3 %, faisant de Berlin l'une des principales victimes avec un solde dégradé de 6,4 milliards d'euros. L'Italie, malgré une hausse de ses exportations pharmaceutiques spectaculaire (+56 %), affiche un bilan similaire, plombée par une explosion de ses importations américaines (+35,9 %). Un an après le choc douanier, la carte de l'Europe se redessine : la France résiste, mais la partie est loin d'être terminée.
Source : La Tribune : Droits de douane US : un an après, la France résiste, l’Europe patauge
Métaux critiques : l'Australie, le filon stratégique de l'Europe
La guerre des métaux est lancée. Depuis avril 2025, la Chine a restreint ses exportations de terres rares vers l'Occident, mettant sous tension des filières entières, avec en tête notamment : batteries, moteurs électriques, éoliennes. Dans ce contexte, une alternative s'impose naturellement : l'Australie. Ce géant minier détient parmi les plus grandes réserves mondiales de lithium, terres rares et uranium, trois métaux jugés stratégiques pour la transition énergétique et l'industrie. La France n'a pas attendu un accord européen pour agir : un partenariat bilatéral a été conclu, et ce depuis l’été 2023.
Le travail franco-australien avance sur trois fronts. Le lithium d'abord : l'Australie en extrait plus de la moitié de la production mondiale, mais la chaîne de transformation reste à 70 % entre les mains chinoises. Pour changer la donne, un fonds public dédié aux métaux critiques vient d'injecter 50 millions d'euros dans un projet minier australien de lithium, avec une option pour rapatrier une partie de la production en Europe dès que les capacités de raffinage seront disponibles. Les terres rares ensuite, indispensables aux aimants permanents des voitures électriques et des turbines offshores : la Chine contrôle près de 90 % du marché mondial, mais le secteur français du raffinage, en train de construire une usine dans le Sud-Ouest, apporte déjà une assistance technique à un projet sur place. L'uranium, enfin, complète ce triptyque : la France s'approvisionne déjà en Australie, et d'autres acteurs du secteur commencent à explorer les opportunités locales.
À l'échelle internationale, l'Australie est désormais intégrée aux discussions du G7 pour la création d'un "club d'approvisionnement" visant à réduire la dépendance à Pékin. Canberra envisage même la constitution de réserves stratégiques. Le chantier est immense : construire une chaîne d'approvisionnement alternative à la Chine, du sous-sol australien jusqu'aux usines européennes, prendra des années. Mais les fondations ont été posées.
Source : Les Echos : Métaux critiques : l'Australie, le filon stratégique de l'Europe





