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Comprendre l’économie et les marchés financiers pour mieux gérer votre épargne.
17.04.26

Les trois actualités de la semaine au 16.04.2026

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Guerre en Iran : le FMI revoit la croissance mondiale à la baisse

Dans ses prévisions publiées mi-avril, le FMI abaisse la croissance mondiale à 3,1 % pour 2026, contre 3,4 % avant le début des hostilités fin février. L'inflation, elle, repart à la hausse à 4,4 %. Un scénario qui repose sur l'hypothèse d'un conflit « limité dans sa durée, son intensité et son étendue », avec des perturbations ne dépassant pas la mi-2026.

Dans le détail, les impacts varient fortement selon les régions. Aux États-Unis, la croissance passerait de 2,1 % à 2,3 %, soutenue par la dépense publique et les baisses de taux de 2025, mais au prix d'un déficit budgétaire qui se creuserait encore à 7,5 % du PIB. En zone euro, c'est l'inverse : la hausse des prix de l'énergie pèse sur l'industrie, et la croissance reculerait de 1,4 % à 1,1 %. L'Allemagne tirerait son épingle du jeu grâce à sa relance budgétaire (de 0,2 % à 0,8 %), tandis que la France stagnerait à 0,9 %. Dans le Golfe, malgré la flambée des cours du pétrole, les destructions et la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz plomberaient l'activité : le Qatar et l'Irak accuseraient des reculs de PIB de 8,6 % et 6,8 %. Pour les banques centrales, l'équation est redoutable : contenir l'inflation sans étouffer une croissance déjà fragile, alors que la dette publique mondiale atteint un record historique à 93,9 % du PIB.

Le FMI n'exclut pas un scénario plus sombre, avec une croissance tombant à 2 % et une inflation dépassant 6 % d'ici 2027. Et même dans le cas le plus favorable, la croissance mondiale s'installerait durablement sous sa moyenne de 3,7 % observée entre 2010 et 2019 : pas plus de 3,1 % par an jusqu'en 2031. Recul du commerce international, tensions géopolitiques, montée du protectionnisme… En 2026, le monde entre dans une ère de croissance structurelle plus faible, où chaque choc laisse des cicatrices plus profondes.

Source : Le Monde : Guerre en Iran : le FMI revoit la croissance mondiale à la baisse

France : vague de surendettement inquiétante

En mars, le nombre de dépôts a bondi de 17,8 % sur un an, atteignant 15 865 dossiers selon la Banque de France. Une accélération qui s'inscrit dans une tendance déjà marquée : sur l'ensemble du premier trimestre, la hausse atteint 14,1 %, après une année 2025 déjà en forte progression.

Plusieurs facteurs expliquent cette flambée. D’une part, la fin de la trêve hivernale, qui rouvre la possibilité d'expulsions locatives, pousse de nombreux ménages en difficulté à se tourner vers les associations d'accompagnement. D’autre part, les dettes liées au logement ont tout particulièrement explosé ces derniers mois. Et enfin, au-delà du calendrier, c'est l'anxiété économique ambiante qui semble jouer un rôle déterminant. Le spectre d'une nouvelle poussée inflationniste, alimenté notamment par la hausse des carburants et les tensions géopolitiques, a pu inciter des personnes déjà fragiles à franchir le pas du dépôt de dossier. Les demandes d'information et d'accompagnement ont d'ailleurs progressé de 6,6 % sur un an au premier trimestre, signe que la prise de conscience s'élargit. Autre signal d'alerte, les inscriptions au fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers ont augmenté de près de 7 % en mars.

Une question se pose cependant : cette hausse traduit-elle un effet de rattrapage, porté par une meilleure communication et un recours plus précoce aux dispositifs d'aide, ou révèle-t-elle une dégradation structurelle de la santé financière des ménages français ? Dans un contexte où le pouvoir d'achat reste sous pression et les incertitudes économiques persistent, la réponse pourrait bien se dessiner dans les prochains mois.

Source : Les Echos : France : vague de surendettement inquiétante

 

Chimie : l'industrie européenne dans un feu croisé sino-américain

Prise en étau entre la flambée des coûts liée à la guerre en Iran, la concurrence chinoise et un déficit de compétitivité énergétique face aux États-Unis, la chimie française n’est pas au top de sa forme. Le secteur, vital pour l'automobile, la pharmacie, la construction ou encore la cosmétique, ne se risque même plus à formuler de prévisions pour 2026.

La production chimique a encore reculé de 1,5 % en France en 2025, tandis que le chiffre d'affaires de la filière glissait sous les 101 milliards d'euros (-1,3 %). Sa contribution à la balance commerciale a chuté de 17,6 % en un an, passant de 19 à 15,6 milliards d'euros. À l'échelle européenne, le tableau est tout aussi sombre : 9 % des capacités de production ont été perdues en quatre ans, dont 14 % dans la seule pétrochimie. Les usines encore en activité tournent à 75 % de leurs capacités depuis plus de trois ans, bien en dessous du seuil de rentabilité de 80 %. En cause : des clients européens qui se sont tournés vers la Chine, où l'offre est moins chère, et un investissement en chute libre — de 6,1 milliards d'euros en 2023 à 3,6 milliards attendus en 2026, dont à peine un quart dédié à la croissance.

Pour inverser la tendance, le secteur réclame des mesures fortes : énergie compétitive, défense commerciale contre le dumping, préférence européenne dans la commande publique et soutien à l'innovation. Mais le temps presse : la Chine, qui détient déjà 46 % du marché mondial contre 13 % pour l'Europe, remonte toute la chaîne de valeur et pourrait dominer l'ensemble des segments d'ici 2030.

Source : Challenges : Chimie : l'industrie européenne dans un feu croisé sino-américain