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Comprendre l’économie et les marchés financiers pour mieux gérer votre épargne.
02.04.26

Les trois actualités de la semaine au 02.04.2026

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Wall Street : chute de la bourse après trois semaines de répit

La bourse américaine vient de céder après trois semaines de résistance face au conflit au Moyen-Orient. Alors que les marchés coréens perdaient plus de 15 % depuis fin février et que le CAC 40 dévissait de près de 10 %, Wall Street encaissait le choc avec une remarquable résistance : le S&P 500 n'accusait qu'un recul de 5 % sur l'ensemble de la période. Pendant que le Brent européen explosait au-dessus des 110 dollars le baril, le brut américain (WTI) tenait sous les 100 dollars.

Or, jeudi 26 et vendredi 27 mars, le S&P 500 a perdu 3,4 % et le Nasdaq 100 plus de 4 %. Ce lundi, le WTI a franchi pour la première fois les 100 dollars le baril, signal que la digue a cédé. En cause : le report de l'ultimatum diplomatique au 6 avril laisse entendre que le conflit au Moyen-Orient pourrait s'installer dans la durée, d'autant que Téhéran dément les négociations évoquées par Washington. L'OCDE a révisé ses prévisions d'inflation à la hausse (4,2 % contre 3 % anticipé), et la Fed (Banque centrale américaine) pourrait être contrainte de relever ses taux pour contenir la flambée des prix, ce qui pèserait directement sur les résultats des entreprises. Les valeurs technologiques, longtemps épargnées, sont les premières à trinquer : les investisseurs arbitrent vers des secteurs jugés plus défensifs.

L'ombre de la récession commence elle aussi à planer. Épargne des ménages au plus bas, déficit public record : une nouvelle hausse des prix pourrait, cette fois, déboucher sur une contraction de la consommation. Certains établissements financiers estiment la probabilité d'un ralentissement à 30-35 % sur les douze prochains mois. Plus le conflit s'étire, plus la solidité du marché du travail et les investissements dans l’IA peineront à se faire sentir.

Source : La Tribune : Wall Street : chute de la bourse après trois semaines de répit

 

Grèce : grand retour dans le club des marchés développés

Treize ans. C'est le temps qu'il aura fallu à la Grèce pour regagner sa place parmi les économies développées sur l'échiquier boursier mondial. Le fournisseur d'indices financiers MSCI a annoncé mardi soir le reclassement du pays méditerranéen, le faisant passer du statut de "marché émergent" à celui de "marché développé", et ce en une seule étape, d'ici mai 2027. Un retour au premier plan hautement symbolique pour une économie qui avait été dégradée au plus fort de la crise des dettes souveraines, il y a plus d'une décennie.

Suite à la crise des subprimes, le pays avait imposé un contrôle des capitaux, suspendu sa Bourse pendant cinq semaines, et vu ses valorisations s'effondrer tandis que les investisseurs étrangers fuyaient. Aujourd'hui, le tableau est radicalement différent : la capitalisation boursière grecque a clôturé 2025 à 146,8 milliards d'euros, un niveau inédit depuis 2008, dépassant même celles du Portugal ou de l'Irlande. Le volume quotidien des transactions a bondi de 60 % en un an, porté par une participation historique des investisseurs étrangers. La décision de reclassement s'inscrit dans une série de signaux positifs : les principales agences de notation ont toutes ramené le pays en catégorie "investissement" ces trois dernières années, et d'autres grands indices l'avaient déjà réintégré dans les mois précédents.

Ce reclassement ouvre la porte à un réservoir de capitaux colossal : estimé à 18 300 milliards de dollars, il devrait attirer de nouveaux fonds indiciels vers les sociétés grecques. Mais l'enthousiasme reste mesuré : seules quelques grandes valeurs ont la taille suffisante pour figurer dans l'indice développé, et les plus petites entreprises cotées risquent de passer sous les radars des grands gestionnaires. À très court terme, les analystes anticipent même une sortie nette d'environ 300 millions de dollars, les fonds spécialisés sur les marchés émergents n'étant pas autorisés à conserver des actions de marchés développés.

Source : Les Echos : Grèce : grand retour dans le club des marchés développés

 

Or et bons du Trésor : la crise énergétique force les grandes liquidations

La guerre au Moyen-Orient ne fait pas que secouer les prix du pétrole : elle pousse aussi plusieurs banques centrales à liquider leurs actifs en urgence. Depuis le déclenchement du conflit, des institutions en Turquie, en Inde et en Thaïlande ont vendu pour des dizaines de milliards de dollars de bons du Trésor américains et d'or.

La raison ? Pour les pays importateurs de pétrole, la facture énergétique explose. Le baril de Brent a plus que doublé depuis le début des hostilités, pour dépasser les 110 dollars. Pour y faire face, leurs banques centrales ont une solution : puiser dans leurs réserves. Concrètement, vendre des obligations étrangères permet de financer l'État et de rassurer les marchés sur la soutenabilité de la dette nationale. Le cas turc est légèrement différent : acheter des dollars pour importer du pétrole risque de faire chuter la livre turque, ce qui renchérirait encore davantage l'énergie en monnaie locale. Pour éviter ce cercle vicieux, la banque centrale a préféré vendre une partie de ses réserves d'or (environ 60 tonnes en deux semaines seulement) pour racheter sa propre devise et en soutenir le cours. Au total, la valeur des bons du Trésor détenus par des institutions officielles a chuté de 82 milliards de dollars en quelques jours.

Ces ventes massives soulèvent une question : l'or va-t-il en pâtir durablement ? L’histoire n’est pas de cet avis. Les banques centrales reviennent généralement toujours à l'achat après les crises, comme ce fut le cas après 2020. Paradoxalement, c'est la crise elle-même qui pourrait relancer la demande : en fragilisant les finances publiques et en alourdissant les dettes souveraines, elle devrait, à terme, inciter les banques centrales à reconstituer leurs réserves d'or pour sécuriser leur monnaie.

Source : La Tribune : Or et bons du Trésor : la crise énergétique force les grandes liquidations