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Comprendre l’économie et les marchés financiers pour mieux gérer votre épargne.
19.03.26

Les trois actualités de la semaine au 19.03.2026

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Fed : le statu quo face à la tempête énergétique

Dans une décision adoptée à 11 voix contre une, la banque centrale américaine (Fed) maintient ses taux directeurs dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 %. La raison ? Une inflation qui repart à la hausse (projetée à 2,7 % fin 2026) et un contexte géopolitique qui brouille les cartes. Résultat : la posture officielle se résume en deux mots : "wait and see."

Les projections révisées de la Fed témoignent d'un équilibre fragile. La croissance américaine est attendue à 2,4 % et le taux de chômage se maintient à 4,4 %, signaux d'une économie plutôt robuste. Mais c'est du côté de l'énergie que le bât blesse : depuis l'embrasement au Moyen-Orient fin février, le détroit d'Ormuz est paralysé, les cours du brut s'envolent et la pression sur les prix à la pompe s'intensifie. Face à cela, l'exécutif américain a annoncé plusieurs mesures d'urgence, dont la suspension temporaire de 60 jours de certaines restrictions sur le transport de carburant. Une façon de gagner du temps, sans pour autant agir sur les taux.

La tension monte aussi sur le plan politique : l'indépendance de la banque centrale est de plus en plus questionnée, avec des appels répétés à accélérer les baisses de taux. Mais pour l'instant, la Fed tient bon. Sauf retournement économique majeur, aucun assouplissement monétaire n'est attendu avant le second semestre.

Source : La Tribune : Fed : le statu quo face à la tempête énergétique

Brésil : première baisse des taux en deux ans, avec prudence

Pour la première fois depuis près de deux ans, la banque centrale brésilienne a abaissé son taux directeur de référence de 25 points de base, le ramenant de 15 % à 14,75 %. Une décision attendue de longue date, dans un contexte de ralentissement de l'inflation vers la cible officielle de 3 %. Mais la guerre en Iran et la flambée du pétrole qui en découle ont contraint l'institution à prescrire une dose homéopathique, là où les marchés espéraient une coupe deux fois plus importante.

Avec un baril aux alentours de 110 dollars, les prix des transports et du diesel risquent de s'envoler, et avec eux, une partie des gains sur l'inflation. La banque centrale assume donc une posture « sereine et prudente », d'autant que la Fed américaine a elle aussi décidé de maintenir ses taux inchangés. Le cycle de baisse devrait se poursuivre dans les prochains mois, mais les analystes revoient leurs ambitions à la baisse : une cible autour de 13 à 13,5 % d'ici fin d'année, contre 12 % envisagés précédemment. Reste que les taux réels brésiliens, proches de 10 %, demeurent parmi les plus élevés des pays émergents — derrière la Turquie, mais devant la Russie et l'Argentine.

Pour les entreprises, le soulagement est réel, mais relatif. Les taux restent à leur plus haut niveau depuis vingt ans, ce qui continue de peser lourdement sur les bilans. Le patronat brésilien salue le geste, tout en maintenant la pression : sans discipline budgétaire, impossible d'espérer des baisses suffisamment profondes pour débloquer l'investissement et redonner de l'oxygène à l'industrie.

Source : Les Echos : Brésil : première baisse des taux en deux an, avec prudence

Diesel et Kérosène : les prix s'envolent encore plus vite que le baril

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les prix à la pompe s'emballent. Et pas de la même façon pour tous les carburants : le diesel et le kérosène grimpent bien plus vite que le baril de brut. En France, le gazole a bondi de 31 centimes depuis le 28 février pour atteindre 2,01 euros le litre, tandis que l'essence n'a progressé "que" de 16 centimes. Aux États-Unis, le diesel a franchi la barre des 5 dollars le gallon pour seulement la deuxième fois de l'histoire. La cause ? Un détroit d'Ormuz paralysé, par lequel transitaient chaque jour 10 % du commerce mondial de diesel et 20 % des carburants d'aviation.

Cette flambée s'explique par la structure même du marché des produits raffinés. Contrairement au brut, les distillats comme le gazole et le kérosène sont peu flexibles : une perturbation dans une région productrice clé suffit à tendre l'ensemble du marché mondial. Or, le Moyen-Orient concentre des capacités de raffinage particulièrement adaptées à ces produits, massivement exportés vers l'Asie et l'Europe. L'Europe est doublement fragilisée : après avoir perdu l'approvisionnement russe suite à la guerre en Ukraine, elle s'est fortement repositionnée sur le Golfe Arabo-Persique, et se retrouve aujourd'hui en première ligne. Pour le kérosène en particulier, le risque de pénurie physique est évoqué à horizon de quelques semaines sur le Vieux Continent.

Les conséquences concrètes se font déjà sentir. Le transport de marchandises, l'agriculture, l'industrie et l'aviation absorbent de plein fouet la hausse. Certaines compagnies aériennes ont relevé leurs tarifs ou ajouté des surcharges carburant, et des réductions de programmes de vols pourraient suivre. À l'échelle mondiale, la demande de pétrole en mars-avril devrait être inférieure d'environ 1 million de barils par jour aux prévisions initiales.

Source : Le Monde : Diesel et Kérosène : les prix s'envolent encore plus vite que le baril