2026 : L'optimisme micro-économique à l'épreuve des taux longs
Si 2025 fut une année de résilience marquée par l'incertitude des droits de douane, 2026 devrait offrir un horizon plus dégagé, porté par une double détente budgétaire et monétaire.
Les perspectives pour 2026 s'annoncent ainsi particulièrement robustes. Les projections placent la croissance des bénéfices par action dans le haut de la fourchette historique : plus de 10 % pour les indices européens, 15 % aux États-Unis et jusqu'à 18 % pour le Nasdaq.
L'enjeu est désormais de confronter cette dynamique micro-économique au cadre macro-économique.
Le retour du soutien budgétaire
Aux États-Unis, le cadre budgétaire redevient un moteur puissant.
L'administration prépare le terrain avant les élections de mi-mandat avec le "One Big Beautiful Bill Act", un paquet de mesures incluant notamment des chèques destinés aux ménages les moins aisés. Ce soutien direct s'ajoute à un "effet richesse" notable : la forte progression des indices boursiers donne aux ménages un sentiment d'aisance qui, couplé à la baisse du prix du pétrole, soutiendra la consommation.
Cette dynamique de relance est mondiale.
La Chine a également activé ses propres leviers budgétaires. En Europe, la surprise pourrait venir d'un rééquilibrage : alors que les pays périphériques tiraient jusqu'ici la croissance, l'Allemagne sort de sa léthargie. Après des PIB négatifs, Berlin revient à la neutralité et devrait désormais apporter une contribution positive au soutien européen.
Le bémol obligataire : la fin de l'argent japonais
Ce tableau idyllique comporte toutefois un bémol majeur qui appelle à la vigilance : la baisse des taux courts n'entraîne pas pour l'instant celle des taux longs.
Ce blocage s'explique par les déficits budgétaires, mais surtout par un changement de paradigme au Japon. L'époque où l'archipel servait de source de liquidités mondiale grâce à des taux zéro est révolue.
Avec des taux remontés à plus de 3 %, les investisseurs japonais privilégient désormais leur marché domestique.
Cette contribution japonaise, essentielle pour acheter les obligations occidentales, a disparu. De même, la spéculation sur l'endettement en yen bon marché (carry trade) s'est tarie.
Cap sur les émergents
Dans ce contexte, nous maintenons nos convictions sur les marchés émergents pour ce début 2026.
Sur le front des actions, deux thématiques se dégagent : l'Asie émergente, incontournable pour jouer la chaîne de valeur de l'intelligence artificielle, et l'Amérique latine, portée par les besoins en matières premières et métaux.
Enfin, il ne faut pas négliger la dette émergente. Souvent moins médiatisée, cette classe d'actifs a été un gros contributeur à la performance l'an passé et reste un axe fort de notre allocation.
Les analyses et les opinions mentionnées représentent le point de vue de l'auteur. Elles ont été émises en décembre 2025 et sont susceptibles d'évoluer. Elles ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. Les références à des valeurs mobilières, des secteurs ou des marchés spécifiques dans le présent document ne constituent en aucun cas un conseil en investissement, une recommandation ou une sollicitation d'achat ou de vente de valeurs mobilières, ou une offre de services. Tout investissement comporte des risques, y compris le risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.





