Fed : les taux d'intérêts américains restent figés
La banque centrale américaine (Fed) a tranché, l'heure n'est donc pas à l'assouplissement : les taux directeurs restent inchangés, dans une fourchette comprise entre 3,5 % et 3,75 %. Cette décision marque une mise en pause du cycle de baisse des taux entamé fin 2024, et est justifiée par une économie jugée robuste et une inflation encore trop élevée pour relâcher la pression monétaire.
Dans le détail, le comité de politique monétaire s'appuie sur une croissance toujours soutenue, mais atypique : l'activité résiste sans véritable dynamique de créations d'emplois. L'inflation, elle, demeure relativement élevée, freinant toute précipitation. Le statu quo a été adopté à une large majorité (10 voix contre 2), signe d'un consensus interne fort. Les dissensions restent marginales et plaident pour une baisse limitée de 25 points de base, loin d'un virage monétaire massif. En clair, la banque centrale préfère attendre des signaux plus nets avant d'agir, quitte à prolonger l'incertitude sur les marchés.
Cette prudence est renforcée par un contexte politique tendu, marqué par les débats autour de la future présidence de l'institution et par une pression croissante de l'exécutif pour accélérer les baisses de taux. En toile de fond, un enjeu majeur se dessine : préserver l'indépendance de la politique monétaire, alors même que l'inflation américaine reste alimentée par les droits de douane. Sauf retournement économique, aucune baisse des taux n'est désormais attendue au premier semestre, repoussant les espoirs de détente monétaire à la seconde moitié de l'année.
Source : La Tribune : Fed : les taux d'intérêts américains restent figés
Or : 5 000 dollars l'once, nouveau cap historique
Dans un monde secoué par les tensions géopolitiques, commerciales et monétaires, les investisseurs trouvent abri dans les métaux précieux. L'or vient ainsi de franchir pour la première fois la barre symbolique des 5 000 dollars l'once, confirmant son statut de valeur refuge ultime. En l'espace de deux ans, son prix a plus que doublé, passant d'un peu plus de 2 000 dollars début 2024 à un sommet autour de 5 090 dollars, tandis que les marchés financiers et certaines devises majeures vacillent face à l'incertitude politique mondiale.
Cette ruée ne concerne pas uniquement l'or : l'argent, dopé à la fois par son rôle de valeur refuge et par une demande industrielle croissante (électronique, solaire), a lui aussi explosé, dépassant les 100 dollars l'once pour atteindre près de 110 dollars. En parallèle, la défiance vis-à-vis du dollar et des obligations d'État pousse les investisseurs vers des actifs tangibles, jugés plus résistants à l'endettement massif des États et à la dépréciation des monnaies. Dans ce climat, certaines devises refuges s'apprécient fortement : le yen s'est ainsi renforcé de près de 1 % en une séance, porté par des anticipations de resserrement monétaire et par la possibilité d'interventions sur le marché des changes.
Cette quête de sécurité se fait au détriment des marchés boursiers, particulièrement en Asie, où plusieurs indices ont reculé de 1 à 2 % en une séance. Même le marché pétrolier reflète cette tension, avec des cours repartant à la hausse sous l'effet de la situation géopolitique au Moyen-Orient. Dans ce contexte instable, les métaux précieux apparaissent comme un baromètre de la peur des marchés, mais aussi comme une opportunité dorée.
Source : Le Monde : Or : 5 000 dollars l'once, nouveau cap historique
IA : la dette des grands groupes s'emballe et inquiète les marchés
La course à l'intelligence artificielle s'intensifie, et la facture commence à donner le vertige. À Wall Street, les grands groupes technologiques spécialisés dans l'IA changent de braquet : longtemps financés sur leurs abondantes liquidités, ils se tournent désormais massivement vers la dette. Une évolution qui inquiète les marchés, alors même que les retombées économiques de ces investissements restent encore floues.
En 2026, les acteurs de l'IA et leur écosystème pourraient émettre près de 400 milliards de dollars d'obligations dites "investment grade", soit un tiers de l'ensemble des émissions de dette de cette catégorie, contre seulement 7 % en 2024. Sur leurs bilans, la dette à long terme a déjà explosé, dépassant 200 milliards de dollars, après avoir été multipliée par plus de dix en un an. Et la frénésie ne s'arrête pas là : dette plus risquée, titrisation ou financement privé pourraient s'ajouter à l'ardoise, pour des montants cumulés dépassant 80 milliards de dollars supplémentaires. Une fuite en avant alimentée par une contrainte stratégique : impossible de lever le pied sur les dépenses, sous peine de laisser entendre que la bataille de l'IA est perdue.
Où est le problème ? Ces investissements colossaux peinent encore à se traduire en revenus tangibles. Pire, certaines structures de financement, logées hors bilan via des entités dédiées, brouillent la lecture réelle de l'endettement. Si les investisseurs continuent pour l'instant de considérer ces dettes comme solides, l'incertitude grandit : entre visibilité limitée sur la rentabilité future et ingénierie financière sophistiquée, la dette de l'IA pourrait bien devenir le prochain test de résistance des marchés.
Source : Les Echos : IA : la dette des grands groupes s'emballe et inquiète les marchés





