France : l'emploi privé perd du terrain pour le 5e trimestre de suite
Le marché du travail français a terminé l'année 2025 sur une note morose : l'emploi salarié privé a perdu 28 700 postes au quatrième trimestre, soit une baisse de -0,1 %, quasi identique à celle du trimestre précédent. Sur un an, ce sont 40 800 emplois qui ont disparu, marquant un cinquième trimestre consécutif de recul.
Dans le détail, le recul touche presque tous les secteurs. La construction encaisse son 12e trimestre consécutif de baisse (-0,5 %, soit -7 700 postes), tandis que l'industrie entame son 5e trimestre dans le rouge (-0,1 %, soit -3 200 postes). Le tertiaire, marchand comme non marchand, cède lui aussi du terrain. Seule l'agriculture tire brièvement son épingle du jeu ce trimestre (+2,6 %), mais sans effacer ses pertes de l'été. Résultat de cette dégradation progressive : le taux de chômage remonte à 7,9 % de la population active, son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2021, soit une hausse de 0,6 point sur un an. Bonne nouvelle cependant, les difficultés de recrutement s'atténuent dans la plupart des secteurs, signe que le marché, sous tension depuis 2021, reprend progressivement son souffle.
Il reste toutefois une nuance de taille. Malgré deux ans de repli, l'emploi salarié reste encore 5,3 % au-dessus de son niveau d'avant-Covid, soit plus d'un million de postes supplémentaires par rapport à 2019. Le taux d'activité, lui, atteint même un record historique à 75,4 %. Le marché du travail français n'est donc pas en déroute, mais bien en ralentissement plus que prolongé. Pour 2026, les projecteurs seront braqués sur le taux de chômage, attendu un peu au-dessus de 8 %, et sur la capacité des entreprises, de moins en moins freinées par les difficultés de recrutement, à retrouver le chemin de l'embauche.
Source : La Tribune : France : l'emploi privé perd du terrain pour le 5e trimestre de suite
CAC 40 : 8 600 points, sommet historique pour la Bourse de Paris
Malgré les incertitudes macro-économiques, la confiance des marchés est bel et bien de retour. La preuve : le CAC 40 (principal indice boursier de la Bourse de Paris, pondéré en fonction de la capitalisation boursière qui reflète la performance des 40 entreprises cotées sur Euronext) a franchi pour la première fois de son histoire la barre symbolique des 8 600 points. Un record absolu, porté par une vague de résultats d'entreprises bien accueillis par les investisseurs, dans un contexte où les craintes autour de l'intelligence artificielle semblent s'atténuer.
C'est une série de publications encourageantes qui a dopé l'indice parisien. L'énergie française tire son épingle du jeu avec une hausse de plus de 7 % après l'annonce d'une acquisition majeure au Royaume-Uni : 10,5 milliards de livres pour mettre la main sur le principal distributeur d'électricité britannique, soit 71 TWh distribués à 8,5 millions de clients. La construction et les télécoms affichent un bénéfice net de 1,1 milliard d'euros en hausse de 7,6 %, malgré un contexte fiscal plus contraignant. La gestion de l'énergie industrielle enchaîne un record de chiffre d'affaires grâce à l'essor des centres de données, et l'assurance renouvelle elle aussi la performance avec un chiffre d'affaires et des bénéfices records pour la deuxième année consécutive. Même le gestionnaire du tunnel sous la Manche voit l'avenir en grand, anticipant 10 millions de passagers supplémentaires d'ici 2035 et un dividende d'un euro par action en 2030.
Cependant, ce record du CAC 40 intervient dans un contexte encore fragile. Défaillances d'entreprises en hausse, croissance atone, marché de l'emploi en retrait, et une perte nette historique de 22,3 milliards d'euros pour le secteur automobile. Les marchés semblent tout de même parier sur la résilience des grands groupes français portés par l'énergie, la technologie industrielle et les services. Reste à savoir si ce record sera à nouveau battu.
Source : Le Figaro : CAC 40 : 8 600 points, sommet historique pour la Bourse de Paris
États-Unis : les 10 % de droits de douane entrent en vigueur
La Cour suprême américaine avait dit non. Donald Trump a répondu par un nouveau décret. Depuis le 24 février, un taux de 10 % s'applique sur l'ensemble des produits importés aux États-Unis, en remplacement des droits de douane "réciproques" jugés illégaux par la plus haute juridiction du pays. Pour trouver une base légale plus solide, la Maison Blanche s'est appuyée cette fois sur une loi de 1974, qui autorise l'exécutif à agir pour rééquilibrer la balance des paiements en cas de déséquilibre marqué avec ses partenaires commerciaux.
Concrètement, ce nouveau taux remplace les surtaxes indiscriminées et celles prévues par les accords commerciaux existants, mais ne touche pas aux droits sectoriels déjà en place : automobile, cuivre, bois de construction et autres secteurs stratégiques restent soumis à des taux allant de 10 % à 50 %. Les produits canadiens et mexicains couverts par le traité de libre-échange nord-américain sont également exemptés. Au total, selon les estimations de l'université Yale, le taux effectif moyen appliqué aux importations américaines s'établirait désormais autour de 13,7 %, contre 16 % avant la décision de la Cour suprême. Ce n'est pas neutre : les droits de douane invalidés vendredi avaient généré plus de 130 milliards de dollars de recettes en 2025 à eux seuls, et leur annulation ouvre la voie à de possibles remboursements pour les entreprises qui les ont acquittés.
Ce nouveau dispositif est loin d'être définitif. Le décret court jusqu'au 24 juillet, soit à peine plus de trois mois avant les élections de mi-mandat, et le Congrès devra se prononcer s'il s'agit de le prolonger. En attendant, Donald Trump a évoqué la possibilité de porter le taux à 15 %, sans avoir encore formalisé cette décision. Le bras de fer entre la Maison Blanche et le pouvoir judiciaire est donc loin d'être terminé, et les marchés devront continuer à composer avec une politique commerciale américaine qui reste, pour l'heure, en mouvement.
Source : Le Monde : États-Unis : les 10 % de droits de douane entrent en vigueur





