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Comprendre l’économie et les marchés financiers pour mieux gérer votre épargne.
13.02.26

Les trois actualités de la semaine au 13.02.2026

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France : la productivité sort enfin de sa convalescence

Après des années de décrochage post-pandémie, l'économie française amorce un redressement significatif de sa productivité du travail. En 2025, cet indicateur a progressé de 0,9 % dans le secteur marchand, retrouvant un rythme comparable à celui d'avant-crise. La productivité dépasse désormais de 2 % son niveau de fin 2019, un rattrapage nécessaire alors que la France avait accumulé un retard important vis-à-vis de la zone euro et des États-Unis.

Ce rebond cache toutefois des réalités sectorielles brutales. Le secteur de l'information-communication, dopé par le numérique et l'intelligence artificielle, affiche un bond spectaculaire de 18 % depuis 2019. À l'inverse, l'industrie agroalimentaire accuse un recul de 17 %, pénalisée par des effectifs en croissance face à une demande atone. Autre moteur de ce gain d'efficience : la fin de l'euphorie sur le marché de l'emploi, avec 55 000 postes salariés détruits en 2025 et un recul marqué de l'apprentissage.

Pour les experts, ce modèle de croissance reposant de plus en plus sur les services interroge sur sa pérennité. Si la dynamique devrait se poursuivre en 2026 et favoriser des hausses de salaires, le défi reste entier : pour Philippe Aghion, prix Nobel d'économie, le modèle social français ne sera soutenable qu'à travers une accélération massive de l'innovation.

Source : Les Echos : Productivité : le grand rattrapage de l'économie française

États-Unis : la trajectoire budgétaire jugée « non viable » par le Congrès

Malgré des recettes douanières records, les finances publiques américaines s'enfoncent dans une zone de turbulences inédite. Selon les dernières projections de l'agence budgétaire du Congrès (CBO), le déficit fédéral devrait stagner autour de 1 900 milliards de dollars cette année avant d'exploser pour franchir la barre des 3 000 milliards d'ici 2036. À cette échéance, la charge d'intérêt représentera plus des deux tiers du déficit total.

La politique de Donald Trump, mêlant droits de douane massifs et réformes fiscales, agit comme un catalyseur ambivalent. Si les tarifs douaniers devraient rapporter davantage que l'impôt sur les sociétés cette année — une première depuis 1934 — ils sont supportés à 95 % par les ménages et entreprises américaines. En parallèle, le durcissement de la politique migratoire menace de réduire la population active de 5,3 millions de résidents d'ici 2035, précipitant l'épuisement des fonds de la Sécurité sociale.

Le bilan final donne le vertige : la dette publique fédérale devrait atteindre les 120 % du PIB en 2036, frôlant les 60 000 milliards de dollars. Pour le CBO, opérer avec un tel ratio d'endettement dans un contexte de vieillissement démographique et de rivalités géopolitiques revient à un « autosabotage » financier.

Source : Les Echos : « La trajectoire budgétaire n'est pas viable » : les États-Unis foncent vers un déficit record

Énergie : la feuille de route Lecornu mise sur le nucléaire et l'agilité

Après trois ans de retard, le Premier ministre Sébastien Lecornu dévoile ce jeudi la nouvelle Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 3). Ce décret stratégique vise à porter la part de l'énergie décarbonée à 60 % de la consommation d'ici 2030, contre 42 % aujourd'hui, tout en accélérant l'électrification de l'industrie et des transports.

L'exécutif marque un virage pro-nucléaire assumé, relevant la cible de production d'EDF à une fourchette de 380-420 TWh pour 2030-2035. La PPE 3 enterre définitivement les projets de fermeture de réacteurs de l'ère précédente. Concernant les énergies renouvelables, le gouvernement joue l'équilibriste : l'ambition pour l'éolien terrestre et offshore est légèrement revue à la baisse pour apaiser les réticences locales et tenir compte d'un calendrier industriel contraint.

Pour le solaire, la cible reste volontariste avec un objectif de 55 à 80 GW en 2035, soit un quasi-triplement des capacités actuelles. Cependant, pour éviter les surcapacités qui tirent les prix de gros en territoire négatif, le rythme des appels d'offres sera modulé. Cette programmation se veut « adaptable », plafonnant les soutiens publics pour éviter les coûts inutiles tout en sécurisant la souveraineté énergétique du pays.

Source : Les Echos : Nucléaire, éoliennes, panneaux solaires… ce que contient la feuille de route de Sébastien Lecornu