Bourses asiatiques : panique historique suivi d'un rebond éclair
La confirmation du contrôle du détroit d'Ormuz par les Gardiens de la révolution iraniens a provoqué une onde de choc boursière en Asie. Ce corridor maritime, par lequel transitent 20 % du pétrole et du gaz naturel mondiaux, est devenu l'épicentre d'une panique généralisée sur l'ensemble des places de la région, avant de connaître un rebond plutôt spectaculaire.
Les chiffres de la chute parlent d'eux-mêmes. Tokyo avait reculé de 3,61 %, Hong Kong de 1,96 %, Bombay de 4,50 %, et Bangkok avait vu ses échanges brièvement suspendus après un plongeon de 8 %. Mais c'est à Séoul que la séquence avait été la plus brutale : l'indice local avait dévissé de 12,06 %, sa pire performance depuis la crise financière de 2008. La raison est simple : le Japon s'approvisionne à 95 % en pétrole dans le Golfe, la Corée du Sud à 70 %. Un blocage du détroit, même temporaire, menace directement leurs économies.
Seulement quelques jours après, les marchés ont ensuite offert un tout autre visage. Portées par des signaux positifs sur la conjoncture américaine et des déclarations optimistes sur l'évolution du conflit, les Bourses asiatiques ont toutes vivement rebondi. Séoul a effacé une large part de ses pertes avec un bond de près de 11 %, Tokyo a repris 2,2 %, Hong Kong 1 % et Taïwan 2,6 %. Une reprise spectaculaire, mais qui masque une réalité : tant que le détroit d'Ormuz reste sous tension et que la situation géopolitique au Moyen-Orient demeure imprévisible, la fébrilité des marchés n'est pas près de disparaître.
Source : Les Echos : Bourses asiatiques : panique historique suivi d'un rebond éclair
Europe : la menace de stagflation se rapproche
La flambée des prix de l'énergie, déclenchée par l'embrasement au Moyen-Orient, ravive le spectre d'un choc inflationniste et, avec lui, celui d'une stagflation en Europe (scénario où l'activité économique stagne tandis que les prix augmentent de manière significative). À New York comme sur les places européennes, les indices ont décroché de plus de 2 à 3 % en une séance, traduisant une panique généralisée des investisseurs face à la brutalité du choc.
Au cœur du problème : le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole et du gaz naturel mondial, se retrouve dans la ligne de mire du conflit. Résultat : le pétrole s'envole de plus de 8 % au-delà de 84 dollars le baril, et le gaz européen bondit de près de 31 % en une seule séance, soit 75 % depuis le vendredi précédent. Pour un Vieux Continent fortement dépendant des importations d'hydrocarbures, le choc est brutal. Et les marchés obligataires envoient eux aussi un signal d'alerte : les rendements des dettes souveraines grimpent en Allemagne comme en France, signe que les investisseurs exigent désormais une prime plus élevée pour se couvrir contre l'érosion monétaire.
Le danger va au-delà d'un simple dérapage des prix. Le vrai risque, c'est la stagflation : ce cocktail redouté de croissance atone et de tensions inflationnistes persistantes, et accessoirement le scénario redouté des années 1970. L'inflation en zone euro remontait déjà à 1,9 % en février, proche de l'objectif de la BCE, mais l'inflation sous-jacente atteignait 2,4 %. Après plusieurs baisses de taux entre 2024 et 2025, la BCE se retrouve à nouveau dans une position inconfortable : agir trop vite risque de laisser filer les prix, attendre trop longtemps pourrait étouffer une croissance déjà fragile.
Source : La Tribune : Europe : la menace de stagflation se rapproche
Automobile : le diesel ralentit, l'électrique accélère
En février 2026, les immatriculations de voitures neuves en France ont reculé de 15 % sur un an, et de 11 % depuis le début d'année. Comparé à 2019, référence d'avant-crise, quand le marché se portait toujours bien, l'effondrement est encore plus brutal : 30 % de voitures vendues en moins, soit une chute de 100 000 unités sur les deux premiers mois de l'année.
Cependant, tout n'est pas noir, et les phares d'une catégorie de véhicule plus verte éclairent une dynamique positive à l'horizon : les ventes de voitures électriques bondissent de 28 % en février, portées par le bonus écologique revalorisé et le leasing social. Elles représentent désormais 27 % des immatriculations. À l'inverse, le diesel s'effondre à 3 % du marché (-52 %), l'essence à 15 % (-48 %), notamment sous l'effet du durcissement du malus CO2 au 1er janvier 2026, qui touche désormais certaines citadines thermiques. Le marché se divise ainsi en deux vitesses : des entreprises qui verdissent leurs flottes sous la pression fiscale, et des ménages contraints de se tourner vers les véhicules d'occasion, dont les modèles de plus de 10 ans représentent désormais la moitié des transactions.
Ce pivot vers l'électrique profite à la production automobile française, en hausse de 17 % en 2025, dépassant le million de véhicules. Mais l'équation reste fragile : le marché est de plus en plus chamboulé par les décisions fiscales et réglementaires, et les incertitudes géopolitiques actuelles ne plaident pas pour un rebond spontané de la demande.
Source : Le Monde : Automobile : le diesel ralentit, l'électrique accélère





