Droits de douane : les États-Unis amorcent un séisme financier
C’est officiel, l’Amérique de Donald Trump passe en mode protectionniste XXL. Dans un discours spectaculaire, le président américain a annoncé une avalanche de droits de douane, qu’il a qualifié être “réciproques”. Le mur tarifaire imposé aux importations étrangères, dont le plancher est de 10 % et les taxes maximales allant jusqu'à 50 %, a causé un tremblement de terre sur les marchés mondiaux.
Le but ? Réinstaurer une indépendance économique Outre-Atlantique, quitte à faire tanguer le commerce mondial. Et pourtant, la facture sera salée : avec 3 200 milliards de dollars d’importations en 2024, cette hausse équivaut à une augmentation d’impôts de 300 milliards de dollars par an pour les entreprises et les consommateurs américains. Wall Street n’a pas tardé à réagir : le Nasdaq a plongé de 4 %, le S&P 500 de plus de 3 %. Pékin est en ligne de mire : les taxes sur les biens chinois atteindront 54 %, et les colis de moins de 800 dollars, qui permettaient à des entreprises de commerce en ligne d’inonder le marché américain, perdront leur exemption dès le mois de mai. Le Cambodge, le Vietnam et le Bangladesh ne sont pas en reste, avec des droits allant jusqu’à 49 %. L’Europe non plus n’est pas épargnée : avec 20 % de taxes sur ses exportations, elle voit son accès au marché américain sérieusement entravé. Encore plus surprenant, certains territoires français comme Saint-Pierre-et-Miquelon subiront un traitement plus rude que l’Iran ou Monaco.
Au total, les barrières tarifaires moyennes venant des États-Unis devraient avoisiner les 24 %, un degré de protectionnisme jamais atteint depuis les premières années du 20e siècle. Retour en arrière historique, mais dont l’efficacité économique reste à prouver. En effet, de nombreux économistes ont rappelé que le protectionnisme fut un des facteurs aggravants de la Grande Dépression il y a près de 100 ans. Donald Trump, inflexible et en désaccord, a donc imposé un ultimatum, dont l'issue est plus que floue.
Marchés : replis mondiaux en réaction aux tarifs américains
Les places boursières du monde entier ont viré au rouge après l’annonce choc de la Maison-Blanche, élevant ses droits de douane sur les produits importés sur son territoire bien plus qu’anticipé. Loin d’être une simple passe d’armes commerciale, cette offensive marque, selon certains experts, la fin du libre-échange tel qu’on l’a connu.
Conséquence immédiate : Tokyo plonge de 2,8 %, entraînant dans sa chute ses géants du numérique et de l’automobile. La Bourse de Hanoi, durement frappée par les nouvelles taxes américaines, s’effondre de plus de 9 %. En Europe, Paris et Francfort reculent de près de 2 %. Même Wall Street, qui avait bénéficié jusqu’ici d’un climat euphorique post-électoral, le fameux “effet Trump”, s’apprête à vivre une séance sous haute tension, avec une ouverture attendue en baisse de 3 %, et son pire trimestre en plus de 3 ans.
Face à ce vent de panique, les investisseurs se réfugient dans les valeurs sûres : l’or atteint un nouveau sommet à plus de 3 160 dollars l’once, tandis que les taux obligataires chutent. Le spectre de la stagflation – cette combinaison explosive entre croissance atone et inflation galopante – rôde à nouveau sur l’économie américaine, alors qu’un déséquilibre commercial généralisé s’apprête à gangrener l’économie mondiale.
Chine : entrée en fanfare sur le marché obligataire vert
La Chine voit la vie en vert avec ses premières obligations durables, et vient par la même occasion faire un démarrage fracassant sur le marché. Pour sa première émission, Pékin a proposé 6 milliards de yuans (760 millions d’euros) de titres, et les investisseurs ont répondu présents : la demande a explosé à plus de 47 milliards de yuans, un véritable plébiscite !
Cet engouement a permis à la Chine de revoir à la baisse les taux offerts. Les obligations à trois ans affichent un coupon de 1,88 % (contre 2,3 % initialement), et celles à cinq ans tombent à 1,93 % (au lieu de 2,35 %). De quoi financer ses ambitions écologiques, alors que le pays, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, vise un pic de CO₂ en 2030 avant la neutralité carbone en 2060. Si Pékin reste discret sur l’affectation précise des fonds, les projets pourraient inclure l’expansion du réseau de bornes électriques et la préservation des parcs nationaux.
Au-delà du financement vert, l’opération sert aussi à séduire les investisseurs internationaux. Hong Kong a été choisi comme place d’émission, mais les titres seront échangeables à Londres, preuve du rapprochement sino-britannique sur la finance verte. Avec déjà des levées de fonds à Paris et en Arabie saoudite ces derniers mois, la Chine élargit sa toile. Et ce premier succès devrait en appeler d’autres, confirmant son statut de leader sur le marché des obligations durables.
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