Expertise 04.05.21

La composition du CAC 40 de 2010 à 2020

En 2020, le CAC 40 ne ressemble plus du tout à celui de la décennie précédente. D’abord, sa taille a quasiment doublé en 10 ans ! De 2010 à 2020, cet indice est notamment passé d’une capitalisation boursière de 1 000 à 1 900 milliards d’euros.  

Ensuite, sa composition a, elle aussi, changé. En 10 ans, Total et Sanofi ont été les deux seules valeurs qui ont réussi à rester parmi les cinq premières capitalisations de l’indice. Depuis 2010, le CAC 40 a intégré huit nouveaux participants dans son portefeuille.

Enfin, au-delà de sa composition, et du fait des nouveaux enjeux économiques et sociétaux, les secteurs composant le CAC 40 se sont énormément diversifiés. Si les domaines de l’énergie et de la banque prédominaient en 2010, c’est désormais le luxe qui devance le reste des secteurs et qui représente, aujourd’hui, près d’un tiers de sa capitalisation totale.  

Les raisons de la mutation de l’indice parisien  

Plusieurs raisons nous permettent d’expliquer la mutation du CAC 40 au fil des années. D’abord, la fin du supercycle des matières premières a nécessairement conduit à un recul des sociétés de ce secteur. Ainsi, si ArcelorMittal est passé de la 10ème à la 29e place, Engie est, quant à lui, de la 5ème à la 28e place.  

Ensuite, la baisse des taux liée aux politiques accommodantes des banques centrales depuis la crise de 2008 a influencé les marges des banques. La société générale a donc, de fait, reculé à la 28e place dès la fin de l’année 2020.  

Enfin, l’essor de la Chine, et de la demande de produits de luxe qui l’a accompagnée a alimenté une forte croissance de ce secteur en France. Le groupe LVMH est alors devenu leader mondial du luxe et a obtenu la première place du CAC 40 en 2020, alors même que le groupe ne se positionnait qu’en 8e place en 2010.  

L’explosion des valeurs du luxe (LVMH, Hermès, Kering, L’Oréal) est même devenue une faiblesse de l’indice. 

Le CAC 40, victime de grandes disparités en son sein  

Si l’on compare l’évolution de la capitalisation de LVMH et celle de Total, la première a progressé de 500% lorsque la seconde n’a progressé, quant à elle, que de 55%. 

Si le luxe a donc tiré incontestablement le CAC 40 vers le haut ces dernières années, il cache en réalité de grandes disparités.  

Ainsi la concentration du CAC 40 sur certains secteurs fait de ce dernier un indice trop peu diversifié pour constituer une épargne suffisamment équilibrée en risques. En représentant près d’un tiers de l’indice, le luxe ne peut pas être considéré comme un investissement diversifié pour l’épargne d’un investisseur.  

L’avenir pour le CAC 40 dans la prochaine décennie 

S’il est encore trop difficile de lancer les paris dans un horizon si éloigné, on peut en revanche prédire de grandes tendances qui marqueront les années à venir.  

Il est fort à parier que l’indice phare des valeurs françaises pourra très vite devenir les investissements responsables, pour les investisseurs aussi bien institutionnels que particuliers.  

On peut d’ailleurs déjà trouver un indice d’actions françaises ESG grâce au lancement du CAC 40 ESG, un indice composé de 40 sociétés côtés à la Bourse de Paris et destiné à afficher les meilleures pratiques en matière environnementale, social, et de gouvernance.  

La sélection de ces groupes, réalisée par Vigeo Eiris, ne s’est bien sûr pas faite au hasard et se fonde sur le label ISR (investissement socialement responsable) lancé par le ministère de l’économie et des finances. 

On remarque facilement que ce type d’investissement apporte d’ores et déjà de grandes transformations au cœur du CAC 40 et des entreprises initialement majoritaires telles que Airbus, Alstom, Dassault ou Saint Gobain n’en font toujours pas partie.  

Rendez-vous dans 10 ans afin de juger la place du CAC 40 ESG face au CAC 40 historique.  

Les analyses et les opinions mentionnées représentent le point de vue de l’auteur référencé. Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. Les performances passées ne préjugent en rien des performances futures. 

La remise du présent document et/ou une référence à des valeurs mobilières, des secteurs ou des marchés spécifiques dans le présent document ne constitue en aucun cas un conseil en investissement, une recommandation ou une sollicitation d’achat ou de vente de valeurs mobilières, ou une offre de services. Les investisseurs doivent examiner attentivement les objectifs d’investissements, les risques et les frais relatifs à tout investissement avant d’investir. 

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