Expertise 14.09.20

Quels résultats pour les plans de relance ?

En regardant les marchés financiers, en particulier aux États-Unis, on constate que la crise de la COVID n’a finalement pas été aussi catastrophique qu’envisagé en mars. Le rebond a été aussi fulgurant que la chute. Par contre, au niveau économique, nous restons encore très loin des niveaux de 2019. Néanmoins, nous avons vu un fort rebond « en V » en mai et juin, avec une dynamique qui ralentit un peu depuis, et nous avons évité une grande partie des désastres attendus. Et ceci grâce aux relance monétaires et budgétaires des gouvernements et des banques centrales. 

En effet, les banques centrales ont été au-delà de toutes les attentes et ont réussi à calmer et rassurer les marchés. Mais la réaction la plus surprenante a été au niveau fiscal. L’Europe semble avoir enfin appris de ses erreurs passées et a ainsi pu lancer des politiques de soutien extrêmement expansionnistes. De plus, l’Union Européenne s’est mise d’accord sur un Fond de relance avec des subventions et une émission commune par la Commission Européenne. Enfin, nous assistons actuellement à la deuxième vague d’annonces budgétaires, avec l’Allemagne et la France en tête. Sur le plan fiscal, l’objectif est clair : éviter des faillites et du chômage en masse. Pour le moment, nous pouvons considérer ceci comme un succès. Grâce au chômage partiel, le taux de chômage a chuté en France cette année, même s’il risque de monter au cours des prochains mois et trimestres. Et ceci malgré une attente que la croissance chute de 11 % en 2020.

Le dernier plan – France Relance – apporte 100 milliards d’euros de soutien en plus (dont 40 milliards venant des subventions du Fonds de relance européen), qui seront déployés en 2021 et 2022 pour stimuler la croissance et la compétitivité de l’économie française, améliorer la cohésion sociale en créant des emplois, et accélérer la transition écologique et environnementale. Ceci s’ajoute aux 100 milliards d’euros qui avaient été annoncés en juin, pour un total de plus de 8 % du PIB.

L’allocation sera partagée entre les trois segments. 40 milliards seront déployés pour soutenir l’économie domestique, donc une baisse de 20 milliards des impôts sur la production d’ici à 2022, un des points centraux du plan, ce qu’Emmanuel Macron souhaitait faire depuis longtemps. 30 milliards seront dirigés vers la transition « verte ».  Enfin, 35 milliards visent la cohésion sociale et territoriale, dont la majorité sera dédiée à la protection et la création d’emplois, surtout chez les jeunes. Soutenir le marché de l’emploi est l’un des objectifs principaux, car la subvention pour le chômage partiel faisait déjà partie de la première relance fiscale et durera deux ans (fin 2021).

Il faut noter qu’Emmanuel Macron profite de ce plan pour continuer d’améliorer la compétitivité de l’économie française, malgré les protestations des dernières années. De plus, avec un plan de relance sur deux ans, il se profile aussi pour sa réélection en avril 2022, alors que le programme fera encore effet. Le vrai test sera le chômage sur le long terme, une fois que les subventions sur le chômage partiel se termineront. Et forcement, il y a un coût : le niveau d’endettement est projeté à 120 % du PIB (de 100 % avant la crise). Seul le temps nous dira si les marchés resteront, comme aujourd’hui, aussi insouciants sur ces niveaux de dettes.

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