Expertise 19.05.21

Que retenir des 100 jours de Joe Biden ?

Crise sanitaire et économique, relations avec la Chine et risques climatiques : les défis auxquels fait face le président Joe Biden sont nombreux. Revenons donc sur ses 100 premiers jours en tant que locataire de la Maison Blanche pour analyser l’impact de ses décisions et mieux comprendre son style.

Face aux crises, Biden est passé à l’offensive 

La première priorité de Joe Biden en tant que nouveau président des États-Unis (POTUS) a été d’accélérer la campagne de vaccination contre la Covid-19. A l’heure actuelle, les observateurs s’accordent pour dire qu’il a réussi son pari : plus de 140 millions d’Américains ont reçu au moins une dose (105 millions ont reçu les deux doses) au 3 mai 2021, soit plus de 44 % de la population. 

Face aux conséquences économiques de la crise pandémique, Joe Biden a finalement dû renoncer à obtenir un accord transpartisan au Congrès, notamment en raison du manque de soutien évident des républicains. Il s’est donc contenté de la majorité démocrate pour faire voter un plan massif de 1 900 milliards de dollars le 10 mars 2021 (ce qui correspond au PIB de l’Italie). Ce plan devrait permettre la création de 7 millions d’emplois et de rendre les soins de santé plus abordables. 

Joe Biden ne s’est pas limité à un plan de soutien : il a également lancé des plans d’investissements tout aussi colossaux : un plan pour les familles de 1 000 milliards de dollars et un plan destiné aux infrastructures de 2 000 milliards. Un nouveau plan dédié aux infrastructures sociales serait également en cours d’élaboration. Des hausses d’impôts ciblant les plus riches devraient être annoncées pour financer ces plans d’investissement. Là encore, il devrait se passer du soutien des républicains, qui souhaitent un plan moins ambitieux et une suppression des hausses d’impôts. 

Face à la Chine, Biden a conservé un ton ferme 

La fin de l’administration Trump a suscité une vague d’espoir : les relations sino-américaines allaient pouvoir reprendre de manière plus cordiale. 100 jours après son arrivée au pouvoir, Joe Biden n’a pour le moment montré aucun signe de détente vis-à-vis de la Chine. Selon Esty Dwek, Responsable de la Stratégie de marchés chez Natixis Investment Managers Solutions, “l’opinion générale au sein du gouvernement, ainsi que celle du Congrès, est que les relations sino-américaines seront le déterminant des affaires mondiales pour les décennies à venir. Ainsi, maintenir la pression sur un adversaire stratégique reste une priorité, suggérant que les relations ne s’amélioreront que marginalement”. 

Il ne faut donc pas s’attendre à voir les tarifs douaniers imposés par Donald Trump disparaître, car cela reviendrait à dire que la Chine n’est pas une menace pour les États-Unis. Or la Chine représente une menace pour les intérêts américains. Dans le secteur technologique, la Chine veut réduire sa dépendance aux semi-conducteurs américains et japonais, qui sont indispensables aux smartphones, ordinateurs et à tout objet technologique, grand public ou même militaire. Les États-Unis travaillent également à limiter l’influence chinoise en Afrique et en Extrême-Orient, où l’allié japonais se sent menacé. 

Si une dégradation violente des relations entre Washington et Pékin semble improbable, une amélioration de ces mêmes relations n’est pas attendue de manière imminente. 

Face au dérèglement climatique, Biden a commencé à agir 

A peine arrivé au pouvoir, Joe Biden a déclaré que la lutte contre le risque climatique serait une priorité de son mandat. Il a par exemple annoncé vouloir réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis d’ici 2030. De plus, il a publié un décret exécutif intitulé “Risque financier lié au climat” qui demande aux agences de “divulguer leurs risques climatiques en travaillant avec les conseillers économiques et climatiques de la Maison Blanche et le Bureau de la gestion et du budget pour surveiller et mesurer ces risques” selon Esty Dwek. Cette réglementation devrait in fine s’imposer dans tous les secteurs, notamment industriels. 

Cette volonté affichée de Joe Biden d’en faire plus pour le climat pourrait engendrer des tensions avec la Chine, qui a dévoilé ses ambitions climatiques (atteinte de la neutralité carbone en 2060). De nombreux observateurs ont qualifié ces annonces de “course climatique” entre les deux pays, qui pourraient chercher à prendre le leadership sur cette question. 

Les actions de Joe Biden en faveur du climat devraient fortement bénéficier à l’investissement socialement responsable (ISR) : les subventions seront plus importantes et la réglementation devrait évoluer pour favoriser ce type d’investissements. 

Sources : 

Les analyses et les opinions mentionnées représentent le point de vue de l’auteur référencé. Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. 

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