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Comprendre l’économie et les marchés financiers pour mieux gérer votre épargne.
24.06.24
Placements financiers : enjeux et opportunités pour le second semestre 2024

Quels scénarios économiques à l'horizon 2030 ?

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Philippe Waechter, Chef Economiste, Ostrum AM

2030 s’annonce comme un horizon hautement incertain, tant il est difficile d’anticiper les voies que suivront les grandes puissances : États-Unis, Chine, Europe, Inde... La stratégie de chacun de ces pôles s’articulera autour de trois grands thèmes. 


L’idéologie avant le bon sens économique

L’environnement international sera d’abord façonné par la repolitisation du monde, en marche depuis le covid. Avant la crise sanitaire, l’économie primait. Les entreprises suivaient leurs intérêts financiers ; elles investissaient en Chine ou au Vietnam, avec la bénédiction de leur État, sans le moindre état d’âme. Cet âge est révolu. La politique tend à influer de plus en plus sur la rationalité économique, notamment énergétique. Le local redevient un horizon. 


Des réponses qui diffèrent selon les centres de pouvoir

Le paysage économique sera ensuite structuré par les réponses que les États apporteront au changement climatique et à la multiplication des événements dramatiques qu’il engendre. Sur ce sujet, les divergences menacent de s’aggraver dans les prochaines années, particulièrement en cas de victoire de Donald Trump à l’élection américaine. Une troisième voie existe aussi. Celle de la défense du statu quo, de l’ignorance volontaire de ces défis politiques et climatiques. Ce parti du business as usual (comme d’habitude) rassemble au sein de chaque État de nombreux défenseurs actifs.

Le nouveau paysage s’annonce ainsi bien différent du monde coordonné et coopératif qui prévalait avant la pandémie. Sa dimension géographique se renforce dramatiquement alors que les réponses des États aux trois dimensions précitées pourront fluctuer au cours des ans. Face aux chocs géopolitiques, la Chine, l’Inde, les États-Unis et l’Europe ne prendront ainsi sans doute pas les mêmes décisions au même moment. Cela s’est déjà constaté avec la guerre en Ukraine, qui a provoqué des réactions éparses, voire contradictoires, et fini par diviser le monde.  Les États-Unis ne sont plus les gendarmes de la planète et ces nouveaux déséquilibres créent de l’incertitude. L’ambition partagée par toutes les puissances de relocalisation s’annonce ainsi comme une future source de bras de fer intense. Elle pourrait à terme remettre en cause toutes les chaînes de la mondialisation, comme l’illustre le cas des véhicules électriques dont tous les États veulent produire un modèle maison. 

Les questions de transition climatique pourraient aussi devenir source de compétition entre les pôles. Plus aucun acteur ne songe à nier la réalité du réchauffement ; en revanche, malgré les grands accords internationaux, il n’existe aucun consensus réel sur la nature ni même la nécessité des réponses à apporter. Pour l’instant, Chinois et Américains se mettent encore autour de la table pour en discuter. La politique climatique est d’ailleurs plus ou moins le seul sujet qui les rassemble encore. Las, cette fragile coordination pourrait ne pas résister à la prochaine élection. L’Europe n’est pas non plus immune de retour en arrière, comme l’exemple suédois l’a bien montré. Ce pays, jusqu’ici avancé sur la transition énergétique, a récemment abandonné plusieurs de ses objectifs.  

Les analyses et les opinions mentionnées représentent le point de vue de l’auteur. Elles ont été émises en juin 2024 et sont susceptibles d’évoluer. Elles ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. Les références à des valeurs mobilières, des secteurs ou des marchés spécifiques dans le présent document ne constituent en aucun cas un conseil en investissement, une recommandation ou une sollicitation d’achat ou de vente de valeurs mobilières, ou une offre de services. Tout investissement comporte des risques, y compris le risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

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