Expertise 14.08.20

Comment les Français ont-ils géré leur épargne durant la crise ?

En mars et en avril 2020, ce sont environ 24 Md€ supplémentaires qui ont été placés par rapport à la moyenne de 2018/2019. La hausse des placements des ménages en mars s'est poursuivie et s’est même accentuée en avril. Mais quelles ont été les tendances de placement ?

La crise, le bon moment pour investir ?  

42 % des Français déclarent laisser davantage d’argent sur leur compte courant. Parmi eux, 35 % souhaitent placer leur épargne, mais 33 % pensent le laisser sur leur compte courant, malgré l’absence de rémunération.  

Face à la crise, les réactions sont contrastées. Des épargnants ont cherché à profiter de la situation. Au mois d’avril, pour 17 % des épargnants, la période actuelle est plutôt un bon moment pour faire des placements en bourse, et 22 % des épargnants ont considéré de faire des arbitrages pour profiter d’une future reprise. 

Quels comportements face au risque ?  

Tous les épargnants n’ont pas le même rapport au risque, et l’étude en distingue quatre familles : les investisseurs actifs, les investisseurs attentistes, les épargnants prudents et les personnes peu détentrices d’épargne. 

Les investisseurs actifs sont majoritairement des cadres hommes ayant un patrimoine conséquent, propriétaires, à revenu élevé et souvent détenteurs de produit actions. Ils sont 92 % à accepter le risque car ils jugent que les placements financiers restent intéressants sur le long terme. Ils ont été actifs pendant la crise : arbitrage dans leurs portefeuilles, investissements (…). En effet, ils semblent globalement convaincus que c’est un bon moment pour investir en Bourse.  

Les investisseurs attentistes sont constitués d’actifs avec des patrimoines intermédiaires et des revenus de foyer entre 2500 et 5000 euros. Ils pensent également que les placements financiers restent intéressants sur le long terme mais 62% acceptent une part de risque mesurée. Un tiers détient des produits actions. Ils sont moins dynamiques face à leurs placements : ils n’ont pas ou peu modifiés leurs placements durant la crise, et près de la moitié d’entre eux pensent que c’est un mauvais moment pour investir en Bourse.  

Les épargnants prudents sont majoritairement constitués de retraités, de femmes et d’actifs à revenus modestes. Ils sont 68 % à refuser tout risque et épargnent donc via des livrets A, des PEL et des assurances vie en fonds euro. Par conséquent, ils sont seulement 9 % à avoir vu leur épargne impactée par la crise (contre 43% pour les investisseurs attentistes et 82 % pour les investisseurs actifs). 51 % d’entre eux pensent que c’est le mauvais moment pour investir en Bourse.  

Les pas ou peu détenteurs d’épargne sont les populations modestes à faible revenu et patrimoine, locataires et personnes seules. Ils ont peu d’épargne et n’ont donc pas été impactés par la crise des marchés financiers. Ils ne pensent pas que ce soit un moment propice à l’investissement.  

*** 

Le groupe BPCE a mené une vaste enquête en partenariat avec l’Institut d’études marketing Audirep auprès de 2 050 Français de plus de 18 ans. A partir des résultats de cette étude, le groupe BPCE a créé le “Baromètre Epargne & Placements”, un “outil d’analyse de la conjoncture de l’épargne et des placements”. Depuis février 2019, ce sondage est administré 3 fois par an aux épargnants. Les résultats présentés ici sont issus de l’enquête de la fin avril 2020. 

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