Actualité 09.06.23

Les trois actualités macroéconomiques de la semaine

La demande mondiale ne soutient plus la croissance chinoise

La fin de la période COVID a permis à la Chine de bénéficier d’un relatif regain d’activité pour ses exportations soutenant sa croissance. En mars et avril, elles ont connu un rebond de +8,5 % en glissement annuel. Le plaisir fut de courte durée. Comme en février, le mois de mai marque la fragilité de la balance commerciale chinoise face aux menaces de récessions sur les marchés américain et européen dans un contexte fortement inflationniste. En février et en mai, la Chine a vu ses exportations se contracter à 7,5 % sur un an. 

Des exportations qui subissent de multiples chocs et qui peinent à remonter depuis 2022, notamment en raison de la politique “zéro Covid” que s’est imposé le pays fragilisant là-aussi ses échanges commerciaux avec les marchés occidentaux. 

Le mois dernier, les importations ont connu un repli de 4,5 %. Une prévision qui reste inférieure aux prévisions des experts qui avaient anticipé un recul allant jusqu’à -8 %. Cette situation a conduit à l’effondrement de l’excédent commercial du pays passant ainsi de 90,2 Mds $ en mars, contre 65,8 Mds $ en mai. 

Concernant son marché intérieur, la situation est moins dramatique, avec une croissance annuelle de +4,5 % qui bénéficie de la fin des restrictions sanitaires et de la reprise économique. Une reprise précaire toutefois avec le ralentissement du secteur manufacturier poussant le gouvernement a fixé un objectif de croissance historiquement bas pour le pays,  à 5 %. L’espoir réside dans la bonne santé du secteur des services. 

Accalmie sur le crédit immobilier en France ?

15 milliards d’euros, c’est le montant de la production de nouveaux crédits à l’habitat en avril. Une somme en recul de 42 % par rapport à avril 2022. Si cette chute est importante sur un an, on constate toutefois une accélération de 4 % par rapport au mois de mars qui pourrait constituer les prémices d’une normalisation du cycle de la production de crédit   selon le Haut conseil de stabilité financière.  

Un signal qui encourage la Banque de France à ne pas modifier les paramètres actuels malgré la forte pression qui s’exerce sur les emprunteurs en condition de montée des taux d’intérêt. Une lueur d’espoir après deux années d’euphorie portées par des taux exceptionnellement bas. La BCE a de son côté indiqué que “le cycle du crédit se normalise en même temps que la politique monétaire”. Elle ajoute par ailleurs que la production du crédit a moins chuté en France qu’ailleurs en Europe.

Du côté des taux d’intérêt, ils ont été marqués par une remontée brutale en France, qui reste inférieure à l’ensemble de la zone euro. Si les taux d’intérêts atteignent 3,19 % en France, en Europe ils se montent à 3,76 % permettant aux Français de continuer d’acheter des biens immobiliers. On constate par ailleurs une augmentation de 4,4 % de l’encours du crédit en France contre 3 % en moyenne dans la zone euro. L’envolée des taux pèse malgré tout fortement sur le marché en impactant la demande. 

Les politiques d’accès au crédit immobilier, notamment la mensualisation du taux d’usure (taux maximum légal que les établissements de crédit sont autorisés à pratiquer lorsqu’ils accordent un prêt) et une plus grande souplesse sur le taux d’endettement sont néanmoins plus difficiles à mettre en place et ne changent pas pour autant la situation des primo accédants qui ont de moins en moins les moyens de devenir propriétaires. Les professionnels du secteur restent sceptiques quant à ces annonces. 

Vers une augmentation de la consommation d’électricité en France 

Le gestionnaire du réseau électrique français RTE est formel : la consommation d’électricité en France devrait augmenter plus rapidement que prévu. Pour répondre à la demande d’ici à 2035, la France devra doubler sa production d’électricité renouvelable tout en maintenant sa production nucléaire. Résultat, le plafond des10 térawattheures par an devrait être atteint entre 2025 et 2035, un rythme inédit depuis les années 1980. La dépense électrique pourrait atteindre entre 580 et 640 térawattheures en 2035. 

En cause : les ambitions croissantes de l’Union européenne en matière de transition énergétique et les projets de réindustrialisation en France. Les besoins supplémentaires en électricité dans les transports, notamment pour les véhicules électriques, ainsi que dans l’aviation pour les carburants durables, sont également soulignés. La croissance rapide des besoins électriques met en évidence les défis auxquels le système électrique est confronté, d’autant plus qu’aucun nouveau réacteur nucléaire n’est prévu d’ici à 2035. 

Dans ce contexte, le déploiement accéléré des énergies renouvelables est essentiel. RTE estime qu’il faudra atteindre un minimum de 250 térawattheures de production renouvelable d’ici à 2035, soit plus du double de la production actuelle. Par ailleurs, RTE prévoit une production de 360 térawattheures d’électricité nucléaire d’ici à 2035, en comptant sur le démarrage à plein régime de l’EPR de Flamanville. Depuis la crise, les Français ont réduit leur consommation d’électricité mais il existe des limites quant aux possibilités de réduire davantage. Un attachement à la voiture individuelle et à des logements de taille importante persiste malgré les changements de comportement observés. 

Les analyses et les opinions mentionnées dans le présent document représentent le point de vue de (des) l’auteur (s) référencé(s). Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle.   

Sources :

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