Expertise 22.10.20

Le Royaume-Uni face à un triple défi

Dès le XVIIIème siècle, le Royaume-Uni se distingue comme une grande puissance économique mondiale. Aujourd’hui, le Royaume-Uni reste une puissance financière majeure : la City est incontournable dans plusieurs domaines (transactions, reconnaissances de dettes, émission des actions, emprunts). Si les États-Unis ou la Chine ne cessent de challenger l’île, le Royaume-Uni demeure une grande puissance économique et financière mondiale. Mais la deuxième décennie du XXIème siècle n’est pas économiquement favorable à Londres. Aujourd’hui, le pays fait face à trois défis.

Le ralentissement économique 

Au mois de septembre, l’économie britannique affiche des performances 9 % inférieures à celles de septembre 2019. Au deuxième trimestre le PIB du Royaume-Uni[1] a connu une “contraction record” de 20,4 % selon l’Office national des statistiques. Même Paris peut se targuer d’une reprise plus forte qu’outre-Manche. Alors que le rattrapage économique français apparaît plus net, celui du Royaume-Uni est bien plus lent, et il montre déjà des signes de ralentissement.  

Ainsi, Philippe Waechter, Chef économiste chez Ostrum Asset Management explique que les secteurs de “l’industrie et de la construction ne contribuent quasiment pas” à l’économie. La progression du mois d’août est due en majeure partie aux services (hébergement et restauration en tête). 

Le risque d’un “no-deal” Brexit 

Le second défi auquel fait face le Royaume-Uni est le dossier du Brexit. Depuis 2016, Londres et Bruxelles négocient pour arriver à un accord sur leurs futures relations commerciales, et éviter l’instauration des règles de l’OMC, qui prévoient notamment des droits de douane très importants.  

Or, l’Union européenne est de très loin le premier partenaire économique du Royaume-Uni : elle représente 53 % des importations (301 milliards d’euros) et 47 % (194 milliards d’euros) des exportations britanniques[2]. Le sujet majeur de discorde concerne le “backstop” irlandais[3], sur lequel aucune des parties ne semble vouloir céder.  

Selon Philippe Waechter, “il est probable qu’il y ait des accords parcellaires mais pas de contrat global”, ce qui conduira indubitablement le Royaume-Uni à être traité par l’UE comme un pays tiers. Les conséquences sur les investissements étrangers pourraient alors être, dans ces conditions, négatives. 

La pandémie est toujours là 

Enfin, le Royaume-Uni est, comme tant d’autres pays, toujours très affecté par la COVID-19. A l’instar de la Suède et de la France, la contamination accélère. Cela provoque la mise en place de mesures qui freinent encore davantage l’économie. Le pays a – comme en France – mis en place des mesures de confinement pour tenter d’endiguer la propagation du virus et de chômage partiel. Ces dernières étaient moins avantageuses qu’en France : 80 % du salaire était pris en charge par l’État, jusqu’à 2 500 livres.  

De plus, Boris Johnson pourrait annoncer de nouvelles mesures sanitaires, notamment la fermeture des bars et des restaurants[4]. Or, comme le rappelle Philippe Waechter, ce sont des secteurs qui ont “bien fonctionné” et ont été porteurs pour l’économie britannique lors des derniers mois. L’ensemble de ces mesures pourrait ainsi conduire à un recul fort de la demande, entrainant dans son sillage l’activité économique et l’emploi. 

Propos recueillis en octobre 2020 auprès de Philippe Waechter, Directeur de la Recherche Economique chez Ostrum Asset Management. Les analyses et les opinions mentionnées ci-dessus représentent le point de vue de l’auteur. Cet article ne constitue pas un conseil en investissement ni une recommandation ou une offre d’achat ou de vente de titres.  

Source : https://ostrum.philippewaechter.com/2020/10/11/hier-aujourdhui-12-octobre/ 

Partager l'article

Autres articles

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies et autres traceurs qui nous permettent de mesurer l’audience du site.

Vous pouvez vous opposer à l’utilisation de ces Cookies en cliquant ici.

OK En savoir plus