Expertise 18.09.20

ISR – Investir responsable, c’est possible ?

Du 18 septembre au 8 octobre 2020, c’est la Semaine Européenne du Développement Durable (SEDD), qui s’étalera donc sur 3 semaines. La SEDD a pour objectif de promouvoir le développement durable, de sensibiliser le plus grand nombre de personnes à ses enjeux et de faciliter une mobilisation concrète. Elle répond aux 17 Objectifs de Développement Développement Durable[1] de de l’Agenda 2030, les ODD. À cette occasion, Mon Épargne et Moi vous explique qu’investir de manière responsable est parfaitement possible.

Qu’est-ce que l’ISR ? 

L’investissement socialement responsable, ou ISR, est un concept qui désigne les diverses approches qui consistent à intégrer 3 enjeux, dits enjeux “ESG” dans la gestion financière. Ces 3 enjeux sont les suivants : 

  • Environnementaux (gestion des déchets, réduction des émissions de gaz à effet de serre, prévention des risques environnementaux), 
  • Sociaux (prévention des accidents, formation du personnel, respect du droit des salariés et dialogue social), 
  • Gouvernance (indépendance du conseil d’administration, structure de la gestion, présence d’un comité de vérification des comptes).

Les particuliers ainsi que les entreprises d’investissement peuvent donc choisir d’investir dans des fonds dits “ISR”, qui eux s’engagent à respecter ces critères ESG mentionnés ci-dessus. Ces fonds cherchent à concilier la performance économique avec l’impact social et environnemental, via le financement d’entreprises privées et d’entités publiques, qui s’engagent à contribuer au développement durable. Puisque que l’ISR influence la gouvernance de ces acteurs privés et publics, il favorise de facto une économie responsable.  

Comment fonctionne la gestion ISR ? 

La gestion ISR fonctionne en conjuguant deux approches, l’une financière et l’autre extra-financière. 

L’approche financière s’attache à mesurer la solidité financière d’une société et sa capacité à créer de la valeur économique. Il est ainsi faux de dire que l’ISR sacrifie le rendement au profit des vertus écologiques ou sociales. Il s’agit en réalité d’associer les intérêts financiers et de développement durable. À ce titre, Philippe Zaouati, Directeur général de Mirova déclarait : “La finance verte a fait depuis 10 ans la preuve de sa pertinence et de sa rentabilité. Les régulateurs avancent dans le bon sens, les politiques publiques également, les épargnants n’attendent plus que ça.”.[2] 

L’approche extra-financière quant à elle se destine à mesurer le comportement des sociétés vis-à-vis de l’environnement, des valeurs sociales, de leur engagement sociétal et leur gouvernance d’entreprise. Cette évaluation extra-financière s’appuie sur les critères ESG que nous évoquions précédemment, afin d’éviter les risques de réputation ou de pénalités financières par exemple, et de saisir des opportunités, comme des innovations techniques ou des nouvelles sources de croissance.  

Afin de s’assurer d’investir dans un fonds responsable, qui tient compte de l’ensemble des critères ESG, il existe 4 grands labels incontournables qui certifient du respect desdits critères. Pour la seule année 2019, 321 fonds ont par exemple reçu le Label ISR. Au total, 704 fonds[3] sont qualifiés de “fonds de la finance durable” et prennent en compte les critères ESG. Ces fonds représentaient à la fin de l’année 2018, 151 milliards d’euros d’encours[4], gérés à 57 % par des investisseurs institutionnels. 

Quelles formes peut prendre l’investissement responsable ? 

Selon la stratégie choisie par les sociétés de gestion, l’ISR peut prendre trois formes différentes : 

  • Les fonds multisectoriels, 
  • L’impact investing, 
  • Les fonds thématiques. 

Les fonds multisectoriels (ou « Best-in-class » ) sont qualifiés de “généralistes” : ils sélectionnent – par secteur d’activité – les entreprises ayant les meilleures pratiques selon les trois critères ESG. 

L’impact investing consiste à investir dans des entités de private equity majoritairement, qui affichent une intention forte d’engagement envers des problématiques sociétales ou environnementale (lutte contre la pauvreté ou énergies renouvelables par exemple). Il faut également que ces entités mesurent l’impact de leurs investissements et rendent publics ces résultats. 

Enfin, il y a les fonds thématiques. Comme leur nom l’indique, ils financent des secteurs précis liées aux enjeux environnementaux ou sociaux, ce qui permet à l’investisseur de choisir le domaine qui lui sied. Parmi les grandes thématiques, on retrouve le logement, l’éducation, l’agriculture durable, ou encore l’eau, thématique dont nous parlait plus longuement Simon Gottelier, co-gérant de la stratégie thématique eau chez Thematics Asset Management.

[1] https://www.agenda-2030.fr/odd/17-objectifs-de-developpement-durable-10
[2] https://www.mirova.com/fr/news/finance-durable-heure-de-la-seconde-chance-philippe-zaouati
[3] https://www.novethic.fr/actualite/finance-durable/isr-rse/indicateur-novethic-l-offre-de-fonds-durables-explose-et-la-demande-suit-148210.html
[4] http://www.afg.asso.fr/wp-content/uploads/2019/07/etudeseco-isr-20190705web-.pdf

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