Actualité 05.06.20

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

La BCE ajoute 600 milliards à son programme de rachat de dette 

Mi-mars, la BCE introduisait son programme de rachat de dette publique et privée (PEPP) et lui allouait une enveloppe de 750 milliards d’euros, ce que les observateurs ont surnommé le “bazooka” : une réponse forte et rapide pour contrer les effets de la crise. Jeudi 4 juin, la BCE a renforcé ce programme en ajoutant une nouvelle enveloppe de 600 milliards d’euros et a prolongé le programme jusqu’à “au moins fin juin 2021” contre fin 2020. 

Le programme a pour mission première de soutenir le financement de l’économie réelle, notamment les ménages et les entreprises.  

La BCE n’a en revanche pas modifié son principal taux directeur, maintenu à 0 %. Elle va néanmoins appliquer un prélèvement de 0,50 % aux banques qui confient leurs dépôts à la banque centrale “au lieu de les prêter à leurs clients”. La BCE cherche ainsi à favoriser le crédit pour relancer l’économie européenne, alors que le PIB de la zone euro devrait reculer de 8 à 12 % cette année 

Le déficit de la France devrait atteindre 11,4 % du PIB  

Il y a moins de deux mois, le Gouvernement publiait ses prévisions concernant le déficit public et estimait qu’il s’établirait à 9 % du PIB. Jeudi 4 juin, Gérald Darmanin, ministre des Comptes Publics revenait sur ce chiffre pour présenter de nouvelles estimations : le déficit public de la France est finalement revu à la hausse, à 11,4 % du PIB. Le ministre a ajouté que « jamais la France n’a connu un tel chiffre ». Lors de la crise financière de 2008-2009, le déficit avait atteint 7,2 % du PIB. Le plan de relance, dont les détails seront connus après l’été, contribue en grande partie au creusement du déficit public.  

Le déficit n’est pas la seule variable revue à la hausse : la dette devrait s’établir à 120,9 % du PIB, et la chute du PIB serait de 11 % en 2020, alors que le Gouvernement prévoyait en avril une chute de 8 %. La consommation et l’investissement vont également souffrir de la crise économique actuelle (respectivement – 10 % et – 19 % sur l’année). Cette chute de l’activité entraînera une baisse des recettes fiscales : 27 milliards d’euros en moins.  

Néanmoins, le Gouvernement envisage un retour de l’économie “à la normale” pour la fin de l’année 2020, puis un rebond en 2021, consécutif des nombreuses mesures de soutien mises en place depuis mars 2020. 

Allemagne : nouveau plan de relance de 130 milliards d’€  

En Allemagne, il aura fallu deux jours de négociations à la coalition des sociaux-démocrates et de l’Union CDU-CSU pour parvenir à un accord sur un plan de relance. En plus des 1 100 milliards annoncés en mars, 130 milliards vont être ajoutés. 80 milliards seront destinés aux ménages et aux entreprises, 50 milliards seront alloués à la modernisation de l’économie allemande. 120 des 130 milliards seront “assumés par l’Etat fédéral”. Selon le ministre de l’Économie, Peter Altmaie, il s’agit du “plan de relance économique le plus complet de l’histoire de l’Allemagne”.  

Ces mesures ont pour objectif de soutenir l’économie allemande, qui souffre elle aussi des conséquences de la crise économique. On recense 2,8 millions de chômeurs outre-Rhin (soit un taux de chômage à 6,2 %) et 12 millions de salariés au chômage partiel. 

L’aide 80 milliards aux ménages et aux entreprises comprend une baisse de la TVA de 19 à 16 %, un abaissement de la taxe de soutien aux énergies renouvelables (EEG), des allègements fiscaux pour les entreprises et un bonus de 300 € par enfant pour les ménages. Les 50 milliards dévolus à la modernisation de l’économie soutiendront le développement d’usines de production d’hydrogène et la promotion de la voiture électrique. Le ministre de l’Économie table sur un retour de l’économie allemande à son niveau d’avant crise au second semestre 2022.  

Sources :  

Partager l'article

Autres articles

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies et autres traceurs qui nous permettent de mesurer l’audience du site.

Vous pouvez vous opposer à l’utilisation de ces Cookies en cliquant ici.

OK En savoir plus