Actualité 29.05.20

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

Le PIB devrait chuter de 20 % au 2ème trimestre en France  

L’Insee s’attend à un choc très négatif pour l’économie française au deuxième trimestre : l’Institut estime que le PIB se contractera de 20 %, soit “la plus importante récession depuis la création des comptes nationaux français en 1948”. Il justifie cette prévision par une activité économique inférieure à la normale, de 25 % en mai et de 14 % en juin.  

Pour que les prévisions du gouvernement à l’année se confirment – il anticipe une baisse du PIB de 8 % en 2020 – il faudrait un retour de l’activité “à la normale dès le mois de juillet”. Mais l’Insee reste prudent et prévoit que la reprise économique en France “sera progressive au second semestre”, ce qui pourrait conduire le gouvernement à revoir à la hausse la contraction du PIB. 

La consommation des ménages sera cruciale pour relancer l’activité économique. Si le revenu disponible n’a baissé que de 7 %, la consommation a chuté de 30 % pendant la période de confinement. Selon Julien Pouget, chef du département de la conjoncture à l’Insee, l’épargne que les Français ont accumulée ne sera dépensée que si l’optimisme revient.  

750 milliards d’€ pour le plan de relance européen  

La Commission européenne va soumettre aux États membres de l’Union européenne un plan de relance massif de l’économie européenne de 750 milliards d’euros. La Commission espère remplir deux objectifs : aider les pays membres à sortir de la crise et “relancer la machine économique”.  

Sur les 750 milliards du plan, 500 milliards seraient alloués sous forme de subventions, ce que préconisait le couple franco-allemand. Les 250 milliards restant consisteraient en différents prêts. L’Italie et l’Espagne, durement touchés par la crise seraient les principaux bénéficiaires du plan (respectivement 172 et 140 milliards), et la France recevrait 39 milliards d’euros. En plus de ce plan de relance, la Commission propose la création de nouvelles taxes (une sur le numérique et une sur le carbone) destinées à alimenter le “budget pluriannuel commun de l’UE”. Ce budget atteindrait donc 1 100 milliards sur sept ans.  

Les États membres doivent maintenant adopter à l’unanimité le plan. Ceux qu’on surnomme les “quatre frugaux” (Danemark, Suède, Autriche et Pays-Bas) – davantage favorables à n’accorder que des prêts – pourraient compliquer les négociations. 

France : hausse du chômage de 22,6 % en avril 

Jamais depuis 1996 le chômage n’avait augmenté à ce point. Le nombre de personnes inscrites en catégorie A (sans activité) a augmenté de 22,6 %, soit 843 000 personnes supplémentaires en avril. Au total, 4,57 millions de Français font désormais partie de cette catégorie. 

Bien que spectaculaire, la hausse brutale peut être relativisée. Il y a un “effet de basculement” des chômeurs en activité réduite des catégories B (moins de 78 heures) et C (plus de 79 heures) vers la A. Déjà inscrits à Pôle emploi, ils ont dû cesser leur activité (majoritairement en CDD ou en intérim) et sont donc considérés comme des chômeurs sans activité, relevant de la catégorie A. Avec le cumul des trois catégories, 6 millions de Français sont désormais considérés comme chômeurs, soit une hausse de 3,6 % par rapport à mars. 

Le ministère du Travail a indiqué que la hausse du chômage était “prévisible car avril est le premier mois intégralement marqué par le confinement”. Il ajoute également que le “chômage augmente donc parce que les entreprises, dans le contexte actuel, n’embauchent plus, mais pas parce qu’elles licencient massivement”. 

Sources : 

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