Actualité 30.04.21

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

France : le chômage partiel concerne 2,3 millions de personnes  

Pour de nombreuses entreprises frappées par la crise sanitaire et les fermetures administratives, le recours au chômage partiel est une nécessité afin de préserver l’emploi. Les entreprises y ont eu davantage recours au mois de mars, notamment en raison du durcissement des mesures sanitaires enclenché fin mars. Ainsi, “2,3 millions de salariés du privé – soit 12 % en tout – ont été placés dans ce dispositif, contre 2,2 millions en février”, selon une estimation du ministère du Travail, publiée le lundi 26 avril. Selon le journal Les Echos, “à raison de 86 heures par salarié en moyenne, soit deux semaines et demie, ce sont 197 millions d’heures qui ont été prises en charge, contre 164 millions en février. Le montant des allocations remboursées aux entreprises atteindrait 2 milliards d’euros, après 1,7 et 1,6 milliard respectivement sur janvier et février”. Certains secteurs y ont bien plus recours que d’autres. Dans l’hébergement-restauration, 80 % des effectifs sont concernés, 37 % dans les autres activités de service (arts, spectacles, loisirs et ménages) et 12 % dans le secteur du commerce.  

Qu’en est-il pour l’activité partielle de longue durée (APLD), qui concerne les entreprises “saines” mais qui rencontrent des difficultés temporaires ? L’APLD a concerné en mars “11 % des salariés placés en activité partielle au total, soit 253.000, pour 5 % des heures chômées”. C’est dans l’industrie que le recours à l’APLD est le plus fort : 45 % des salariés en activité partielle sont concernés et 15 % dans la construction. Les secteurs de l’hébergement et la restauration n’y ont en revanche presque pas recours : pourquoi ? Selon le ministère du Travail, le faible recours à l’APLD s’expliquerait en partie par le fait que “la baisse de l’activité est davantage liée aux fermetures administratives qu’à un recul de la demande”. C’est un signe positif, car cela préfigure une reprise forte de l’activité dans ces secteurs une fois les restrictions sanitaires levées. 

États-Unis : annonce d’un plan de 1 800 milliards de $ pour les familles  

Mercredi 28 avril, le président des États-Unis Joe Biden a dévoilé devant le Congrès un nouveau plan colossal, cette fois en faveur des familles américaines. 1 800 millions de dollars sont prévus pour rattraper le retard du pays “en matière de santé et d’éducation”. Dans le détail, le plan se compose de “1 000 milliards de dollars de nouvelles dépenses et 800 milliards de dollars de crédits d’impôt” selon le journal Le Monde. Les mesures qui seront mises en place grâce au plan sont même qualifiées de “révolutionnaires” outre-Atlantique : généralisation des écoles maternelles, création d’un programme fédéral de douze semaines de congés maladie, gratuité des deux années passées dans les universités de proximité (community colleges) sans condition de ressources, aides pour les étudiants des universités noires historiques et de nouvelles dépenses fédérales pour lutter contre la pauvreté. Si Joe Biden n’a pas suivi les demandes de Bernie Sanders sur la création d’un système de couverture santé universelle, il “s’est engagé à étendre à un plus grand nombre les avantages du dispositif créé par l’ancien président Barack Obama”, plus connu sous le nom d’“Obamacare”.  

Afin de financer ce plan ambitieux, Joe Biden va chercher à augmenter l’imposition des plus riches. Cette idée rencontre un certain succès dans l’opinion publique : 64 % des personnes interrogées par l’agence de presse Reuters y sont favorables (77 % des démocrates et 53 % des républicains). Il demeure un obstacle sur la route du président : le Congrès. Bien que Joe Biden puisse se contenter de la majorité simple (car le projet contient des dispositions d’ordre budgétaire), il aura besoin d’un “front uni des 50 élus démocrates” qui n’est pas garanti : “Joe Manchin, élu de Virginie-Occidentale, un bastion républicain, a déjà émis des réserves à propos de l’ampleur des programmes envisagés comme des hausses d’impôts prévues pour les financer” explique Le Monde

L’inflation atteint les 2 % en Allemagne 

Au sein de la zone euro, la BCE a un objectif très précis concernant l’inflation : proche de 2 % sur le moyen-terme. En avril, l’Allemagne a atteint ce chiffre très précisément, un plus haut depuis avril 2019. L’Office fédéral statistique explique que cette hausse de l’inflation est en partie due aux prix de l’énergie, qui ont progressé de 7,4 % sur un an. Le relèvement de la TVA outre-Rhin joue également dans cette hausse de l’inflation : les prix ont augmenté de 0,7 % en avril. Dans le détail, “les prix des denrées alimentaires se sont appréciés d’1,9 % et ceux des services de 1,6 % en avril, toujours sur un an”. L’indice des prix harmonisé, qui sert de référence au niveau européen, affiche de son côté une hausse de 2,1 % en mars sur un an, soit 0,1 point de plus que l’objectif fixé par la BCE. Cet objectif devrait “être soumis à un réexamen dans le cadre du chantier sur la nouvelle stratégie de l’institut” selon Le Figaro

Pour les économistes, l’atteinte des sacrosaints 2 % va relancer le débat sur l’inflation. En effet, depuis le phénomène d’hyperinflation qu’a connu l’Allemagne dans les années 1920, il existe une véritable peur du phénomène de hausse des prix. Or, l’inflation pourrait grimper jusqu’à 3 % “si la consommation s’emballe avec la réouverture progressive des commerces”. Sur l’ensemble de l’année 2021, les économistes tablent sur une inflation de 2,3 %. Heureusement, un tassement des prix est attendu en 2022, et devrait donc limiter la hausse de l’inflation.  

Sources : 

Les analyses et les opinions mentionnées dans le présent document représentent le point de vue de (des) l’auteur (s) référencé(s). Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. 

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