Actualité 26.02.21

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

Le gouvernement renforce les aides aux entreprises touchées par la crise  

C’est indéniable : les aides aux entreprises en difficulté sont un succès, corroboré par les chiffres : depuis avril dernier, “environ 2 millions d’entreprises ont touché une aide via le fonds de solidarité, pour un montant de 15 milliards” selon Les Echos. Ce coût des aides va continuer de grimper : estimé à 3,8 milliards d’euros par mois en janvier, il atteindra 4,5 milliards dès le mois d’avril. En plus du fonds de solidarité, un dispositif de remboursement des frais fixes sera mis en place dans les prochaines semaines, ce qui continuera d’augmenter les dépenses liées au sauvetage des entreprises fragilisées par la pandémie de Covid-19. Ce dispositif prendra en charge “70 % des charges fixes des entreprises de plus de 50 salariés et 90 % pour les entreprises de moins de 50 salariés qui font plus de 1 million d’euros de chiffre d’affaires mensuel” selon le ministre de l’Économie Bruno Le Maire. 

Toutes les entreprises ne pourront pas bénéficier de ce dispositif, réservé aux secteurs de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme. Des exceptions ont toutefois été prévues pour des entreprises réalisant moins de 1 million d’euros de chiffre d’affaires : “hôtels et restaurants situés dans des stations de ski, entreprises de loisirs en intérieur, salles de sport, zoos et stations thermales”. 

Ces nombreuses mesures devraient permettre à l’économie française de tenir le choc au premier semestre pour mieux repartir au second. Selon Bruno Le Maire, un “objectif d’une croissance de 6 %, sous réserve de ne pas être confronté à de nouvelles règles sanitaires” est plausible en 2021. 

La dette nette des entreprises n’a augmenté que de 0,8 % en 2020  

En 2008, de nombreuses entreprises se sont retrouvées face à une crise de liquidités, “ajoutant de la crise à la crise” selon la formule du journal Le Monde. Mais en 2020, les leçons du passé semblent avoir été retenues. Selon les chiffres publiés par la Banque de France, “la dette nette des entreprises ne s’est accrue que de 17 milliards d’euros en 2020” (+ 0,8 %). La dette brute s’est en revanche envolée de 13 % sur la même période (+ 217 milliards d’euros). Pour rappel, la dette nette ne tient pas compte des dettes fournisseurs, fiscales et sociales. 

Dès lors, peut-on considérer que les entreprises françaises se portent bien ? Il convient d’être prudent, car il est très difficile de savoir si les entreprises qui se sont endettées sont aussi celles qui ont beaucoup de trésorerie. Selon Denis Ferrand, directeur général du Centre de recherches pour l’expansion de l’économie et le développement des entreprises (Rexecode), il faudra étudier la situation des entreprises au cas par cas, car “certaines sociétés ont la dette sans avoir le cash, et d’autres ont la trésorerie, mais pas de dette”. 

Enfin, il faut garder à l’esprit que les chiffres de la Banque de France ne tiennent pas compte de ce que les entreprises “doivent aujourd’hui à l’Urssaf, du fait des reports de cotisations, ou bien au Trésor public” selon Le Monde. Selon les chiffres du ministère de l’Économie, “les reports de cotisations sociales s’élevaient à 25,6 milliards d’euros et les reports fiscaux à 3,6 milliards”. Les services de l’Urssaf vont bientôt commencer à chercher à recouvrer ces sommes, ce qui pourrait se traduire par des assignations au tribunal de commerce et potentiellement conduire à des défaillances d’entreprises. 

A 91 points, le moral des ménages reste proche de la moyenne de long terme 

Les Français sont-ils pessimistes face à l’avenir ? Selon les chiffres de l’Insee, c’est malheureusement le cas. Selon les chiffres de l’Institut, la “confiance des ménages dans la situation économique a perdu 1 point à 91 points en février”, restant sous sa moyenne de longue période (qui est de 100 points). D’autres indicateurs sont au rouge : “la part des ménages qui considèrent que le niveau de vie en France va s’améliorer au cours des douze prochains mois est en baisse”. La crainte des Français vis-à-vis du chômage est en hausse en février. La proportion de ménages indiquant avoir peur pour son emploi “se rapproche de son niveau historique de juin 2009”, indique l’Insee. L’ensemble de ces indicateurs ne favorise pas la consommation, et cela se ressent dans la proportion des ménages estimant qu’il est opportun d’épargner, qui est à un plus haut historique (pratiquement 40 %). Selon les économistes de la Banque de France, “le surcroît d’argent mis de côté par les Français en 2020 et 2021” pourrait atteindre les 200 milliards d’euros, qui ne seront pas donc pas consommés. 

Selon le Conseil d’analyse économique, 70 % de cette épargne provient des 20 % des ménages ayant les plus hauts revenus. Les économistes ne sont pas d’accord sur la manière de traiter ce surcroît d’épargne : si certains préconisent une “contribution exceptionnelle sur les revenus élevés d’une année”, d’autres s’y opposent car cela pourrait “accentuer l’épargne de précaution, ce qui déprimerait encore un peu plus la demande”. 

Sources : 

Les analyses et les opinions mentionnées dans le présent document représentent le point de vue de (des) l’auteur (s) référencé(s). Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. 

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