Actualité 25.09.20

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

La baisse du PIB allemand sera moins forte que prévue : – 5,2 % en 2020  

On qualifie souvent l’Allemagne de “moteur économique” de la zone euro. Il semble que l’adage se vérifie. Après un premier semestre très difficile, puisque l’Allemagne a connu sa pire récession depuis 1945, l’économie de notre voisin semble retrouver des couleurs. Selon l’Institut de Munich, le PIB allemand devrait reculer de 5,2 % en 2020, un chiffre nettement inférieur aux prévisions faites cet été, qui tablaient sur – 6,7 %. De nombreuses données économiques expliquent l’amélioration des prévisions. Les exportations sont reparties à la hausse (+ 9 % en mai, + 14,9 % en juin et + 4,7 % en juillet), et le moral des patrons allemands est en augmentation “depuis le printemps”. Conséquence : au troisième trimestre, la hausse du PIB devrait s’établir à 6,6 %, après les reculs du premier (- 2 %) et du deuxième trimestre (- 9,7 %). 

Les experts se montrent néanmoins prudents pour les prochains mois, car des incertitudes demeurent. La croissance “devrait ralentir” dans les mois à venir, et le retour au niveau d’avant-crise n’est pas attendu avant fin 2021. Des secteurs comme le tourisme, le transport aérien et la restauration continuent de souffrir du COVID-19. De plus, la question du Brexit pèse sur les perspectives de fin d’année : un “hard Brexit” conduirait à une détérioration de la conjoncture économique allemande. La situation économique chinoise, principal partenaire économique de l’Allemagne inquiète également les experts : les restrictions imposées aux étrangers en Chine compliquent les échanges commerciaux. 

France : les déclarations d’embauche en hausse de 9,8 % en août  

La crise sanitaire a conduit à un choc violent sur le marché de l’emploi. Les déclarations d’embauche dans le secteur privé avaient reculé de 40,1 % au deuxième trimestre. Les dernières données tendent à montrer que la situation s’améliore. Selon les chiffres de l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss), les déclarations d’embauches hors-intérim dans le secteur privé sont en hausse de 9,8 % sur le seul mois d’août, et atteint 2,2 % en rythme annuel.  

L’industrie est le premier bénéficiaire de cette embellie, avec 13 % de déclarations d’embauche supplémentaires en août. Les bons résultats du mois d’août corroborent l’amélioration perçue depuis les mois de juin (+ 83,2 %) et de juillet (+ 1,9 %). La hausse de ces déclarations est sensiblement identique pour les CDI (+ 9,6 %) et les CDD (+ 10 %), mais sur un an, les CDD de plus d’un mois se portent mieux : + 6,5 % contre – 2,1 % pour les CDI. 

Il convient cependant de rester prudent, car ces chiffres peuvent être en partie expliqués par un “effet calendaire”. En effet, et toujours selon l’Acoss, des entreprises ont pu ainsi “avancer au lundi 31 août des embauches habituellement opérées début septembre”. Les chiffres du mois de septembre seront attendus, pour vérifier la poursuite ou non de la tendance. 

L’indice du climat des affaires atteint 92 points en France 

L’indice du climat des affaires, qui mesure le moral de 10 000 chefs d’entreprise, est en hausse au mois de septembre : il atteint désormais 92 points, soit une hausse de 2 points par rapport au mois d’août. Cette hausse, bien réelle, est néanmoins “gère” et indique que l’incertitude plane sur la reprise économique française.  

Les annonces du ministre de la Santé, M. Véran, inquiètent particulièrement les patrons, notamment ceux de l’hôtellerie et de la restauration. Dans plus d’une dizaine de métropoles, les bars doivent désormais fermer leurs portes à 22 heures. La “limitation des regroupements” est également une source d’inquiétude pour ces secteurs déjà durement éprouvés par le confinement.  

Cela fait-il craindre un arrêt de la reprise ? C’est peu probable, car l’hôtellerie-restauration pèse pour 4 % du PIB de la France. En revanche, ces nouvelles mesures risquent d’envoyer un signal négatif aux consommateurs, qui pourraient se montrer plus prudents et donc limiter leur consommation. Or, c’est en grande partie de cette dernière que dépend la relance économique du pays. Mathieu Plane, économiste à l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE), tire la sonnette d’alarme : “c’est le signal de prudence envoyé aux consommateurs qui est important et pourrait avoir des effets indirects”. 

Sources : 

Les analyses et les opinions mentionnées dans le présent document représentent le point de vue de (des) l’auteur (s) référencé(s). Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. 

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