Actualité 25.06.21

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

France : 785.000 déclarations d’embauches de plus d’un mois en mai  

Avec la fin de plus en plus proche des mesures de restriction sanitaire, c’est tout le tissu économique qui reprend des couleurs. Le marché du travail ne fait exception et se joint à cette embellie. Sur le seul mois de mai, 785 549 déclarations d’embauches ont été enregistrées par la Caisse nationale des Urssaf (ex-Acoss), ce qui constitue un record : le dernier plus haut fut atteint en janvier 2006. “Le record concerne à la fois les CDD longs et les CDI, à hauteur de 402 756 et 382 793 respectivement” nous indique le journal Les Echos. Ces chiffres sont à mettre en perspective avec ceux de mai 2019 : il en ressort 43 600 déclarations de CDD longs et 37 800 déclarations de CDI en plus, alors que le PIB de mai 2021 est encore inférieur à celui de mai 2019. 

Ce record n’est pas la seule bonne nouvelle sur le marché de l’emploi : la hausse des embauches va de pair avec leur qualité : “les CDI et les CDD longs représentaient 17,6 % et 19,6 % des 5 millions de recrutements” comptabilisés sur la période du premier trimestre 2021, en nette hausse par rapport à la même période en 2019. Éric Heyer, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) confirme que “le marché du travail va mieux, qu’il va aller de mieux en mieux, sauf détérioration sanitaire, à défaut de pouvoir encore dire qu’il va bien”. Car si les déclarations d’embauches sont nombreuses, le chiffre le plus important est celui des personnes effectivement en emploi ! 

En dépit de ce record, les chiffres de 2021 ne compensent pas la chute brutale enregistrée depuis le début de la pandémie : fin mars 2021, l’économie française comptait 210 000 emplois en moins par rapport à la fin 2019, selon les chiffres de l’Insee. Combien de temps faudra-t-il attendre pour retrouver un marché de l’emploi similaire à celui d’avant-crise ? Selon l’Unedic, pas avant la fin de l’année 2022. 

Vers un verdissement du calcul de l’inflation ?  

Depuis janvier 2020 la Banque centrale européenne (BCE) travaille à revoir la manière de calculer l’inflation. Un chantier titanesque mais nécessaire, car force est de constater que la mission de la BCE semble ne pas porter ses fruits. Pour rappel, elle vise à maintenir l’inflation proche de 2 % sans l’atteindre, à moyen-terme. Or, malgré des interventions massives de la Banque centrale, les prix refusent de décoller. Une des pistes envisagées serait de faire comprendre que cet objectif n’est pas un plafond strict et qu’il peut être dépassé pendant un certain temps. L’autre piste serait de revoir la manière de la calculer. Dimanche 20 juin, suite à un séminaire de trois jours, la présidente de la BCE Christine Lagarde annonçait “de bons progrès”. Un consensus s’est dégagé autour des enjeux environnementaux. Selon des témoignages recueillis par Reuters, la BCE devrait les prendre en compte dans ses décisions de politique monétaire. Pour Christine Lagarde, ce verdissement est une priorité car elle a des impacts concrets sur la BCE : “Le changement climatique a des répercussions sur la mission première de la BCE de stabilité des prix par plusieurs canaux” déclarait-elle au journal Les Echos le 21 janvier 2021. 

L’intégration des enjeux environnementaux n’est pas la seule nouveauté que la BCE envisage d’intégrer, comme par exemple l’intégration du coût des logements pour les propriétaires occupants. “Celui-ci résulte du prix d’achat du logement, qui a beaucoup progressé, notamment en France, ces dernières années” expliquent Les Echos. Or seuls les loyers sont actuellement pris en compte : l’acquisition d’un logement est en effet considérée comme un investissement. Selon les estimations d’Éric Dor de l’IESEG School of Management, “l’inflation aurait été plus élevée de 0,15 % à 0,63 % en zone euro en prenant en compte le coût pour les propriétaires”. 

Si ces deux points font plutôt consensus au sein des banquiers centraux européens, ce n’est pas du tout le cas de la refonte de la définition de la stabilité des prix, mandat principal de la BCE. Si l’idée de laisser filer l’inflation au-delà des 2 % ne fait pas débat, les modalités de ce dépassement divisent les banquiers centraux. 

L’indice du climat des affaires atteint 113 points 

Le 19 mai, la vie sociale et économique a véritablement commencé à renaître, après un troisième confinement décrété pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Cette renaissance se traduit à la fois par une amélioration du marché du travail, mais également par une remontée puissante du moral des chefs d’entreprise : les restaurants, les commerces, les cinémas et autres lieux de loisirs font le plein de clients. Résultat, l’indice du climat des affaires atteint 113 points (+ 5 points) en juin selon les calculs effectués par l’Insee “à partir des réponses des entrepreneurs des principaux secteurs d’activité marchands”. Il s’agit tout simplement du plus haut niveau de l’indice depuis la mi-2007, soit avant la crise financière ! 

Cette embellie concerne-t-elle tous les secteurs ? Dans les services elle est manifeste : l’indicateur de confiance dans ce secteur gagne 6 points. “Le solde sur les perspectives générales d’activité atteint son plus haut niveau depuis 2000 et globalement, les anticipations des chefs d’entreprise s’améliorent très fortement” explique l’Insee. Dans le secteur de l’industrie, le moral des patrons opère une stabilisation, mais à un niveau très élevé. “L’enquête mensuelle de l’Insee révèle toutefois une amélioration de la confiance dans les perspectives générales d’activité” expliquent Les Echos. Enfin, et malgré la pénurie de composants et de matières premières, les chefs d’entreprise estiment que leurs capacités de production s’améliorent. 

Sources : 

Les analyses et les opinions mentionnées dans le présent document représentent le point de vue de (des) l’auteur (s) référencé(s). Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. 

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