Actualité 24.06.22

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

France : l’indice de l’activité globale perd de plus 4 points en juin 

La conjugaison d’une inflation forte (mais moindre comparée à la situation de nos voisins européens) à une croissance ralentie inquiète fortement les chefs d’entreprise français. “L’indice PMI Flash de l’activité globale en France a chuté de plus 4 points en juin tombant à son plus bas en cinq mois, à 52,8 points” expliquent Les Echos. Et bien qu’un indice supérieur à 50 indique une activité économique en croissance, le chiffre enregistré en juin est le plus faible depuis le début de l’année, ce qui traduit une détérioration générale de la conjoncture. Pour certains experts, ce recul serait une prémices à une entrée en récession de la France. 

Dans l’industrie manufacturière, le PMI Flash est ainsi passé de 54,6 en mai à 51 en juin. Pour la première fois depuis fin 2021, la production se contracte même, avec un PMI à 45,7, en recul de 4,3 points par rapport au mois de mai. Les difficultés d’approvisionnement continuent, ce qui n’était pas prévu. La situation n’est pas meilleure du côté des services : l’activité progresse certes, mais la croissance a bel et bien ralenti. Au-delà des conséquences de la guerre en Ukraine, l’absence de majorité absolue pour le président Emmanuel Macron génère une incertitude politique qui fait chuter la confiance des chefs d’entreprises. Symbole de cette confiance ébranlée, l’indicateur du climat des affaires perd 2 points au mois de juin (104 points). 

Enfin, les tensions sur les prix pèsent sur l’activité économique de l’Hexagone, que ce soient les matières premières, le carburant, les transports ou les salaires. Afin de préserver leurs marges, les entreprises répercutent les hausses de leurs coûts sur le prix de vente. Tout cela pourrait entraîner une réduction des créations de postes dans les mois à venir : la Banque de France les évalue à 356 000 cette année contre plus de 500 000 en 2021. Le taux de chômage reculerait néanmoins en 2022, avant de remonter légèrement en 2023. 

La croissance française devrait atteindre 2,3 % en 2022 

Les élections législatives pourraient fragiliser les moyens d’action du gouvernement, au moment même où la France fait face à trois problèmes économiques majeurs : croissance en berne, inflation et surendettement. La Banque de France a dû revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour 2022, de 2,8 à 2,3 %. Une résolution rapide de la guerre en Ukraine semble de plus en plus compliquée et cela a un coût bien réel sur l’économie française : 50 milliards d’euros entre 2022 et 2024. La guerre affecte deux aspects cruciaux de l’économie : elle tire la croissance vers le bas et l’inflation vers le haut, ce qui peut mener à une situation de stagflation, très néfaste pour l’économie. 

Alors que l’inflation concernait essentiellement les prix de l’énergie ou de l’alimentaire, elle se diffuse petit à petit vers l’ensemble du panier moyen du consommateur. La hausse des prix serait ainsi de “5,6 % en moyenne cette année, puis 3,4 % en 2023 et enfin 1,9 % en 2024” selon Le Figaro. Pour 2022, ce niveau d’inflation se traduirait par un recul du pouvoir d’achat de 1 % en moyenne, en dépit du dynamisme constaté du côté des salaires et des mesures de protection du pouvoir d’achat mises en place par le gouvernement (bouclier tarifaire, remise à la pompe et refonte du barème kilométrique). 

Qu’en est-il des finances publiques ? La Banque de France table sur un léger assainissement des comptes en 2022, puis sur une stabilisation de la dette et du déficit public en 2023 et en 2024. Le déficit demeurerait supérieur aux 3 % du PIB exigés par les traités européens et la dette se positionnerait en-dessous de 110 % du PIB. Mais pour que ce scénario se réalise, il faut les taux d’intérêts obligataires se stabilisent. Or, “les obligations françaises à dix s’échangent en ce début de semaine à 2,3 % contre – 0,1 % à la fin de l’année dernière” explique Le Figaro. Cela signifie que des efforts budgétaires supplémentaires seraient nécessaires pour réduire l’endettement français, qui pèse actuellement 112 % de son PIB. 

Record pour l’inflation au Canada : 7,7 % en mai 

Il faut remonter presque 40 ans en arrière pour retrouver un tel niveau d’inflation au Canada : 7,7 % sur 12 mois en mai 2022 selon les chiffres publiés par l’Institut national de la statistique. Le mois de mai marque donc une progression de 0,9 points par rapport à avril (6,8 %), ce qui continue de fragiliser la consommation des ménages. Dans certains cas, des dépenses quotidiennes n’ont pas pu être réalisées. “Le panier moyen coûte 9,7 % plus cher aux Canadiens étant donné que les prix de presque tous les produits alimentaires ont augmenté” selon Le Figaro. Symbole de la hausse des prix, les graisses et les huiles comestibles ont augmenté de 30 %, un record. 

Les prix de l’essence ont bondi de 48 % entre mai 2021 et mai 2022. Evidemment, la guerre en Ukraine explique la hausse des carburants, mais ce n’est pas la seule explication ! Avec la levée des restrictions sanitaires, les voyages ont repris et la demande en carburant a grimpé, entrainant les prix dans son sillage. Il devient urgent pour la Banque du Canada d’agir afin de contrôler l’inflation. Elle devrait ainsi relever ses taux de 75 points de base supplémentaires très prochainement. Car les salaires n’ont pas suivi l’inflation. Alors que la hausse des prix est de 7,7 %, celle des salaires n’atteint pas 4 % dans le même laps de temps. 

Sources : 

Les analyses et les opinions mentionnées dans le présent document représentent le point de vue de (des) l’auteur (s) référencé(s). Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. 

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