Actualité 20.11.20

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

En 2019, le taux de pauvreté a reculé de 0,3 % en France  

La pauvreté est un problème que la France a du mal à résoudre. Mais selon l’Insee, des progrès ont été faits en 2019, et ont porté leurs fruits. Selon les chiffres publiés mercredi 18 novembre, le taux de pauvreté a reculé de 0,3 % en 2019. Concrètement, 210 000 personnes sont sorties de la pauvreté dans l’Hexagone. Comment expliquer ce recul du taux de pauvreté ? Le niveau de vie des personnes dites “modestes” a augmenté plus rapidement que le niveau de vie médian, conduisant donc à un rattrapage. Cette augmentation du niveau de vie des personnes modestes s’explique par la “forte hausse” de la prime d’activité selon l’Insee, qui a été réformée pour répondre à la crise des gilets jaunes. Cette réforme a permis à 1,3 millions de foyers supplémentaires de la percevoir (4,35 millions de foyers au total) pour un “montant moyen de 185 euros”. 

La crise sanitaire liée au Covid-19 pourrait cependant considérablement assombrir le tableau en 2020. Le ministère de la Solidarité et de la Santé note une “progression des demandes de revenus de solidarité active (RSA) en septembre et octobre”, créant une forte inquiétude. Oliver Véran annonçait ainsi un chiffre de 3 000 demandes de RSA par jour la semaine dernière. La raison de la hausse des demandes de RSA est protéiforme : destructions d’emplois, fin de contrats courts, indépendants touchés par la crise et nouveaux arrivants sur le marché du travail en échec sont autant d’explications. Afin de mieux lutter contre la pauvreté qui risque d’augmenter, l’Insee préconise une revalorisation exceptionnelle de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et du minimum vieillesse (Aspa)”. 

Pour rappel en France, on considère qu’une personne vit sous le seuil de pauvreté lorsque son niveau de vie est égal ou inférieur à 60 % du niveau de vie médian, soit “le niveau de vie qui partage la population française en deux, l’une gagnant plus, l’autre moins”. 

15 États de la zone Asie-Pacifique signent un accord de libre-échange  

Alors que les États-Unis se désintéressent des grandes négociations multilatérales, la Chine renforce son “rôle central” dans la région Asie-Pacifique. Pékin vient de signer avec le Japon, la Corée du Sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les dix pays membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean) : Vietnam, Malaisie, Singapour, Brunei, Indonésie, Philippines, Thaïlande, Laos, Myanmar et Cambodge le Partenariat régional économique global. Ces 15 pays représentent à eux seuls “30 % de la population mondiale et 30 % du PIB mondial” selon le journal Le Monde. 

Selon le premier ministre chinois, Li Keqiang, cet accord marque une “victoire du multilatéralisme et du libre-échange”. L’accord couvre en effet des secteurs très variés : commerce, investissement et propriété intellectuelle en sont 3 parmi les 20. Des dispositions sont prévues pour la baisse des droits de douanes (sauf sur les produits sensibles comme l’agriculture) et des règles d’origine commune. Selon Sébastien Jean, directeur du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii), cet accord devrait “beaucoup faciliter le fonctionnement des chaînes de valeur dans la zone : c’est un socle de règles simplifiées et de fiscalité allégée pour l’usine-Asie”. 

L’écueil de cet accord est l’absence de l’Inde, qui a décidé de rompre les négociations le 4 novembre 2019, afin de “protéger ses industries et ses agriculteurs” face aux produits fabriqués en Chine. Le commerce n’explique pas seul le retrait de l’Inde : des considérations géopolitiques sont à prendre en compte. New Dehli s’est rapprochée de Washington pour créer un “front indo-pacifique” capable de s’opposer à la puissance de la Chine. Et bien que les 15 pays signataires de l’accord laissent “la porte ouverte” à l’Inde, la dégradation des relations sino-indiennes consécutives au retrait de l’Inde de l’accord l’année passée ne devrait pas faciliter le retour de l’Inde à la table des négociations. 

L’INSEE anticipe un recul du PIB entre 2,5 et 6 % au dernier trimestre 

Le premier confinement avait conduit à un fort recul du PIB français au printemps. Le second confinement devrait avoir des conséquences similaires à l’hiver. Selon les chiffres de l’Insee, le PIB de la France devrait enregistrer une nouvelle baisse, comprise entre 2,5 et 6 %, selon la durée du confinement précise l’Institut : un confinement prolongé jusqu’à la fin de l’année engendrerait un recul du PIB de 6 % au quatrième trimestre. En 2020, le recul global du PIB serait compris entre 9 et 10 % par rapport à 2019. 

Le confinement de novembre, moins strict que celui du printemps pèse cependant moins sur l’activité économique, dont le recul est estimé à 13 %, contre 30 % en avril. L’Insee avance également une autre piste pour expliquer ce recul moins fort : “la sidération a laissé la place, tant bien que mal, à l’adaptation”. Le télétravail, mieux mis en place permet de poursuivre plus efficacement l’activité. La consommation va elle aussi reculer de 15 % en novembre, un chiffre moins important qu’en avril. Un nombre plus important de commerces ouverts et le développement de la vente à distance et en ligne permettent aux Français de consommer davantage qu’au printemps. 

L’Insee se montre également inquiète vis-à-vis de 2021. Sans faire de prédiction sur l’allure de la courbe du PIB, l’Institut note qu’il est “probable que les situations sanitaire et économique continueront à avoir partie liée pendant au moins la première moitié de l’année 2021”. La hausse de 8 % du PIB en 2021 envisagée par le gouvernement pourrait donc être revue à la baisse en cas de reprise de l’épidémie dans l’Hexagone. 

Sources : 

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