Actualité 19.02.21

Les 3 actualités macroéconomiques de la semaine

Pas de changement concernant l’indemnisation du chômage partiel par l’État  

Mardi 16 février, la ministre du Travail Elisabeth Borne a annoncé que le montant d’indemnisation du chômage partiel ne sera pas réduit à la fin du mois. La règle actuelle, qui prévoit 70 % d’indemnisation du salaire brut (84 % du salaire net) pour le salarié, avec un reste à charge de 15 % pour les entreprises va donc rester inchangée au moins jusqu’à la fin du mois de mars. Une baisse était pourtant bien prévue : l’indemnisation “devait passer à 40 % en mars (avec une indemnisation du salarié baissant à 60 %)”, après plusieurs reports liés à la pandémie qui ne faiblit pas. Dans les secteurs les plus touchés par la crise (tourisme, culture, sport et loisirs, hôtellerie-restauration, transport… et les activités en dépendant), la prise en charge par l’État demeurera de 100 %. 

La ministre du Travail a précisé que le chômage partiel a permis de protéger “9 millions de salariés au printemps” et “3 millions au mois de novembre”. Elle a également invité les entreprises “des secteurs les moins touchés par la crise” qui anticipent une baisse plus durable de leur activité à “signer des accords d’activité partielle longue durée”. Pour rappel, ce dispositif autorise une “réduction du temps de travail jusqu’à 40 % d’heures chômées en moyenne pendant six à vingt-quatre mois, sous condition d’un accord d’entreprise ou de branche, validé par l’administration et comprenant des engagements sur l’emploi et la formation” selon le journal Le Monde. A l’heure actuelle, environ 7 000 entreprises et plus de 500 000 salariés sont “couverts par un accord APLD” selon la ministre du Travail. 

Le PIB du Japon a reculé en 2020, une première depuis 2009 

C’est une première depuis 2009 : le PIB du Japon a connu sa première contraction annuelle, sur fond de pandémie de Covid-19. A cause de la paralysie dans plusieurs secteurs, le premier semestre a été très mauvais pour l’économie japonaise : le PIB s’était alors contracté de 8,3 %. Le second semestre, qui fut bien meilleur (+ 5,3 % au T3 et + 3 % au T4) n’a pas réussi à effacer le choc de la première moitié de l’année 2020 : le recul du PIB en 2020 s’établit ainsi à 4,8 %. 

Quelles perspectives pour le Japon en 2021 ? Il y a des motifs d’optimisme. Les exportations sont reparties à la hausse au T4 (+ 11,1 %), à l’instar de la consommation des ménages (+ 2,4 % sur la même période). Enfin, les investissements non-résidentiels des entreprises “sont repartis à la hausse” au dernier trimestre (+ 4,5 %). Ces bons résultats poussent le FMI à l’optimisme : le Fonds anticipe une croissance de 3,1 % du PIB de l’archipel en 2021. La Banque du Japon anticipe pour sa part “une reprise de 3,9 % sur l’exercice 2021-2022, qui va démarrer le 1er avril”. 

Il existe néanmoins quelques inquiétudes. Le gouvernement a mis en place “un état d’urgence depuis le début de janvier dans plusieurs départements du pays, y compris ceux de Tokyo et de sa grande banlieue” afin de lutter contre la pandémie. Prévu pour durer jusqu’au 7 mars 2021, ce dispositif pourrait fragiliser la reprise nippone ainsi que la consommation des ménages, actuellement dans une “dynamique positive” selon Le Monde. Les restrictions de l’état d’urgence concernant essentiellement les restaurant et les bars, les autres secteurs de l’économie devraient tout de même continuer à se rétablir. 

États-Unis : la consommation en hausse de 5,3 % en janvier 2021 

Aux États-Unis également, la consommation des ménages est repartie à la hausse : au mois de janvier, elle a progressé de 5,3 % par rapport à décembre 2020 (+ 7,4 % par rapport à janvier 2020) selon le Département du Commerce. Selon l’économiste Joel Naroff, cette hausse de la consommation est la preuve que “la deuxième série de mesures de relance a touché sa cible et a été dépensée presque immédiatement” par les ménages américains, dont les comptes bancaires ont été “un peu renfloués” selon Le Figaro. En effet, suite au plan de relance de 900 milliards de dollars adopté en décembre au Congrès, des chèques de 600 dollars par personnes ont été envoyés et les allocations chômage ont été prolongées. 

Le nouveau Président des États-Unis Joe Biden veut poursuivre sur cette lancée. Depuis un mois, il défend un plan de sauvetage de 1 900 milliards de dollars, qui prévoit “l’accélération des vaccinations contre le Covid-19, la réouverture des écoles, des aides aux entreprises et aux ménages en difficulté, mais aussi aux villes et États du pays”. Selon l’administration Biden il vaut mieux “en faire trop que pas assez” afin de lutter efficacement contre le chômage, qui touche 20 millions d’américains. 

Ces aides massives pourraient cependant engendrer un effet secondaire indésirable : l’inflation. Limitée à 1,3 % en 2020, elle pourrait croître davantage. Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton et principal conseiller économique de Barack Obama craint par exemple des “pressions inflationnistes inédites depuis une génération”. La Fed se montre plus prudente : “les variations des prix relatifs pourraient temporairement augmenter l’inflation mesurée mais n’auraient probablement pas d’effet durable” selon plusieurs membres du comité monétaire de la banque. La Fed a d’ailleurs rappelé qu’elle “maintiendrait ses taux très bas” afin de soutenir et stimuler l’économie jusqu’au retour du plein emploi et continuerait à “inonder les marchés de liquidités” selon Le Figaro, quitte à tolérer “temporairement” une inflation supérieure à 2 %. 

Sources : 

Les analyses et les opinions mentionnées dans le présent document représentent le point de vue de (des) l’auteur (s) référencé(s). Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. 

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